Il y a quinze jours, Johnny Jewel, le co-fondateur du label ITALIANS DO IT BETTER et accessoirement tête pensante du groupe CHROMATICS,
proposait sur internet et gratuitement un EP concocté en quelques
heures dans une chambre d'hôtel parisienne suite à sa performance
dantesque au Pitchfork Music Festival. Le multi-instrumentiste réinvente
une nouvelle fois son sublime album, Kill For Love : on avait déjà eu
la magnifique - bien qu'un peu barbante - version DRUMLESS et voici maintenant l'atmosphérique et lunaire Running From The Sun.
Agrémentée de quelques inédits, cette offrande prouve l'inventivité et
la richesse productive de Jewel. Au fil des trente cinq minutes et des
huit pistes, l'album soumet une véritable puissance créatrice mais aussi
une volonté manifeste et assez génial de réarrangement à l'aide de
collages et d'autres orchestrations. L'auditeur redécouvre dans des
formats aériens, pop, délicats des tubes aussi explosifs que Kill For
Love ou l'inimaginable These Streets Will Never Look The Same. La voix
de Ruth Radelet gagne une profondeur et un charisme bluffant quand les
accords électroniques effleurent la synthpop et délaisse l'italian
disco. A côté de morceaux connus, Johnny Jewel présente des inédits à la
qualité indéniable s'imbriquant dans une oeuvre explorée de façon
fragile sous forme de longues plages aussi hypnotiques que réussies. On
retiendra alors le langoureux Red Car qui aurait très bien pu figurer
sur l'excellent Night Drive ou un Desintegration à couper le souffle
tant l'émotion afflue de toutes parts.
Running From The Sun est une parenthèse enchantée, une pause redoutable et féconde dans une tournée arasante. En insistant plus sur le silence que sur les rythmiques dévastatrices, l'artiste Jewel frappe juste et convainc pleinement. Entre talent et inventivité, il s'impose comme l'une des figures à suivre pour les prochaines années.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire