vendredi 2 novembre 2012

Pitchfork Music Festival - Jour 1





C'est avec un enthousiasme certain qu'on pénètre ce jeudi à l'intérieure de la Grande Halle de la Villette pour ce qui s'annonce comme l'un des festivals des plus excitants de cette fin d'année. Le mythique site américain Pitchfork pose ses valises pour trois jours dans notre chère capitale en ramenant une flopée de groupes novateurs et éclectiques. 

A peine les portes ouvertes et How To Dress Well pénètre sur scène dans une ambiance encore très calme. Le son est bon, le public réceptif, et les chansons de Tom Krell sont entraînantes quoiqu'un peu répétitive. L'artiste nous quitte avec son tube, & It Was You, qui s'inscrit comme le premier moment fort du festival. De l'autre côté, une autre scène est posée et le duo AlunaGeorge en prend possession. Sans forcément convaincre pleinement. Certes, l'énergie est présente et la qualité pointe parfois le bout de son nez, mais un sentiment d'ennui reste tenace sur les visages des festivaliers. Même leur single Your Drums, Your Love ne sauvera pas une performance relative. 


Le rythme demeure soutenu, et DIIV lance déjà ses premiers accords bizarrement abrasifs. Le groupe fait la part belle aux saturations, là où les mélodies "joy divisionienne" relevaient de l'extase sur leur premier album. Pas une déception mais un contre-pied pour un show finalement très inspiré. On passe sur la performance arasante et sans intérêt de Factory Floor, et on retrouve les Japandroids. Les deux musiciens paraissent être la caution rock du jour. Pas un seul temps mort pour finalement une prestation courageuse, bien menée mais sensiblement suffocante. 


Chairlift n'étant pas présent pour cause d'intempérie et d'avion déficient, c'est François and the Atlas Mountain qui les remplace. Pour trente minutes un peu engoncé dans un style forcément brillant mais à l'écho limité. D'autant plus que certains problèmes de son se sont fait entendre. L'attention se porte désormais sur le premier concert exceptionnel de ces trois jours : John Talabot a livré un set d'une qualité extrême, totalement renversement et d'un génie manifeste. La marque d'un grand musicien. Dommage peut-être de le retrouver si tôt dans la soirée.

Mais Dieu était parmi nous hier : Sebastien Tellier et son Alliance Bleu nous aime et nous le prouve. Une heure de puissance éléctro, d'inventivité mélodique, de second degré très parisien et d'un talent fou. Pour le charisme et la prestance, c'était à l'auteur de la sublime Ritournelle qui fallait s'adresser. Hautement magnifique. Au contraire du prochain artiste. De loin ou de près, James Blake ne convainc pas. Ses albums restent des énigmes et les doutes se sont confirmés hier : aucune prestance et une redondance exacerbée. Après cette déception, voici la tête d'affiche de ce premier jour. M83 étrenne son succès avec un retour réussi (mais pas lumineux) dans la capitale. Les morceaux sont agréables, les tubes de sortis (Midnight City, Steve McQueen) mais il manque un petit grain de sable pour faire passer cette démonstration de force dans la cour des grands. A noter le lightshow absolument sublime. 


Finalement, cette première journée fut excessivement sympathique. Tellier, Talabot et How To Dress Well s'imposent comme les vainqueurs d'une soirée où M83 demeurera l'exquis dessert.

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