lundi 19 novembre 2012

Crystal Castles (3/5) : Furieusemement hypnotique




A l'aide d'un style electro-punk tout en saturation et en synthés sophistiqués et affolants, le duo Crystal Castles assène sans relâche depuis 2004 des beats fulgurants à travers le monde. A la fois branché, indé, bien aidé par une presse enthousiaste, le groupe mise sur son énergie pour fédérer autour d'un son oscillant entre l'extrême et le minimaliste.
 
Sur album, cependant, les compositions possèdent une aura limitée et un peu fulgurante empruntée aux bandes-sons des jeux vidéos 8-bit. Le style impressionne aux premières écoutes puis se délite au fur et à mesure et laisse apparaître plusieurs failles notamment dans la cohérence entre les titres. Et encore une fois, III ne déroge pas à la règle : Crystal Castles semble vouloir faire tout trop vite, sans s'attarder sur des détails pourtant cruciaux. Un tel manque de maîtrise frappe l'auditeur qui abandonne un intérêt naissant pour un abandon certain. Néanmoins, l'ensemble du disque reste musicalement très puissant et certains morceaux s'inscrivent parfaitement dans la veine noise-pop voulue par la formation comme avec un Kerosene hypnotique, un Sad Eyes vrombissant ou un Telepath aussi dansant qu'excellent. L'esthétique noire et un peu morbide est toujours présente et s'accorde parfaitement à des rythmiques assez tourbillonnantes et vertigineuses. Mais, malheureusement, tout demeure sensiblement vain et sans souvenir. Principalement dans la voix toujours aussi énigmatique, déformée voir traficotée d'une Alice Glass qui n'envoute et ne transporte que très rarement une série de chansons sans génie mais terriblement efficace.

Comme d'habitude, le duo frappe un grand coup dans l'eau. En n'apportant aucun ingrédient nouveau à une carrière pourtant singulière, les deux musiciens se mordent eux-mêmes la queue. Et ne savent plus trop où aller.

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