dimanche 4 novembre 2012

Pitchfork Music Festival - Jour 3



Dernière journée pour le Pitchfork Festival en version raccourcie mais avec des rendez-vous très attendus et prometteurs. 

On commence de manière rapide avec l'electro-pop des français d'Isaac Delusion. Si les compositions sont sympathiques, la voix un peu nouée et mal assurée empêche la plongée dans un univers intéressant bien qu'un peu trop commun. De l'autre côté de la Grande Halle, les américains de Cloud Nothings balancent avec frénésie un rock embrasé entre power-pop et punk trépidant. Leur tube Stay Useless fait son petit effet dans l'assistance mais le vrai moment fort restera l'interprétation vrombissante d'un Wasted Days fabuleux. Efficace et exalté, le groupe semble promis à un bel avenir. 

Tout comme le duo Purity Ring. Avec leur premier album Shrines, les deux canadiens Megan James et Corin Roddick ont signé l'une des plus merveilleuses découvertes de l'année. Pendant 45 minutes, ils vont asséner leurs synthés abrasifs à un public conquis. Cependant, quelques erreurs de jeunesse viennent ternir un tableau forcément enchanté : ainsi le rythme du concert tangue légèrement et les compères gèrent mal les problèmes de son qu'ils rencontrent. Mais cela reste de simples détails à une performance éblouissante et très esthétique. 

On en attendait tout autant de l'excellent Twin Shadow. Malheureusement force est de constater que la magie de ses compositions studios ne transparait pas en live. Trop de guitares et des nappes électroniques oubliées qui sonnent comme l'énorme déception de ces trois jours. Les festivaliers se contentent alors avec le show d'une autre formation culte à savoir Liars. Fidèle à son noise-rock, le groupe d'Angus Andrew assène des saturations vibrantes et des beats démentiels pendant près de cinquante minutes. Dommage que le son trop massif et trop fort ternisse une performance ébouriffante, pleine de créativité. 

La fatigue se faisant ressentir, on passe Death Grips pour se concentrer sur le show de Breton. Les musiciens paraissent motivés mais le mélange entre math-rock et électro-pop ne convainc pas pleinement. Si quelques titres sont véritablement efficaces, l'ensemble demeure trop hétérogène pour exceller véritablement. 

Dernière tête d'affiche et dernier groupe avec les new-yorkais de Grizzly Bear. Pendant plus d'une heure, ils développent avec grâce et volupté le son si caractéristique des envolées "Brooklynienne". Mais si la beauté des chansons n'est pas remise en cause, tout manque un peu d'énergie et de rythme. L'ennui est alors constamment présent sauf durant l'indémodable tube Two Weeks qui clôt avec charme et mélancolie le festival de bon nombre de personnes épuisées. 

Finalement, ces trois jours ont été une formidable réussite. Le mélange entre découvertes et grands artistes fonctionnent admirablement. L'organisation, sans temps morts, a été minutieuse, extrêmement bien rodée et intelligente. Mention spéciale à John Talabot, Sébastien Tellier, Jessie Ware, Chromatics et Purity Ring pour leurs sets divins et d'une qualité supérieure. Merci Pitchfork. On reviendra l'année prochaine.

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