mardi 27 novembre 2012

Andy Burrows (2/5) : Une folk-pop inefficace



Le monde de la musique possède quelques trajectoires particulières. Et celle de Andy Burrows en est une. D'abord batteur chez Razorlight, l'artiste vogue après son départ du groupe vers des contrées moins indie. D'abord fondateur de I Am Arrows, il se glace ensuite avec le leader des Editors, Tom Smith dans des chansons de Noël un peu ridicule pour enfin se retrouver de façon curieuse sur son premier album solo.

Tant de collaborations ont du nourrir et enrichir sa culture musicale et son savoir-faire. Pourtant dans ce premier effort, rien ne transparait vraiment à part une pop-folk acoustique un peu mielleuse, sans véritable temps forts mais avec de grosses longueurs et une inspiration en berne. Company ne dure que 35 minutes mais il semble interminable tant les minauderies du chanteur trouvent un écho famélique dans une production extrêmement lisse et épurée. Rien ne transpire ici à part un solide sentiment d'ennui provoqué par des mélodies faciles et redondantes comme avec un If I Had A Heart fatalement vain ou avec un Hometown faussement émouvant. C'est un fait et c'est un choix, Andy Burrows désire s'orienter vers des harmonies douces, volontairement ralenties, excessivement orchestrées parfois surinterpretées. L'ensemble n'apporte aucune profondeur, aucune magie à des accords beaucoup trop simplistes et la voix n'est pas assez maîtrisée et assurée pour enjoliver des chansons sans intérêt. Mais le plus gros défaut réside dans le rythme donné à chacun des morceaux. Lorsque l'on connait la carrière du bonhomme, on ne peut être qu'effarer par cette rythmique désenchantée, presque monolithique. Comme le talent de l'artiste, elle reste affreusement en retrait.

A vouloir tout parfaitement décorer, Andy Burrows se perd dans des artifices secondaires et en oublie de composer. Inefficace, Company ne démarre jamais et laisse l'auditeur sur la route. Seul avec sa guitare, l'ex-batteur s'égare dans des aspirations qu'il ne dompte pas. Et le disque s'inscrit alors comme un raté indélébile.

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