Réjouissez-vous!
Rich Aucoin compile le meilleur des années 2000 pour votre plus grand
bonheur : l'aspect baroque d'un Sufjan Stevens, la fougue de Of
Montreal, la puissance mélodique d'un Fanfarlo, la magnificence d'Arcade
Fire, la délicatesse d'un Dead Man's Bones, les sonorités électro de
MGMT, le groove et la puissance de frappe d'un Justice. Tout y passe
dans une gaité magnifique, un esprit libéré, une explosion de
symphonies.
Le canadien a mis presque trois ans à façonner un album
patchwork, à regrouper toutes ses influences sous une même bannière.
We're All Dying To Live est une oeuvre épique, aussi délicate
qu'abrasive où chaque son se répond dans une beauté commune. La légende
dit que 500 musiciens ont participé à ce projet un peu fou et cela se
ressent. Entre chaque piste se dégage un étrange sentiment : l'ensemble
demeure hétéroclite mais un mince fil relie le tout dans une esthétique fourmillante proche de l'exceptionnelle. Ainsi, l'artiste, pour mieux faire adhérer à une créativité vertigineuse, assène deux hymnes à un auditeur pourtant déjà comblé. Le plus fort et le plus marquant reste l'éblouissant The Little Creatures Know/It/The Greatest Secret In The World, véritable tube instantané et lumineux. L'autre, plus discret, se trouve en fin d'album et clôt un disque assez jubilatoire : Dying To Live sonne comme la conclusion parfaite d'un travail faramineux devant lequel on ne peut que reconnaître un talent rare.
Difficile de se détacher de ce We're All Dying To Live aussi
fleuve qu'exaltant. Sa mélancolie enchante quand ses accords
impressionnent. On pourrait cependant lui reprocher son manque de
singularité, son magnétisme trop prononcé et ses inspirations trop
nombreuses. Mais le temps d'une heure, il ravit et s'inscrit comme l'un
des moments les plus charmants d'une année musicale abondante. Brian
Wilson is A.L.I.V.E ? Oui bien vivant. Et peut-être lui aussi fredonne
"We won't leave it all in our heads".
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