mardi 20 novembre 2012

Focus, Chromatics en nouvelle version

Il y a quinze jours, Johnny Jewel, le co-fondateur du label ITALIANS DO IT BETTER et accessoirement tête pensante du groupe CHROMATICS, proposait sur internet et gratuitement un EP concocté en quelques heures dans une chambre d'hôtel parisienne suite à sa performance dantesque au Pitchfork Music Festival. Le multi-instrumentiste réinvente une nouvelle fois son sublime album, Kill For Love : on avait déjà eu la magnifique - bien qu'un peu barbante - version DRUMLESS et voici maintenant l'atmosphérique et lunaire Running From The Sun. 

Agrémentée de quelques inédits, cette offrande prouve l'inventivité et la richesse productive de Jewel. Au fil des trente cinq minutes et des huit pistes, l'album soumet une véritable puissance créatrice mais aussi une volonté manifeste et assez génial de réarrangement à l'aide de collages et d'autres orchestrations. L'auditeur redécouvre dans des formats aériens, pop, délicats des tubes aussi explosifs que Kill For Love ou l'inimaginable These Streets Will Never Look The Same. La voix de Ruth Radelet gagne une profondeur et un charisme bluffant quand les accords électroniques effleurent la synthpop et délaisse l'italian disco. A côté de morceaux connus, Johnny Jewel présente des inédits à la qualité indéniable s'imbriquant dans une oeuvre explorée de façon fragile sous forme de longues plages aussi hypnotiques que réussies. On retiendra alors le langoureux Red Car qui aurait très bien pu figurer sur l'excellent Night Drive ou un Desintegration à couper le souffle tant l'émotion afflue de toutes parts.

Running From The Sun est une parenthèse enchantée, une pause redoutable et féconde dans une tournée arasante. En insistant plus sur le silence que sur les rythmiques dévastatrices, l'artiste Jewel frappe juste et convainc pleinement. Entre talent et inventivité, il s'impose comme l'une des figures à suivre pour les prochaines années.


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