A l'aide d'un style electro-punk tout en
saturation et en synthés sophistiqués et affolants, le duo Crystal
Castles assène sans relâche depuis 2004 des beats fulgurants à travers
le monde. A la fois branché, indé, bien aidé par une presse
enthousiaste, le groupe mise sur son énergie pour fédérer autour d'un
son oscillant entre l'extrême et le minimaliste.
Sur album, cependant, les compositions possèdent une aura limitée et un peu fulgurante
empruntée aux bandes-sons des jeux vidéos 8-bit. Le style impressionne
aux premières écoutes puis se délite au fur et à mesure et laisse
apparaître plusieurs failles notamment dans la cohérence entre les
titres. Et encore une fois, III ne déroge pas à la règle : Crystal
Castles semble vouloir faire tout trop vite, sans s'attarder sur des
détails pourtant cruciaux. Un tel manque de maîtrise frappe l'auditeur
qui abandonne un intérêt naissant pour un abandon certain. Néanmoins,
l'ensemble du disque reste musicalement très puissant et certains
morceaux s'inscrivent parfaitement dans la veine noise-pop voulue par la
formation comme avec un Kerosene hypnotique, un Sad Eyes vrombissant ou
un Telepath aussi dansant qu'excellent. L'esthétique noire et un peu
morbide est toujours présente et s'accorde parfaitement à des rythmiques
assez tourbillonnantes et vertigineuses. Mais, malheureusement, tout
demeure sensiblement vain et sans souvenir. Principalement dans la voix
toujours aussi énigmatique, déformée voir traficotée d'une Alice Glass
qui n'envoute et ne transporte que très rarement une série de chansons
sans génie mais terriblement efficace.
Comme d'habitude, le duo
frappe un grand coup dans l'eau. En n'apportant aucun ingrédient nouveau
à une carrière pourtant singulière, les deux musiciens se mordent
eux-mêmes la queue. Et ne savent plus trop où aller.
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