mardi 27 novembre 2012

Rihanna (2/5) : Un deux en un mal maitrisé



Depuis 2005, Rihanna squatte sans interruption les charts. Constamment en mouvement et en fabrication, l'artiste adopte le rythme presque boulimique d'une sortie d'album par an. En sept ans de carrière, la chanteuse a sorti sept opus qui ont façonné à la fois son succès mais aussi son personnage entre célébrité revendiquée, icône glorifiée et personnalité plus touchante et introvertie.
Avec Unapologetic, la barbadienne délivreune oeuvre hautement schizophrène à la puissance calculée et savamment délivrée. La star propose en réalité deux albums en un : un premier qui va de la piste d'ouverture à la septième et un deuxième de la huitième à la dernière. Pour un résultat sensiblement différent. En introduction, l'ensemble est fait pour danser : ouvert et fermé en collaboration avec le célèbre - et nullissime - David Guetta, ce volet assène des beats sans intérêt compressés dans des styles dubstep, électro et urbains. Refrains faciles, mélodies fleurant bon le marketing, featuring profitables, Rihanna met en scène ses aspects les plus fumeux et son esthétique la plus évidente. Impersonnelle, elle se présente comme la chef de file d'un mouvement power girl un peu nauséabond où la sincérité demeure étouffée dans un mélange poisseux entre une efficacité manifeste (Diamonds, Power It Up, Right Now) et une tonne de niaiseries exacerbées (Jump, Loveeeee Song).
L'étiquette commerciale bien collée et justifiée, l'artiste peut alors prendre un virage aussi bien déroutant qu'inattendu. La deuxième partie de l'album paraît en effet beaucoup plus personnelle, moins tambourinante et forcément plus intéressante. La chanteuse épure son style dansant, parfois à l'extrême, parfois avec brio comme avec le très surprenant enchaînement What Now et Stay ou avec le titre minimaliste mais brillamment composé Love Without Tragedy - Mother Mary, véritable symbole d'un disque coincé entre deux aspérités. Rihanna et son entourage s'inscrivent dans une démarche plus sensible qui ne convainc pas toujours mais qui amène l'auditeur vers une reconnaissance méritée.

Seulement, avec autant d'auteurs à sa botte, Unapologetic reste une oeuvre fondamentalement creuse et dénuée d'originalité voir de passion. La production extrêmement lisse tire vers le bas certains titres prometteurs. Un peu effacée, la chanteuse délivre un opus rémunérateur - la présence d'Eminem et surtout celle de Chris Brown - mais bien peu excitant. Comme une provocation passée dans le domaine public.

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