vendredi 9 novembre 2012

Focus : John Talabot, l'électro retrouvée ?


Il est à peu près 21h30 dans la Grande Halle de la Villette quand une foule compacte et curieuse s'apprête à découvrir ou à apprécier l'une des plus belles révélations du Pitchfork Music Festival. L'espagnol John Talabot entre en scène et distille pendant près d'une heure une électro saisissante, à la limite de l'exceptionnelle.



Les boucles sont inlassablement répétées, les mélodies effleurées, les gimmicks assénés avec une maîtr
ise incroyable et le rythme impressionne à mi-chemin entre une house réorchestrée et un dubstep vivifiant. Minimaliste, la musique proposée par le résidant de Barcelone n'en reste pas moins extrêmement soignée et déposée avec une singularité imparable et forcément unique. L'artiste n'hésite pas non plus à poser sa voix sur quelques titres afin d'apporter une profondeur nouvelle à des titres en constante répétition symphonique. Le concert est véritablement une claque, la mise en avant d'un phénomène, la promotion d'harmonies basiques mais subtilement agencées. Le public ne s'y trompe pas et acclame chacune des prouesses délivrées par le catalan.



D'ailleurs, son album Fin s'inscrit également dans cette logique et prouve que John Talabot est aussi à l'aise en studio qu'en live. Et le pari n'était pas gagné d'avance tant les couches se superposent avec malice et talent sur certaines pistes comme la phénoménale Depak Ine ou la plus hypnotique El Oeste.
Un premier disque aussi réussi en appelle d'autres. 



L'artiste a encore un long chemin pour révolutionner une électro propre aux répétitions grasses et communes. Du Hipster à la reconnaissance totale, il n'y a qu'un pas que le producteur devra franchir en évitant l'écueil de la facilité. 






Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire