dimanche 30 décembre 2012

Rétro 2012 : Les dix meilleurs films de l'année !



De l'amour, du scoutisme, un super-héros, une apocalypse, de la théâtralité et des limousines qui parlent. Découvrez la sélection des dix meilleurs films de l'année !

10) Looper - Rian Johnson
Une histoire futuriste qui mêle diverses influences et une multitude d'esthétiques. Entre action, science-fiction et romantisme, Johnson délivre une oeuvre réussie et convaincante. Dans laquelle Joseph Gordon-Levitt excelle encore une fois.

9) Argo - Ben Affleck
Argo est un film bouleversant et prodigieux qui possède une double-lecture révélatrice du talent de son auteur. A l'aide d'une adresse fine et d'un brio remarquable, Ben Affleck parvient à tenir en haleine des spectateurs comblés par une intrigue captivante. Malin, drôle, profond, virtuose et réaliste, il signe une oeuvre totale et accomplie.

8) Batman, The Dark Knight Rises - Christopher Nolan
Totalement renversant et possédant quelques rebondissement savoureux et inégalables en écho à ses deux prédécesseurs, The Dark Knight Rises convainc pleinement. Point final d'un travail dantesque et de qualité, il se pose comme une référence difficilement inégalable d'un univers fabuleux et foisonnant.

7) Vous n'avez encore rien vu - Alain Resnais
Alain Resnais offre un film à la création phénoménale, aux couches infinies et à l'interprétation exaltante. Intelligent et somptueux, Vous n'avez encore rien vu semble se lire comme un testament au cinéma et au théâtre. Où la vie et l'écriture s'appellent comme un éternel recommencement.

6) Starbuck - Ken Scott
Ken Scott développe un film d'une beauté philanthrope qui enchante et apaise. Véritable coup de coeur, il est difficile de s'en détacher et de quitter cette douce féérie. D'une inventivité folle, il porte un nouveau regard sur le cinéma québécois.

5) Les Bêtes du Sud sauvage - Behn Zeitlin
Les Bêtes du Sud Sauvage s'inscrit comme l'un des moments les plus faramineux et vertigineux de l'année. A travers les yeux d'une gamine coincée dans ses songes et entourée de paysages aussi magnifiques que pouilleux, Benh Zeitlin déclame un hymne à la vie émouvant et rafraichissant. Et frôle déjà la perfection.

4) Cosmopolis - David Cronenberg
Cosmopolis est un film important, primordial et nécessaire. Amené à s'inscrire dans l'histoire, il délivre une allégorie quasi instantanée d'une société opaque et à deux vitesses. Par un flot de paroles parfois déconcertant, Cronenberg met en scène un film élégant et jubilatoire dont la principale qualité demeure la virtuosité.

3) Holy Motors -  Leos Carax
A la fois tragique, lyrique, burlesque, futuriste et noire, Holy Motors par diverses métamorphoses et transfigurations parvient à atteindre une force artistique et créatrice jamais envisagée. Sans arrêt en questionnement, Carax délivre un pur chef d'oeuvre où s'impose son talent désormais irréfutable. Face à son public, la fragmentation de son art n'a d'égal que son esprit incroyablement fertile.

2) Love - Michel Haneke
Amour est sans conteste le film le plus saisissant de l'année. Moment précieux d'une année foisonnante, il prend à la gorge et laisse sans voix. Haneke signe un chef d'oeuvre cinématographiquement indispensable et émotionnellement poignant. Une merveille singulière.

1) Moonrise Kingdom - Wes Anderson
Anderson aiguise toujours plus près son art pictural où l'image devient souvent double et efficace. A travers l'histoire de cette quête d'amour et de liberté, Moonrise Kingdom soumet un moment rare et gracieux, d'une puissance faramineuse et empli de poésie. Le bijou ultime d'un prodige affranchi.

Moonrise Kingdom est donc le film de l'année ! Et pour bien finir cette année cinématographique, rendons hommage à deux performances assez exceptionnelles : celle de Matthias Schoenaerts dans De Rouille et D'os et celle de Michael Shannon dans Take Shelter.

samedi 29 décembre 2012

Numéro 1 ITunes Bruno Mars (1,5/5) : Un album joyeusement inutile



Adepte des mélodies entêtantes et des refrains consommés, Bruno Mars revient en cette fin d'année avec un nouvel album qui devrait une nouvelle fois connaître le succès. L'américain s'est fait connaître à l'aide de titres hybrides qui vont sans hésitation de la pop grand public à un hip hop des plus alternatifs. Toutefois, à vouloir être partout sans être nulle part, l'artiste s'embourbe avec Unorthodox Jukebox dans des postures frôlant un convenu débectant et un commun évident. 

Aux premières écoutes, le disque semble se trouver en dehors de toute inspiration. Tout au long des dix titres qui la compose, l'oeuvre oscille gentiment dans l'indigent le plus total. En effet, l'auditeur consomme avec peine un mélange dégoulinant et sans saveur de plusieurs styles allant de la power pop la plus faiblarde (Young Girls) en passant par une disco éventrée (l'horrible Treasure) ou par un reggae difforme largement emprunté à The Police (l'insupportable Show Me ou Locked Out Of Heaven). Unorthodox Jukebox paraît n'être qu'un - très - simple patchwork d'influences vendeuses où l'unité demeure introuvable et la cohérence oubliée. L'album s'inscrit comme un affreux fourre-tout où rien ne ressort véritablement à part peut-être un grand manque d'imagination et de prises de risques. L'opus ne se démarque alors que par une facilité un peu horripilante et monstrueusement odieuse. Bruno Mars n'offre en réalité que de petites chansonnettes formatées pour les radios (If I Knew, When I Was Your Man, Natalie) où l'émotion factice interroge froidement sur le véritable talent de l'artiste. Si l'ensemble n'est pas franchement désagréable, il s'oublie aussi vite qu'il ne s'écoute. Musicalement, il n'y a rien à entendre à part le vide de quelques accords besogneux qui parviennent difficilement à masquer l'absence de réels dons de composition.

Unorthodox Jukebox sonne comme une oeuvre fatalement vaine. Courte, sans nuances exaltantes, elle ne digère trop peu une multitude de sons sans rapport. Désigné comme le disque de la liberté, il ne s'écoute que dans une forme d'enfermement atroce. En somme, un album joyeusement inutile.

Les coups de coeur télé de l'année !



Ils sont deux à avoir marqué la télé en cette année 2012. Une émission et une chronique qui permettent un regard nouveau sur l'actualité et une vision captivante du divertissement. Ces deux coups de cœur résonnent alors comme un appel de fraicheur sur une plateforme propre à la redite et au nombrilisme.

Tout d'abord, le premier coup de cœur va à l'émission de Cyril Hanouna présente sur D8. Regarder Touche Pas A Mon Poste, c'est découvrir un autre versant de la télé. Certes le programme n'a rien de révolutionnaire puisqu'il se réattribue des codes maintes fois explorés. Mais c'est surtout dans le ton employé qu'il impressionne : décontracté, libre, sans fioritures et avec humour, l'équipe de chroniqueurs porte un concept extrêmement bien rodé qu'il alterne franche rigolade et débats endiablés autour de l'actualité télévisuelle. Hanouna a ainsi tout compris : sans s'attaquer frontalement aux vices de son métier, il parvient néanmoins grâce à une bonne humeur contagieuse à faire adhérer le public à une émission dorénavant quotidienne. Un souffle nouveau agréable en somme. 

L'autre coup de cœur, c'est l'édito acerbe de Gaspard Proust dans Salut les Terriens sur Canal +. Chaque semaine, son "Elle est pas belle la vie ?" est un concentré d'impertinence, d'insoumission et de saillies justes et parfois dures sur l'actualité politique, sociale voir culturelle. Enfin la télévision tient une personnalité sans attaches, prêt à s'attaquer à tous les sujets et à toutes les sensibilités. Sa chroniques s'inscrit désormais comme une nécessité tant la parole à la télé s'est refroidit considérablement avec le temps. Si vous ne connaissez pas encore, découvrez ses formules exaltantes et son humour noir décapant. Ses silences gênants et ironiques ne vous laisseront pas de marbre.

L'actualité télévisuelle se développera encore sur THIS en 2013. Mais il faudra attendre encore un peu pour découvrir nos nouveautés !

vendredi 28 décembre 2012

Les Bêtes du Sud Sauvage (4,5/5) : L'inventivité au service de l'émotion



Dès les premières images, le style de l'auteur impressionne. Le spectateur pénètre doucement puis avec extase, dans un univers somptueusement miteux porté par une voix-off infantile mais incantatoire et une bande-son incroyablement communicative. Les Bêtes du Sud Sauvage commence presque comme un générique de fin où l'effervescence explose dans un fracas de cordes déployées résonnant à travers un déchaînement final furieusement impensable. Benh Zeitlin développe ainsi dans ce premier film une histoire entre odyssée et apocalypse mettant en scène le personnage de Hushpuppy, 6 ans, qui vit dans le bayou avec son père malade. Brusquement, la Nature se dérègle et précipite la montée des eaux, la fonte des glaces et l'irruption d'aurochs, sorte de taureau préhistorique. La petite fille décide alors de partir à la recherche de sa mère disparue.

Visuellement, le long-métrage est éblouissant et majestueux. Le réalisateur apporte un soin particulier à une image dévorée, parfois hésitante, mais très souvent exaltante comprise entre le merveilleux et l'horrible. A la manière d'un Malick, Zeitlin filme d'une façon sublime l'infini et le minuscule si bien qu'aucun détail n'est laissé au hasard dans ce tourbillon de sentiments aussi bien universel que singulier. L'oeil est sans cesse pris dans cette beauté misérable qui passionne et subjugue. La caméra offre alors une perception géniale de l'hideux dans le sublime, de la pauvreté dans une grandeur inimaginable. D'autant plus que tous ces efforts semblent être orienter vers une volonté d'émotion douce et attachante. Rien n'est provoqué et l'ensemble oscille avec grâce et talent dans une poésie sensationnelle qui amène une énergie hallucinante et une puissance incommensurable à un récit éblouissant. L'oeuvre explore tour à tour le réalisme, le lyrisme, le surnaturel, le mystique, l'humanisme mais également la profonde violence physique et morale du paria voir la brutalité de l'exclusion. Et tout se lit dans la performance lumineuse de la jeune actrice Quvenzhané Wallis qui passe sans peine et avec brio d'une sensation à une autre. Notamment dans les quelques face-à-faces saisissants avec un père perdu entre la rudesse de son éducation et son amour pour sa fille. Simplement, les Bêtes du Sud Sauvage propose à un public ébahi une inventivité rare transcendée par un scénario fantastiquement naturaliste et divinement dantesque. Le film se construit autour d'une limite opaque entre réel et fantasme, entre rêveries imagées et rudesse du présent. Un mot enfin sur la bande-son qui apporte une profondeur et une passion nouvelle à une histoire finalement fondamentale. 

Peut-être un peu long à se mettre en place, le film Les Bêtes du Sud Sauvage s'inscrit comme l'un des moments les plus faramineux et vertigineux de l'année. A travers les yeux d'une gamine coincée dans ses songes et entourée de paysages aussi magnifiques que pouilleux, Benh Zeitlin déclame un hymne à la vie émouvant et rafraichissant. Et frôle déjà la perfection.

Les meilleurs albums de 2012 !



Qui a marqué musicalement l'année 2012 ? THIS vous propose sa sélection des 30 meilleurs albums !

30) Muse - The 2nd Law
Le trio revient plus inspiré que sur leur dernier effort avec un son massif et enveloppé. Une résurrection.

29) Frankie Rose - Interstellar
De belles comptines électro-pop bercées par une voix singulière et aérienne. Une jolie découverte.

28) The Men - Open Your Heart
Furieux et électrique, The Men délivre des accords sans commune mesure. Subtilement punk.

27) Japandroids - Celebration Rock
Un duo frénétique porté dans des hymnes presque juvéniles. Une power pop de luxe.

26) Ariel Pink's Haunted Graffiti - Mature Themes
Moins phénoménaux qu'avant, les Ariel Pink's n'en restent pas moins redoutables. Et tout en continuité.

25) Benjamin Biolay - Vengeances
BB trace sa route vers le succès avec la classe des plus grands.

24) Twin Shadow - Confess
En récoltant la force de la new-wave, l'artiste s'envole enfin vers des contrées judicieuses.

23) DIIV - Oshin
Des guitares "à-la-Joy-Division" et des mélodies entêtantes. Un cocktail déroutant.

22) Norah Jones - Little Broken Heart
En se séparant du jazz pour bifurquer vers la pop, la chanteuse signe un album remarquable.

21) Jack White - Blunderbuss
Le maître reprend sa guitare, déchaîne ses fantaisies et vogue idéalement en solo.

20) Tame Impala - Lonerism
Avec John Lennon comme ange gardien, le psychédélisme de Tame Impala résonne comme une franche réussite.

19) Memoryhouse - The Slideshow Effect
Une dream-pop exaltée et des passages qui fleurent bon la mélancolie joyeuse. Un coup de coeur.

18) Grimes - Visions
Un sens du tube évident, une électro envoutante et un charisme obnubilant. Electrisant et novateur.

17) Alt-J - An Awesome Wave
Une pop au paroxysme de la beauté et des titres frôlant le merveilleux.

16) The xx - Coexist
L'art du silence, du recueillement, du souffle froid et apaisé. Un second très grand album.

15) Rich Aucoin - We're All Dying To Live
Une épopée baroque qui compile tout le meilleur des années 2000. Une oeuvre exceptionnelle.

14) Passion Pit - Gossamer
Des tubes à foison et des mélodies toujours aussi inspirées. Passion Pit est appelé à durer.

13) John Talabot - ƒin
L'électro a trouvé un nouveau souffle et il vient d'Espagne. Des beats minimalistes mais un talent énorme.

12) The Vaccines - Come Of Age
Les anglais surfent sur un succès mérité et signe un album intense et varié. Une confirmation.

11) Jessie Ware - Devotion
De la soul, de l'électro et un charme fou. Magique et prodigieuse, la pop de Jessie Ware est simplement divine.

10) Frank Ocean - Channel Orange
Le hip hop tient son nouveau prince. Un disque dantesque aux influences multiples.

9) Wild Nothing - Nocturne
Une pop noire mais exaltante qui côtoie la new-wave et un rock envoutant. Fabuleusement enivrant.

8) Four Tet - Pink
Un voyage dans des contrées somptueuses où la répétition se conjugue avec l'effervescence.

7) Sebastien Tellier - My God Is Blue
Mystique et extatique, le génie de la chanson française livre un album harmonieux et déchainé. Et s'impose comme une référence.

6) The Killers - Battle Born
Les Killers repartent à l'assaut du monde à l'aide d'un son encore plus massif et furieux. Une renaissance.

5) Chairlift - Something
Le duo explore un univers nouveau qui s'inscrit dans un son contemporain et intelligent. Totalement dans la mouvance.

4) Bruce Springsteen - Wrecking Ball
Le Boss est toujours là. Engagé et fiévreux, il impose une nouvelle fois un style sans compromis aussi génial que bouillonnant.

3) Purity Ring - Shrines
Une électro-pop déstructurée, phénoménale, subjuguante et remplie de tubes. La découverte de l'année.

2) Beach House - Bloom
Les accords les plus beaux de l'année et la voix la plus magnifique. Beach House s'impose comme une oeuvre d'art monumentale.

1) Chromatics - Kill For Love
L'oeuvre la plus osée de ces dernières années regorge de plages symphoniques ahurissantes et transcendantales. Une pièce maîtresse pour un groupe au sommet. 

Chromatics est donc le meilleur album de l'année et clôt une année 2012 décidément très riche ! A vos réactions !

mardi 25 décembre 2012

Coldplay (3,5/5) : La machine toujours en marche



Des milliers de singles vendus, des millions d'albums écoulés et des stades remplis des semaines à l'avance. Coldplay n'est plus le groupe du début des années 2000 qui déclamaient des petites chansonnettes larmoyantes et proposaient de longues oeuvres arasantes. Dorénavant, la formation du charismatique et attachant Chris Martin opère dans le monde des géants, des artistes bankables à souhait où chaque sortie équivaut à un succès populaire. En élargissant sa palette, la bande influe ainsi directement sur une pop grand public qui fait rimer des couplets efficaces et des refrains en forme d'hymnes universels. 

Ce live, enregistré au Stade de France de Saint-Denis, s'inscrit comme la preuve irréfutable de cette mutation joviale et fatalement trépidante. On retrouve dans les accords déployés à une foule en admiration, le nouveau caractère massif et grandiloquent du show des anglais. Avec certes le côté forcément gnangnan et un peu guimauve des parades extatiques mais surtout la puissance voir l'émotion intense de certains des meilleurs titres du groupe. Et un constat s'impose de façon évidente : Coldplay semble plus à l'aise en mastodonte de l'industrie musicale qu'en timide groupe confidentiel. Les stades s'imposent alors comme les lieux les plus appropriés pour leur grande messe rock. Sans minauder comme lors des époques Parachutes et A Rush Of Blood To The Head, la formation assume sans peine et avec joie le statut de fer de lance d'une power pop structurée et exaltée. Depuis deux albums - notamment sur le très bon Mylo Xyloto -, les quatre membres s'affranchissent des contraintes de styles et offrent de somptueux moments que l'on retrouve sur des chansons comme Hurts Like Heaven, Charlie Brown ou Paradise sans oublier les tubes antérieurs, toujours aussi jouissifs comme Yellow, In My Place, Clocks ou Fix You. L'armée Coldplay amène du plaisir. Enfin serait-on tenter de dire. 

Finalement, la qualité du live reste anecdotique tant les efforts du groupe sont récompensés. Avec cet objet destiné aux initiés, l'auditeur retrouve ce qu'il aime dans l'univers de Chris Martin et de sa bande. Véritable best-of aux sensations variées, il marque le règne mérité d'une formation charmante. Constamment en évolution, ce live est la preuve d'une transformation accomplie et réussie.

samedi 22 décembre 2012

Rétro 2012 : Les 50 meilleures chansons de l'année



Retrouvez la sélection des meilleures chansons de l'année choisies par THIS !

50 - Soap & Skin : Wonder
49 - Lana Del Rey : Born To Die
48 - Santigold : The Keepers
47 - BB Brunes : Coups Et Blessures
46 - Norah Jones : She's 22
45 - Baio : Tanto
44 - Avec Sans : The Answer
43 - Adam Green & Binki Shapiro : Here I Am
42 - AlunaGeorge : Your Drums, Your Love
41 - DIIV : How Long Have You Known
40 - Benjamin Biolay : Aime Mon Amour
39 - Frankie Rose : Daylight Sky
38 - Muse : Animals
37 - Tunng : Bricks (Dntel Remix)
36 - In The Valley Bellow : Peaches
35 - Fanfarlo : Tightrope
34 - Depeche Mode : In The Studio Collage 2012
33 - The Men : Oscillation
32 - Spiritualized : Hey Jane
31 - Cloud Nothings : Stay Useless
30 - Jack White : Hip (Eponymous) Poor Boy
29 - jj : High Summer
28 - Memoryhouse : The Kids Were Wrong
27 - Nautic : Fresh Eyes
26 - Only Real : Backseat Kissers
25 - Miike Snow : Paddling Out
24 - Japandroids : Younger Us
23 - Ariel Pink's Haunted Graffiti : Symphony of the Nymph
22 - Sky Ferreira : Everything Is Embarrassing
21 - Twin Shadow : Five Seconds
20 - Four Tet : 128 Harps
19 - The Vaccines : All In Vain
18 - John Talabot : Depak Ine
17 - Tame Impala : Nothing That Has Happened So Far Has Been Anything We Could Control
16 - Passion Pit : Carried Away
15 - Rich Aucoin : It
14 - The xx : Angels
13 - Bruce Springsteen : Wrecking Ball
12 - Alt-J : Breezeblocks
11 - Wild Nothing : Paradise
10 - Sebastien Tellier : Cochon Ville
9 - Frank Ocean : Pyramids
8 - The Killers : Runaways
7 - Chairlift : I Belong In Your Arms
6 - How To Dress Well : & It Was U
5 - Grimes : Oblivion
4 - Jessie Ware : Wildest Moments
3 - Chromatics : Back From The Grave
2 - Purity Ring : Fineshrine
1 - Beach House : The Hours 

Et c'est donc Beach House qui remporte le titre de meilleure chanson de l'année! On espère l'année 2013 aussi foisonnante!

samedi 15 décembre 2012

Le Hobbit, Un Voyage Inattendu (4,5/5) : Le Retour du Roi



Peter Jackson revient et il frappe encore un grand coup. Après sa très réussie trilogie du Seigneur des Anneaux, il s'attaque encore une fois à l'univers très fourni de Tolkien. Il propose ainsi la narration de l'avant-Seigneur des Anneaux, ce qu'on appelle un prequel dans le jargon cinématographique. Bilbo (déjà présent dans le Seigneur des Anneaux) se retrouve mêlé à une étrange excursion un peu malgré lui : il accompagne 13 nains dont Thorïn (l'héritier du trône) pour reconquérir Eredor, la cité naine sous la montagne conquise et jalousement gardée par un dragon, Smaug. Et toute cette troupe est accompagnée du désormais célèbre magicien, Ganfalf Le Gris.

Esthétiquement irréprochable, ce premier chapitre d'une nouvelle trilogie est le digne successeur de l'héritage du Seigneur des Anneaux. On y retrouve l'ambiance, l'architecture et les paysages de la Terre du Milieu. Les créatures fabuleuses sont également présentes : hobbits, nains, magiciens (ou Maiar dans le langage de Tolkien), elfes mais aussi trolls, gobelins, orcs et ouarges pour ne citer qu'eux.La qualité de conteur de Tolkien et celle de Jackson se marrient parfaitement. Loin de la fresque épique, c'est l'aspect léger et humoristique qui est mis en avant. Sans pour autant partir dans la comédie, cette nouvelle histoire suit bien le procédé du conte pour enfant, en rendant les personnages attachants par le rire (ou le sourire) qu'ils provoquent. La comédie s'appuie aussi sur la référence interne : en effet le connaisseur peut très bien s'amuser à repérer tous les détails qui viennent du Seigneur des Anneaux, notamment lors de la récupération de l'Anneau Unique par Bilbo (et sa référence on-ne-peut-plus évidente).

Le film a également fait parlé de lui parce qu'il présente une innovation d'ordre technique : la HFR, pour High Frame Rate que l'on pourrait traduire par « Haute Fréquence d'Images ». Tout simplement : le nombre d'images par secondes se retrouvent doublé (48 images/s). Que cela change- t-il ? Les scènes simples ne se voient pas spécialement modifiées, en revanche dès qu'un peu d'action pointe le bout de son nez la HFR fait son boulot. Le flou de mouvement se retrouve atténué (voire annulé) ce qui créer une image très nette et très propre. Peut-être pas une révolution, mais certainement un confort assez appréciable. Visuellement le film bénéficie aussi d'une projection en 3D, qui n'est pas indispensable non plus mais qui s'avère assez bien maîtrisée lors des plans de paysages. En effet, la 3D ne fait pas sortir l'image de l'écran mais la creuse, ainsi elle dispose d'une bonne profondeur de champ, toujours très agréable. Enfin, le travail de Jackson sur le feu semble être un fil conducteur dans l'histoire : le film commence sur une bougie que l'on allume, Smaug crache du feu, les nains forgent leurs armes dans les flammes, à la fin du film des pommes de pin sont transformées en grenades incendiaires, ... Il ne reste plus qu'à savoir si ce feu est créateur ou destructeur.

Malgré une longeur qui peut rebuter (2h45!) la narration guide le film sans accrocs. On peut dénombrer cependant quelques ombres au tableau : certains nains au physiques un peu trop humain, une prévalence de l'art numérique face au charme de l'artisanat ... D'aucuns reprocheraient à Jackson sa pensée commerciale, en mentionnant une parenté à Georges Lucas, mais le commerce n'a jamais empêché de faire de bons films. Que dire d'autres si ce n'est que Tolkien aurait certainement apprécié cette relecture de ces œuvres, et qu'il n'y a peut-être pas meilleur compliment pour un film que d'être une bonne adaptation.

35 chansons pour la fin du monde !



La fin du monde, c'est la semaine prochaine. Pour vous, THIS a concocté sa liste des 35 chansons à écouter (absolument) avec l'apocalypse! Un peu de tout pour se mettre en condition et partir tranquille :

- Alain Souchon : La vie ne vaut rien
- Alexandre Desplat : River (Tree of Life Soundtrack)
- Arcade Fire : Wake Up
- Beach Boys : God Only Knows
- The Beatles : A Day In The Life
- Bob Dylan : Forever Young
- Bruce Springsteen : I'm Goin' Down
- The Cure : Close To Me
- College : A Real Hero
- Daft Punk : One More Time
- David Bowie : Life On Mars?
- Depeche Mode : Walking In My Shoes
- Dire Straits : Sultans Of Swing
- The Doors : The End
- Florence & The Machine : Cosmic Love
- Frank Ocean : Sweet Life
- Julian Casablancas : 4 Chords Of Apocalypse
- Klaxons : Atlantis To Interzone
- The Killers : Mr Brightside
- The Kills : Wait
- LCD Soundsystem : All My Friend
- Led Zeppelin : Stairway To Heaven
- The Libertines : Time For Heroes
- Marvin Gaye : What's Going On
- Muse : Citizen Erased
- Oasis : Live Forever
- Phoenix : One Time Too Many
- Radiohead : Nude
- Sebastien Tellier : La Ritournelle
- Serge Gainsbourg : Je suis venu te dire que je m'en vais
- The Stone Roses : I Wanna Be Adored
- The Strokes : Hard To Explain
- T-Rex : Cosmic Dancer
- Television : Marquee Moon
- The Who : Won't Get Fooled Again

Et vous, quelle est votre playlist de fin du monde ? A vos commentaires!

jeudi 13 décembre 2012

Notons la Télé (NTL) : Miss France (1,5/5)



Samedi dernier, comme tous les ans, TF1 diffusait en face du Téléthon son émission phare : Les miss France. Présent à la télévision depuis 1986, ce concours existe en fait depuis 1920 grâce (ou à cause) de Geneviève de Fontenay et de son mari, Louis. Cette dernière mettant en cause la fiabilité des miss choisies par Endemol quitte le comité en 2010 pour créer son propre concours « Miss Prestige Nationale ». Le groupe de production continue alors l’aventure sans la créatrice. Depuis 2 ans, le comité de Miss France ne cesse de nous répéter que le programme se renouvelle et qu’il sera dorénavant plus moderne, plus dans l’air du temps … Pourtant l’ensemble tourne en rond. Les robes sont toujours aussi moches, les musiques ringardes, les chorégraphies simplissimes et malheureusement, Alain Delon est toujours là …

Comme chaque année, l’émission commence par la présentation de chaque miss régionale lors d’un court épisode les montrant à la plage, faisant du jet ski (c’est leur passion …) et récitant quelques petits proverbes pour paraitre plus intelligentes. S’en suit le défilé en costume traditionnel toujours aussi valorisant pour les jolies jeunes filles. Puis surprise, Jamel Debbouze, révolté, intervient pour nous présenter Mademoiselle Samoantha Switch alias Miss Loutre mer (jouée par Gad Elmaleh) qui n’a pas été retenue lors des sélections. Sans surprise, le sketch est long, lourd et ennuyeux à souhait. La salle ne rit pas pour un sou d’ailleurs. Puis, pour faire oublier cette catastrophe, les Miss défilent en maillot une pièce, deux pièces, robes de cérémonie ou encore en costume célébrant le cinéma. Passons les détails, c’est le même cirque tous les ans. Cependant, parmi les 12 demi-finalistes se trouve Charlotte Mint, Miss Côte d’Azur qui nous offrira le seul bon moment de la soirée : elle commencera en vain son discours par un franc « Comme la France » avant de ricaner et recommencer son intervention si spontanée. Sylvie Tellier qui nous promettait un show plus jeune, plus dynamique reproduit en fait à merveille le travail de Geneviève rempli de jeunes femmes faussement prudes et d'apparats d’époque. En réalité, le concours sent la poussière et absolument rien ne pourra changer ce constat. Et en plus, les membres du jury sont totalement incohérents : Camille Muffat, la médaillée olympique, côtoie un Frederick Diefental, totalement disparu des écrans et un Nikos Aliagas fou de Twitter. A la fin du spectacle, c’est l’agonie, 11 anciennes miss défilent une dernière fois devant le public de Limoges. Mais malgré ces reproches, l’émission rassemble plus de 8 millions de français (39% de parts de marché) au moment des délibérations, un score record. (Source Pure Media)

Finalement, ce programme est un prétexte pour montrer des filles dévêtues, qui sont jugées par le public et le jury sur leur physique mais certainement pas sur leur QI. Et puis Miss France est une tradition annuelle pour chaque français : on adore ou on se moque.

mercredi 12 décembre 2012

Mylène Farmer (1/5) : Ridé et craquelé



Des Bercy remplis en quelques secondes, des Stade de France bondés de fans extatiques, des ventes records et une aura indéniable sur le monde musical français. Après plus de 25 ans de carrière, Mylène Farmer demeure toujours aussi vendeuse, insaisissable, énigmatique. Sans une grande publicité et avec des passages télés faméliques, la chanteuse affiche pourtant complet à chaque spectacle et intrigue toujours autant les médias. Comment avec une voix aussi agaçante et un style constamment interchangeable, l'artiste peut-elle alors autant fédérer autour de son personnage hybride et particulier ?

Dès les premières notes de son nouvel album Monkey Me - vendu dès sa première semaine à 147 500 exemplaires - les masques tombent : après avoir été un ersatz de Madonna dans sa jeunesse avec une allure faussement provocante et très visuelle, Farmer tente de retrouver une seconde jeunesse en devenant dorénavant une sorte de Lady Gaga à la française. A ce titre, la pochette du disque est édifiante, presque insultante pour le public. Et pour la musique c'est (presque) pareil puisque l'ensemble est affreusement tambourinant (A l'ombre, Love Dance) ou d'un kitsch impardonnable (J'ai essayé de vivre ..., Je te dis tout). Ainsi, toute l'esthétique de la chanteuse est présente avec des ambiances froides, glaciales et des textes dégoulinants d'une mélancolie sans âme et sans saveur. L'auteur use encore une fois de thèmes maintes et maintes fois explorés comme le doute, la peur, la mort, la vie, et cela sonne comme un joli et ambitieux stéréotype de sa riche carrière. L'opus se positionne comme un formidable cliché et un magnifique enfoncement de portes grandes ouvertes. La palme revient à l'insupportable Nuit d'Hiver, titre long de cinq minutes et aux paroles minimalistes aussi insipides que ridicules : "Ce matin / Y a Chloé qui s'est noyée". Enfin, il y a cette voix si singulière, si arasante : au bout de quelques morceaux, elle devient tellement désagréable qu'il est difficile de se concentrer sur autre chose. Lumineuse voir lunaire pour les fans, elle ne reste que lamentable pour les simples curieux.

Avec Monkey Me, Mylène Farmer continue son virage électronique en tentant de rajeunir une musique de plus en plus poussiéreuse et craquelée. Malheureusement, elle use de mélodies d'une pauvreté extrême et habille son imagerie de poncifs fatalement lourds et caverneux. Ce qui ne l'empêchera pas de rouler vers un succès de plus en plus incompréhensible.

mardi 11 décembre 2012

Notons la Télé (NTL) : La France a un incroyable talent (2/5)



Après la Nouvelle Star, la Star’ac et Pop star, « La France a un incroyable talent » compte un certain nombre de fans puisque le divertissement bat tous les records d’audience depuis 2006. Adaptation française de « Britain’s got talent », l’émission est un tremplin pour des artistes en mal de succès et son but premier est de trouver l’incroyable talent de l’année. Pourtant, depuis ses débuts, la version française met en avant les femmes pulpeuses et les enfants, plutôt que de véritables innovateurs en termes de spectacle. Pâle copie de son homologue anglais, les membres du jury français ont parfois du mal à comprendre leur rôle en tant que dénicheur de talent insolite. 

D’abord présenté par Alexandra Sublet, le programme trouve son public avec Sandrine Corman et Alex Goude en 2009. De même pour le jury qui a été modifié à outrance au fil des épisodes : Seul Gilbert Rozon, « le méchant », est présent depuis 2006. S’en suit la touche féminine du jury Sophie Edelstein (remplacée par Valérie Stroh l’espace d’une année) et enfin le « gentil », le chanteur Dave. Cette dernière édition rassure puisque ceux-ci se complètent et semblent en harmonie. Depuis ses débuts, l’ensemble du spectacle rassemble 16% de part de marché chaque mardi, ce qui représente un très bon score d’audience. Concernant les nombreux candidats, seuls quelques-uns ont véritablement percés : on se souvient de l’excentrique magicien Eric Antoine, des comiques musclés Echos-Liés ou encore de la mamie narratrice Odette. Cette saison n’échappe pas à la règle, quelques pépites se démarquent parmi les dizaines de show ennuyeux. Mais le plus irritant dans l’histoire est la non objectivité du jury concernant les différents types de postulants. Par exemple, Gilbert Rozon préfèrera Freddy Tougaux (chanteur belge ayant créé une seule chanson), les « effeuilleuses » ou les enfants à de véritables artistes du cirque. La gagnante de l’année 2011 étant une baby chanteuse ce qui ne cesse de soulever un doute quant à la sincérité et à la réflexion des téléspectateurs votants. Malgré tout, La France a un incroyable talent est un spectacle divertissant et amusant qui rend nos soirées de milieu de semaine plus gai. Petit plus : le programme de seconde partie de soirée « La France a un incroyable talent, ça continue » nous montre des séquences à la fois touchantes et drôles tirées de nos homologues étrangers.

Au fil des épisodes, l’émission a su se renouveler pour mieux séduire malgré les quelques spectacles ennuyeux. L’ensemble reste tout de même divertissant et innovant face aux autres shows du genre présent sur le PAF. A regarder sans trop réfléchir …

lundi 10 décembre 2012

Ariel Pink's HauntedGraffiti (3/5) : Le talent sans la magie



Avec son précédent effort, Before Today, Ariel Pink avait délivré une oeuvre excellente et prodigieuse, peut-être l'une des plus exceptionnelles de ce début de siècle. Accompagné de ses Haunted Graffiti, l'artiste marquait enfin les esprit et sortait quelque peu de son anonymat artistique. Dorénavant figure majeure d'un style lo-fi propre à se renouveler, il revient en cette fin d'année avec un album attendu et presque redouté : après une telle claque, Mature Themes pourra-t-il atteindre une nouvelle fois des sommets aussi vertigineux ?

Aux premières écoutes, la déception est grande. L'ensemble paraît brouillon, sans inspiration et surtout sans génie. Le caractère instantané des inventions passées a totalement disparu. Ici, tout s'explore de façon consciencieuse, étudiée, presque mécanique. L'auditeur se doit de persévérer puisque rien ne semble offert de bon coeur. Les mélodies s'entrechoquent dans une esthétique baroque très libre où les contraintes de construction s'évaporent. A partir de là, Mature Themes peut délivrer certaines de ses qualités sans pour autant effacer totalement un tenace sentiment de désappointement voir de désenchantement. Malgré la force d'un Is This The Best Spot un peu fou, les arrangements empruntés aux Doors sur Kinski Assassin, le charme sixties de Only In My Dreams, les rythmiques vrombissantes de Driftwood, le fabuleux et gargantuesque Symphony Of The Nymph et les très dansants Pink Slime et Live It Up, la magie n'opère plus vraiment. De maître du genre, la formation passe aux dispositions sympathiques d'un groupe illusoire. Notamment quand certaines pistes sont indignes de son rang et de son statut comme avec l'affreux Nostradamus & Me ou l'arasant et caricatural Schnitzel Boogie. Le cerveau fourmillant d'Ariel Pink s'égare un peu en chemin, ne se maîtrise plus trop et offre un travail seulement estimable. Bien loin de ses aptitudes magnifiques.
 
Avec Mature Themes, Ariel Pink's Haunted Graffiti ferme la parenthèse enchantée des dernières années et revient quelque peu en arrière. Pas désagréable mais oubliant le merveilleux, l'opus oscille entre regret et douce mélancolie. Mais peut-être l'artiste nous réserve encore de belles symphonies pop. Le talent est encore présent : on repassera pour l'inattendu.

vendredi 7 décembre 2012

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Opossom (3/5) : Révélation négligée



Opossom, ou plutôt le fantasque néo-zélandais Kody Nielson, c'est une plongée en apnée dans un monde ultra-baroque où les couleurs flashy mélangent les harmonies pop les plus débridées et les plus folles. Retour simple à l'imagerie des sixties ou véritable réorchestration d'une époque perdue dans l'esthétique revival ? Peut-être un peu des deux.

D'aspect sympathique et rassembleur, Electric Hawaii - d'où Nielson est également originaire ce qui explique sûrement les nombreuses disparités entre chaque titre - s'inscrit comme un court concentré de mélodies légères et brèves. L'ensemble s'apprécie assez facilement notamment sur quelques morceaux inventifs comme le surprenant Getaway Tonight ou le langoureux Outer Space avec ses effets de voix ressemblant de loin aux expérimentations des Strokes époque Room on Fire, l'audace en moins. Mais après plusieurs écoutes, l'album reste un peu en surface, si bien qu'il est difficile d'adhérer à ce monde si changeant, bariolé et (trop) éclatant. L'auditeur reste hagard voir pantois devant ces trente minutes certes agréables mais sans magie particulière. Opossom se présente de façon presque définitive, comme l'archétype de l'artiste talentueux mais oublié qui se perd dans des écritures trop vastes et des intentions trop personnelles.

Rien de bien transcendant dans ce disque jovial mais amnésique. Les chansons sont chaleureuses mais le rythme plan-plan gâche de belles idées, parfois singulières, parfois mal construites. On garde alors de l'estime pour Nielson sans lui accorder le prestige des plus grands. Comme une simple révélation négligée.

mercredi 5 décembre 2012

Focus : Pourquoi Sebastien Tellier est-il le plus grand artiste français du moment ?



Après un mystique My God Is Blue aussi risqué qu'accompli, Sébastien Tellier repart depuis l'été sur les routes mondiales en prêchant la bonne parole de l'Alliance Bleue perché sur des rythmiques toujours aussi passionnantes et exaltantes. Après un passage remarqué au Pitchfork Music Festival, le compositeur a effectué un retour fabuleux au Casino de Paris. En imposant un constat indéniable : il est (de loin) l'artiste le plus excitant et le plus fourmillant de son époque.

Tellier, c'est tout d'abord un personnage presque hors du temps. Derrière ses lunettes de soleil, sa barbe hirsute et ses costumes impeccables se cachent un génie phénoménal. Ses concerts se composent d'un basculement incessant entre des facéties absurdes voir drolatiques et des moments de grâce ahurissants, endiablés, fiévreux, d'une émotion folle, d'un talent débordant. Comme si l'auteur du tube Divine voulait ridiculiser son travail d'orfèvre, démonter sans cesse des accords d'un sublime inégalable. Sa performance fut en tout point unique mais deux morceaux retiennent une attention subjuguée : Sexual Sportwear a été sans hésitation l'instant le plus fort d'un concert prodigieux. Ses boucles électroniques déchainées, ses lumières éblouissantes et sa puissance incroyable ont émerveillé une salle forcément remuante. Puis, Kilometer, dans une moindre mesure, transporta une foule acquise à la cause de son gourou : en dégageant une telle prestance, il met directement un public d'abord surpris puis conquis dans sa poche. Extatique, contemplatif, le guitariste (et pianiste) mène le concert d'une main fragile mais géniale, parfois subversive.

2h de concert (et de paroles) viennent de s'écouler et on en est désormais sûr : Sebastien Tellier se présente comme le chef de file de la scène française, peut-être même européenne en étant sélectif. A le voir aussi touchant réciter les notes superbes de La Ritournelle, les spectateurs ne peuvent qu'admirer un artiste aussi fondamental. A lui maintenant d'écrire une discographie à la hauteur de ses nombreuses et divinisantes dispositions.

mardi 4 décembre 2012

Booba (2/5) : Massif et débectant



Le Duc de Boulogne est de retour. Au sommet du rap français depuis la sortie en 2006 de son mythique album Ouest Side qui l'a propulsé définitivement sur le devant de la scène, le rappeur revient en cette fin d'année avec un nouvel opus intitulé Futur. Retour vers des sons plus urbains, plus hardcore, toujours adepte des rimes bien senties, B2O marche une nouvelle fois sur la concurrence et s'envole vers le succès. 

Aux premières écoutes, le disque impressionne par un son massif, étudié parfois à l'excès tant la production est méticuleuse et ciselée. Facile d'approche et coulant d'une traite, l'artiste (re)développe un univers entre la rue et le luxe, entre une esthétique minimaliste et des moyens illimités. Ainsi, l'ensemble demeure parfaitement rodé, rythmé et maîtrisé. Sans hésitation et avec minutie, Booba propose une oeuvre instantanée codifiée par une science de la réussite évidente. La recette fonctionne et le Kopp sait ce qu'il fait. En fond sonore, on peut alors être agréablement surpris et franchement conquis par des punchlines aussi drolatiques qu'inattendues. Mais malheureusement, dès que l'on se penche un peu sur des ficelles trop grosses, Futur présente tous les défauts d'un genre presque stéréotypé et tellement loin de ses origines. 


Etre hardcore, cela se défend. Etre débilisant, beaucoup moins. Un exemple ? Sur Wesh Morray : "Tu prends tes cliques / Tu niques ta mère / Tu fermes ta gueule / Tu dis de la merde". Encore un ? Sur Kalash : "Nique sa mère, même une sexagénaire / La juge m'a dit que j'exagère / Mais nique sa mère là-celle aussi / Son arrière grand-mère aussi". Et un dernier pour la route sur C'est La Vie : "Passe toi la chatte au carwash / Va m'faire un kahwa". Certes, c'est le style Booba, très agressif, également très cru mais au bout de six albums, l'auditeur n'y croit plus forcément. L'artiste dit assumer chaque parole : on prend la honte pour lui. Tout paraît trop facile pour espérer justifier une once de sincérité. Le rappeur le chante lui-même, son but est l'argent. Dommage alors de tourner autant en rond.

Futur est un disque efficace et puissant mais musicalement pauvre et couvert d'une imagerie débectante voir fumeuse. Les fans seront ravis, les initiés un peu moins et les curieux pas du tout. Booba fait du Booba avec prétention et attention(s). Après tout, c'est simplement logique.

Notons la Télé (NTL) : Le Meilleur Pâtissier (2/5)



Lundi dernier, M6 nous proposait une toute nouvelle émission :  Le meilleur pâtissier . Ce programme en prime-time est une compétition de pâtisserie mettant en scène 10 candidats en difficulté sur 4 épreuves : l’épreuve signature, l’épreuve technique, l’épreuve créative et enfin pour les 3 concurrents sur la sellette, une épreuve carte blanche. Après un teaser alléchant, la grande chaine nous promettait un show appétissant et énergique mais face aux succès de Top Chef, Master chef ou encore Un diner presque parfait, les challenges paraissent malheureusement lents et simples comme bonjour.

En effet, face à l'émergence des compétitions culinaires, Le Meilleur Pâtissier ne fait pas le poids. Le concept était pourtant bien rodé : Faustine Bollaert (qui est partout) en présentatrice dynamique, le très apprécié Cyril Lignac et la bloggeuse experte en dessert Mercotte en tant que membres du jury. Ceux-ci goutent aux gâteaux des participants afin de trouver le meilleur pâtissier de France qui remportera la possibilité d'éditer son livre de cuisine. Cependant, l’ensemble peine à trouver son rythme et l’ennuie se fait rapidement sentir. Après leur spécialité, les candidats doivent reproduire à la perfection une tarte convention (disparue depuis le Moyen Age) puis des tartelettes représentants les 4 saisons et enfin en rattrapage, les plus mauvais d'entre eux effectuent une tarte au citron meringué. Les deux experts, ayant comme seul argument contre une tarte qu’elle est trop sucrée, ne trouvent pas leurs marques et perdent en crédibilité tout au long de l’émission. Contrairement aux concours de cuisine classiques, les recettes sont loin d’être surprenantes et innovantes tandis que les épreuves trainent en longueur sans malheureusement aucun suspense.

Portée par la mode des programmes de cuisine, Le meilleur Pâtissier, pourtant prometteur, déçoit et lasse rapidement avec des ingrédients banals et des candidats sans pression. Mais une émission de pâtisserie peut-elle être rythmée sachant que cette pratique oblige à une technique minutieuse et lente ? Il est permis d'en douter ...

dimanche 2 décembre 2012

Une Nouvelle Chance (2/5) : Une première tentative stéréotypée



First Strike ... Pour son premier film en tant que réalisateur Robert Lorenz s'avoue plutôt décevant, malgré un bon passé derrière lui puisqu'il était producteur des films de Clint Eastwood depuis Mystic River (2003). Cette fois-ci les rôles sont inversés. Une nouvelle chance, c'est avant tout une histoire de famille suivie de près par un enjeu sportif (ici le baseball). Gus (C. Eastwood), un recruteur de jeunes talents, est sur le déclin parce que sa vue baisse. Il se fait aider par sa fille Mickey (Amy Adams) venu le rejoindre. Mais tout n'est pas rose entre eux et cette collaboration forcée ne se fait de gaieté de cœur. Un pitch assez sobre, qui a priori n'est pas très accrocheur.

Cependant on retrouve tout ce qu'on aime : un Clint Eastwood qui revient en tant qu'acteur, qui plus est dans un de ses rôles de prédilection : le vieil homme acariâtre (comme dans Million Dollar Baby ou Gran Torino). Il s'en donne à cœur joie et ça fait d'autant plus plaisir qu'il se faisait rare dernièrement. Le film fournit un petit bonus bien agréable : une courte scène avec un Clint rajeuni de 30 ans (autant dire L'Inspecteur Harry)! L'histoire en revanche a tendance a parcourir des sentiers battus, et c'est un euphémisme. C'est à la limite du sentimentalisme sur certains points, et c'est dommage parce qu'il y avait du potentiel. Tout est convenu et pour peu que l'on ait déjà regardé des films similaires, les procédés semblent cousus de fils blancs. Les méchants sont bien punis, la famille est réconciliée, les amours sont aboutis. Rien ne dépasse, rien ne surprend.

Malgré ce scénario banal, Justin Timberlake s'affirme dorénavant comme un acteur sur lequel il faut compter, ce dont on ne doutait déjà plus. Cela ne suffit pas à sauver le personnage d'une certaine caricature, mais il semblerait que ce soit le fardeau de tous ceux du film. Les français ne bénéficient pas non plus d'une grande compréhension puisque le sport appréhendé n'est pas populaire ici-bas : difficile de suivre les matchs et surtout les tableaux de scores si on ne sait pas les lire. Un film calibré pour certains pays. 

Finalement, loin d'être déplaisante, cette fiction pâtit de ses trop nombreux stéréotypes, au point de se croire parfois dans un téléfilm . Mais les acteurs parviennent à garder la tête hors de l'eau, c'est déjà ça.

Band Of Horses (2,5) : Egaré et décevant



Outre-atlantique, il existait un groupe qui savait faire rimer les accords écorchés des formations rock et les harmonies subtiles du folk. En sortant des albums aussi réussis que Infinity Arms ou Cease To Begin, la formation originaire de Seattle - désormais basée à Mount Pleasant en Caroline du Sud - parvenait à atteindre certains sommets vertigineux.

Malheureusement, rien de tout ça avec un Mirage Rock qui comme son nom l'indique ennuie plus qu'il ne transcende. L'ensemble demeure un peu pataud bien aidé par un style folk-rock qui cette fois-ci ne fonctionne qu'à de très rares occasions. L'auditeur navigue dans un univers un peu gnangnan où les rythmiques mid-tempo s'évaporent dans une esthétique extrêmement lente, relâchée, pas inintéressante mais franchement barbante. La production semble même un peu bâclée à tel point qu'il est difficile de pénétrer pleinement dans l'univers des cinq musiciens. Cependant, l'opus délivre de beaux moments (A Little Biblical), porté par un savoir-faire indiscutable (Shut-In Tourist) et quelques saturations bienvenues (Feud) mais il ne possède ni l'étincelle ni la magie des grands moments. Mélancolique, presque possédé, Mirage Rock paraît paradoxalement trop individuel pour transmettre sa richesse et son travail minutieux. Et les contours se fissurent de façon évidente sur des titres édulcorés et plats comme Slow Cruel Hands Of Time ou Long Vows.

Finalement, le groupe ne parvient pas à réaliser un nouvel exploit et à délivrer une œuvre aussi bien électrique que délicate. A vouloir marcher dans les pas d'un Neil Young sans en avoir le talent, Bridwell et sa bande s'égarent un peu. Dommage pour nous.

samedi 1 décembre 2012

Notons la Télé (NTL) : Salut les Terriens (3,5/5)



Salut les Terriens : enfin le bon départ ?

Salut les Terriens coïncide avec l'arrivée de l'excellent Thierry Ardisson, figure emblématique du paysage médiatique français, sur Canal +. A l'antenne depuis 2006, cette émission semble en perpétuelle évolution : d'abord décalée, satirique, presque ludique, elle est aujourd'hui articulée autour de quatre invités - généralement un politique, deux personnages publics et un témoignage - et découpée en trois parties. En six ans, le talk-show a peiné pour trouver le ton juste et le rythme adéquat. Mais force est de constater que cette année, même si tout n'est pas parfait, les changements opérés ont amené un vent nouveau sur le plateau. 

En effet, Ardisson maîtrise mieux son concept. Le présentateur gère de façon intelligente les temps de paroles, alterne avec brio les phases comiques et les phases plus sérieuses et surtout il paraît s'intéresser de manière plus convaincante à ses convives en libérant un peu plus la parole. Lors des premiers numéros, le téléspectateur avait l'impression d'un véritable numéro de la part du fameux producteur. En coupant autant la parole et en assénant autant de vacheries ou de piques légères, on se serait même cru devant un mauvais remake de Lunettes Noires Pour Nuits Blanches. Assagi depuis, il s'inscrit plus dans une critique profonde des incohérences politiques ou dans une empathie nouvelle pour son invité du "Samedi 20h". Mais fort heureusement, l'impertinence et l'ironie - marque de fabrique d'Ardisson - sont toujours présentes et font du présentateur le numéro 1 de l'interview en France. 

Cependant, le maître délègue beaucoup cette année. Et cela se traduit par une multitude d'édito : si celui de Stéphane Blakowski fait partie des meubles de la chaînes cryptée - rappelez vous TV+ avec Marc-Olivier Fogiel - celui du groupe les Gréements déçoit fortement et casse le rythme soutenu du programme. Effectivement, cette multiplication des interventions abaissent le niveau général : en réalité, ça parle beaucoup mais ça réagit peu si bien que certains propos passent aux oubliettes quand ils nécessiteraient un éclairement ou une justification. En revanche, un autre édito mérite toutes les éloges. Remplaçant du pitre Stéphane Guillon, Gaspard Proust et son "Elle est pas belle la vie?" devient en seulement quelques semaines, le moment à ne pas rater. A l'aide de son humour glaçant, parfois violent mais souvent juste, le comique amène une originalité à une émission très ciselée. En sept ou huit minutes, il développe un univers encore jamais vu à la télévision et franchissement jouissif. En choisissant Proust et en sortant des codes d'une télévision formatée à l'extrême, Ardisson opère un (nouveau) coup de génie : son concept devient unique et les téléspectateurs se fidélisent. 

SLT ne dispose pas de la force d'un Tout le Monde en Parle à son époque. Trop de petites lacunes viennent ternir un tableau pourtant prometteur. Mais Thierry Ardisson, à l'aide d'une volonté créatrice intacte, a retrouvé son Baffie : en la personne de Gaspard Proust, il appâte le public et tient enfin un trublion plus que génial. L'émission est ainsi complète et mieux contre-balancée mais reste coincée dans une case horaire qui ne favorise pas sa visibilité. Encore un effort Thierry, tu y es presque.