Une semaine après la sortie de son nouvel album Vengeance, Benjamin Biolay se retrouve propulsé en tête d'affiche de l'une des nombreuses soirées organisées dans le cadre du Festival des Inrocks. Une petite ironie du destin quand on sait que le magazine désormais dirigé par la journaliste Audrey Pulvar n'avait pas toujours été très tendre avec le natif de Villefranche-sur-Saône.
Avant de découvrir les nouvelles compositions duchanteur, deux premières parties étaient proposées. Mai Lan monte alors sur scène dans une ambiance polie et respectueuse. Si le nom ne vous dit peut-être rien, la chanteuse est la star de la récente pub SFR où on la voit revivre son enfance avec un père fictif et surtout très connecté. Musicalement, les titres proposés sont d'une faiblesse assez incommensurable. C'est mignon certes mais la prestance des trois musiciens s'apparente plus à un spectacle de fin d'année qu'à une véritable performance scénique. Heureusement, la belle reste souriante et obtient l'adhésion des festivaliers forcément séduits par ce sourire ravageur. Trente minutes de guimauve inutiles, pas méchantes mais aussi vite oubliées que consommées.
Deuxième artiste de la soirée, Yan Wagner, accompagné de deux musiciens, investit la Cigale pour un show extrêmement électronique, un peu visuel, à mi-chemin entre un Kraftwerk perdu sur l'autoroute et un Depeche Mode sans charisme. D'une fraicheur assumée, Wagner propose une musique répétitive, redondante, sans vie, sans âme et seulement soutenu par une rythmique sauvage et fatigante. Un peu hautain, un peu prétentieux, le chanteur parvient à fédérer autour de lui un certain enthousiasme et clôt un set décevant et pantouflard dans un acclamation quasi-générale.
Après deux si mauvaises performances, le terrain semble dégagé pour un Benjamin Biolay attendu de pied ferme par un public parisien impatient de le retrouver. A peine les lumières s'éteignent que la magie opère malgré un son assez mauvais - une habitude pour les Inrocks. Alternant les succès antérieurs et les nouveaux morceaux, le compositeur paraît prendre un plaisir évident. Pour son dernier concert de l'année, il ne cesse de remercier les acclamations d'une foule conquise par des titres accrocheurs et subtilement orchestrés. Les chansons de Vengeance passent de façon remarquable l'épreuve du live notamment un Marlène Déconne merveilleux ou un Confettis décidément très fort en émotion. Orelsan vient faire son apparition dans un bruit incroyable et Biolay visiblement pressé ne reste que 50 minutes sur scène avant de nous dire au revoir. Pour rappel, seulement deux chansons avec un Padam d'anthologie et un Brandt Rhapsodie en compagnie de Jeanne Cherhal.
Visiblement fatigué, la star de la soirée a privilégié la qualité à la quantité. Un peu court (1h), le concert n'en reste pas moins la confirmation du talent manifeste et précieux d'un artiste presque inégalable en hexagone. Contemplatifs, les spectateurs ont alors pu assister à des moments rares et forcément convaincants.
Visiblement fatigué, la star de la soirée a privilégié la qualité à la quantité. Un peu court (1h), le concert n'en reste pas moins la confirmation du talent manifeste et précieux d'un artiste presque inégalable en hexagone. Contemplatifs, les spectateurs ont alors pu assister à des moments rares et forcément convaincants.

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