mercredi 31 octobre 2012

Notons la Télé (NTL) : Zemmour & Naulleau (4/5)




Révélé pendant presque cinq années dans l'émission de Laurent Ruquier, On n'est pas couché sur France 2, le duo culturel, politique et polémiste Eric Naulleau et Eric Zemmour est depuis plus d'un an à la tête de leur propre programme éponyme sur la chaîne du groupe M6, Paris Première. Si les débuts ont paru compliqué, depuis la rentrée le ton semble un peu plus maîtrisé et les audiences sont nettement en hausse. Z&N s'impose désormais comme un sérieux rendez-vous dans le paysage audiovisuel français. 

Une première chose saute aux yeux depuis quelques semaines déjà : ce duo, qui fait le grand écart entre la gauche un peu bobo et la droite réactionnaire, marche toujours autant. Le public retrouve avec sympathie et plaisir les observations piquantes et inspirées d'un Naulleau toujours aussi acerbes et malicieux et les démonstrations lyriques, baroques, parfois un peu pompeuse d'un Zemmour semblant jouir d'une liberté extrême et bienfaitrice. Contrairement au rendez-vous phare de France Télévisions, les deux acolytes ne sont pas obligés de s'abaisser à des invités peoples sans intérêt. Ici, si l'humour et les jeux de mots (foireux ou pas) sont souvent de sortis, la critique reste d'un niveau extrêmement correct et la qualité des personnes reçues s'en ressent. En effet, ce sont maintenant des journalistes, des politiques, des philosophes, des scientifiques qui se relayent sur les coussins un peu low-cost du plateau en tentant de placer deux mots face au verbe puissant d'un Zemmour déchaîné. 

Le débat est souvent intéressant, les reportages pertinents bien que parfois un peu partisan et le rythme cohérent et juste. Cependant quelques défauts persistent encore : Eric Naulleau a effectué des progrès manifestes à la présentation mais cela le dessert fortement lorsqu'il tente d'intervenir dans le débat. Il n'expose alors plus ses idées et ses convictions et se contente de replacer ou de relancer une discussion qui s'affole ou se détourne du sujet. Deuxième point, lorsqu'on est habitué de l'émission, les interventions d'Eric Zemmour adoptent par moment un caractère attendu et un peu redondant. Le téléspectateur averti s'attend alors aux remarques les plus habituelles du journaliste au point parfois de se sentir un peu nauséeux face à des remarques entendues maintes et maintes fois. 

Mais au-delà de ces quelques reproches, le programme demeure d'une qualité évidente et nécessaire surtout dans une chaîne aussi désastreuse que Paris Première voir M6. Sans compromis et sans étiquette, il s'impose comme un moment d'une rare intelligence où l'actualité est retranscrite de façon talentueuse et profitable à tous. Alors, à quand une visibilité plus grande pour un duo rassembleur ? 

Amour (5/5) : Le film de l'année 2012




Le générique de fin apparaît. Les lumières se rallument et un silence assourdissant envahit la salle. Sur les visages, les lèvres sont serrées, les yeux humides, les corps un peu ailleurs. Seuls les pas résonnent. Quelques murmures discrets et furtifs se font enfin entendre après de longues secondes. Une atmosphère pesante s'évapore doucement : Amour vient de se finir. 

Palme d'Or du dernier festival de Cannes, le film propose l'histoire de deux octogénaires, Georges et Anne (Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva) confrontés à la maladie incurable et dévastatrice de cette dernière suite à une attaque cérébrale. A partir de ce lourd point de départ, Haneke développe un fabuleux huis-clos à la fois massif et magnifique, merveilleux et transcendantal. L'image, d'une netteté saisissante, d'un brio inégalable accentue avec grâce et élégance le génie du réalisateur mais aussi celui de son impressionnant duo d'acteurs. Trintignant et Riva paraissent au sommet d'un art extatique et jubilatoire : l'un et l'autre retranscrivent avec une justesse rare la fatigue et la souffrance de leurs personnages. "Tu es parfois un monstre mais tu es gentil" assène Anne à Georges et c'est dans ce basculement régulier, touchant, captivant que le long-métrage excelle et met en place son esthétique et son sujet. Amour est une oeuvre aussi bien dure que tendre, fortement ambivalente, d'une force parfois suffocante et brute, où l'émotion déborde et la pudeur s'exacerbe au contact de personnages attachants - chose nouvelle pour un réalisateur qui conserve le caractère sec de sa narration tout en y incorporant de l'humanité. L'ensemble est ainsi amoureusement mis en scène, profondément étudié, d'une maîtrise tragique phénoménale. L'artistique se place comme un relais nécessaire à l'universalité de la maladie, de la décrépitude. En plongeant le scénario dans un tourbillon de sentiments contraires (entre générosité et sacrifice), Haneke insiste, sans se renier, sur la splendeur et la finesse en invoquant un impressionnisme contemporain absolument sidérant. Un mot enfin sur la musique - ou plutôt sur la non-musique - avec un travail d'une intelligence prodigieuse sur le silence, sur l'absence de mot seulement coupé par les quelques notes de piano réellement jouées ou fantasmagoriquement désirées. 


Amour est sans conteste le film de l'année. Moment précieux d'une année foisonnante, il prend à la gorge et laisse sans voix. Haneke signe un chef d'oeuvre cinématographiquement indispensable et émotionnellement poignant.

mardi 30 octobre 2012

Jake Bugg (3,5/5) : Le retour du passé




Véritable phénomène au Royaume-Uni, le petit prodige, Jake Bugg (18 ou 19 ans selon les sources) écume les salles de plus en plus grandes et voit son public s'agrandir de jour en jour. Seulement actif depuis plus d'une année, le gamin de Notthingham a déjà assuré les premières parties du maître Noel Gallagher en attendant celles des Stone Roses l'année prochaine. Son premier album se classe dès sa sortie à la première place des charts comme l'avait fait les fantastiques Arctic Monkeys à leur époque et au même âge.

Aux premiers accords de guitare, le talent du jeune anglais saute aux yeux. Le brillant guitariste dispose d'un sens de la mélodie étonnant, d'un charme manifeste et propose quelques pistes rafraichissantes et sympathiques. Ainsi, on ne peut que succomber aux envolées pop-rock d'un Two Fingers marchant dans les pas d'un Miles Kane inspiré, à la classe "dohertienne" d'un renversant Simple As This ou aux harmonies émouvantes d'un Slide forcément touchant. Cependant, quand l'effet de surprise s'étiole d'écoute en écoute, le disque adopte une esthétique redondante, désagréable et même un peu monocorde. Les erreurs de structures apparaissent au grand jour et un sentiment de redite voir de copie se mélangent aux rythmiques mid-tempo souvent réutilisées dans le paysage musical ces derniers temps. Trop fournie, l'oeuvre se perd dans des expérimentations trop nombreuses et s'éclatent de façon évidente sur des références trop imposantes et peu maîtrisées. Le blues, le rock, la country, la pop, la folk s'entrechoquent dans un fracas un peu trop étudié et s'entremêlent dans une production gentillette où la voix nasillarde et puissante ne parvient pas à (re)prendre le dessus. 

Néanmoins, Jake Bugg reste une belle découverte et il devrait rencontrer un franc et mérité succès. Adoubé par ses pairs et par la critique, le britannique s'inscrit dans une tradition sixties fortement agréable mais un peu caverneuse. Des débuts vieillots mais prometteurs. 

lundi 29 octobre 2012

Notons la Télé (NTL) : Amazing Race (1,5/5)




Il y maintenant 7 ans, M6 nous proposait le tout premier jeu télévisé d’aventure, Pékin Express, largement inspirée du reality show américain Amazing Race, sans pour autant en être une pâle copie mais bien une création originale. Alors que le programme de M6 fait un carton chaque saison, D8 lançait lundi dernier la véritable adaptation du jeu en s'inscrivant comme la première télé-réalité à gros budget de la TNT. Les ingrédients des deux émissions d’aventure se ressemblent (mais ne se valent pas) : des binômes sélectionnés pour leur profil, un tour du monde, des épreuves et une grosse cagnotte pour les vainqueurs. Néanmoins, Amazing Race ne semble qu’être un Pékin Express pauvre en émotion mais riche en budget …

Tout comme sa grande sœur, Amazing Race dure deux heures. Deux longues heures durant lesquels Alexandre Delpérier tente en vain de rendre son émission dynamique et sérieuse. Pourtant, le format adopté traine en longueur et dévoile un contenu assez faible constitué de courses en taxi parisien, de la quête d’une agence de voyage ou encore de comptage de perles. En effet, alors que Pékin Express nous fait participer aux galères des candidats et à des épreuves éreintantes, D8 paie le taxi à ses candidats, les loge et les nourrie. Dès les premières minutes, Delpérier commence par nous présenter 9 binômes caricaturaux et sans réel intérêt tel que les surfeuses, les étudiantes parisiennes, les amis banlieusards ou encore les policiers. Au fil du programme, certains duos s’avèreront drôles et sympathiques alors que d’autres nous lasseront rapidement notamment le couple belge qui par un excès de niaiserie poussent le téléspectateur dans ses derniers retranchements. 

On assiste en fait qu’à une succession de défis sans intérêt mais aussi sans aucune difficulté pour les candidats, les épreuves les plus pénibles consistant à sauter en parachute, à récupérer une enveloppe au dernier étape du building le plus haut de Dubai (en ascenseur pendant qu’on y est …) ou encore « d’ériger » un bonhomme de neige au Ski Dubaï. Un vrai programme de vacances. L’épreuve finale nous conduit sur la plage où Alexandre Delpérier attend sagement les candidats avec Ibrahim pour nous assommer d’un suspense ridicule et beaucoup trop long puisque l’ordre d’arrivée est fortement sous-entendu lors de l’épreuve des bonhommes de neige. Une dernière question se pose, qui est Ibrahim, l’homme silencieux aux côtés du présentateur ? Le mystère perdurera …

Ce programme ne séduit pour l'instant pas et lasse très vite les téléspectateurs avides de sensations fortes et de candidats en réelle difficulté. Mais que peut-on espérer d’une émission ne faisant que dépenser à outrance de l’argent en produisant un divertissement au vide abyssale ? Quel plaisir peut on éprouver à regarder 9 couples effectuer un tour du monde en 24 jours ? Pour séduire, ce programme devra au fur et à mesure des épisodes présenter des candidats face a l’adversité et dans l'action. Et pas seulement une publicité pour nouveaux riches. 

dimanche 28 octobre 2012

Skyfall (3/5) : Un 007 tout en action





La crémation du vieux 007 est assumée. Ce troisième opus après le changement d'acteur pour incarner James Bond (Daniel Craig) confirme le virage entrepris par la franchise : délaisser le film d'espionnage et privilégier l'action. Ici le scénario n'est pas sans évoquer celui du récent Batman de Christopher Nolan : un héros déchu qui essaie de reconquérir sa place face à un ennemi très entreprenant et luttant dans la même catégor
ie. Ce dernier a dérobé un disque dur contenant tous les noms des agents infiltrés de l'OTAN, et menace de les divulguer (condamnant ainsi ces agents). 


Des poursuites, des cascades, des tirs dans tous les sens, c'est presque un festival. Jusqu'à l'acharnement final de qui aura la plus grosse explosion. Simple surenchère ? Peut-être. Mais c'est tout de même efficace et plutôt bien réussi dans l'ensemble, avec une mention spéciale pour les plans en contre-jour sur un incendie vers la fin du film. Néanmoins, le long-métrage ne peut s'empêcher de passer en revue tous les clichés du genre, alors attention aux allergiques ! Quant aux acteurs, s'ils ne resplendissent pas (il faut voir la prestation catastrophique de la fausse James Bond girl) ils assument pleinement leur rôle. Javier Bardem fait un méchant convaincant bien qu'assez monolithique. Et le nouvel agent Q, sans décevoir, doit encore s'affirmer. On apprécie en revanche les nombreux clins d'oeil à la série originale (dont le film fête le 50ème anniversaire) : thème musical, voiture, et même jusqu'à la bouteille de Whiskey qui affiche 1962 (année de sortie du premier film James Bond). 

Un film tout à fait convenable dans son genre, ni excellent ni exécrable. James Bond semble désormais n'être plus qu'un prétexte pour faire des films d'action, et ne désigne donc plus une marque de fabrique, comme ce fut le cas autrefois.

samedi 27 octobre 2012

Bat For Lashes (3/5) : L'épreuve du froid



Avec Natascha Khan ou plutôt Bat For Lashes, l'auditeur se retrouve souvent emporté par des tonnes de sentiments contraires. Il passe ainsi, non sans mal, de l'ennui à la surprise, de l'intérêt à l'oubli. L'artiste développe un univers tellement opaque qu'il est difficile d'intégrer pleinement et avec enthousiasme un monde aussi impénétrable fait de couches diverses, entre folk glacial et dream pop déprimante. 

Avec son troisième album studio, The Haunted Man, la britannique réemploie la même recette en incorporant encore d'avantage les machines électro et les effets frigorifiants. Il faut plusieurs écoutes attentives et courageuses pour déceler toutes les subtilités d'un disque fondamentalement intelligent, orchestré avec une minutie savante et chimiquement interprété. La musique proposée est incroyablement sophistiquée, presque mécanique, extrêmement froide, quelques fois prenante, souvent asphyxiante. Parfois, elle offre des moments assez jolis comme avec un All Your Gold magnifique, un Laura tout en retenu ou un enchaînement Marilyn/A Wall enfin convaincant. Ces morceaux sont portés par une voix d'une beauté un peu commune, pas transcendante bien qu'intéressante mais beaucoup trop mise en avant au détriment d'instruments discrets et oubliés. Pour le reste, ça manque cruellement d'émotions, de passions et de prises de risques. L'ensemble reste trop en surface : avec ce souffle polaire présent sur chacun des titres, il est impossible de ne pas sortir épuisé d'un opus comme celui-ci. On se délivre alors d'un tunnel sans lumière et sans chaleur, terriblement anxiogène. L'album s'inscrit en définitive comme une belle épreuve dans laquelle il est difficile de s'y aventurer de nouveau.


Bat For Lashes se rate encore un peu. Sans espérance, The Haunted Man semble se livrer à une noirceur phénoménale. Et sa créatrice s'oriente comme toujours vers un simple succès d'estime. 







Notons la Télé : Le Grand Journal (3/5)



Symbole du nouvel esprit Canal depuis septembre 2004, l'émission Le Grand Journal s'impose comme le rendez-vous incontournable et quotidien de la chaîne cryptée. Avec habilité, le programme, présenté depuis ses débuts par le légendaire Michel Denisot, parvenait à apporter quelques touches de nouveautés chaque année pour offrir à ses téléspectateurs un format de plus en plus innovant et au plus près de l'actualité. Mais depuis la rentrée, et alors qu'on pensait la machine parfaitement rodée, tout a (presque) changé. Avec l'arrêt de la série "Bref" et la pause d'Omar et Fred, il a fallu réorganiser une véritable institution télévisuelle. Une prise de risque maximum a été opérée. Sans trouver un succès évident. 

Un retour catalyse toutes les critiques (justifiées) : la promotion de Daphné Burki et de sa troupe ressemble de plus en plus à une erreur de casting. La présentatrice en fait trop, exagère chaque prise de parole et ne paraît pas adapter son ton un peu loufoque sur une émission de divertissement. Ainsi, elle demeure toujours en retard sur un Denisot un peu agacé de devoir gérer les tergiversations de son acolyte notamment dans la deuxième partie du programme. Si l'on peut penser que le duo trouvera bien avant la fin de l'année une vitesse de croisière plus conforme à son standing, c'est surtout dans le choix des nouveaux comiques que le scepticisme demeure le plus grand : les formats courts Sophie & Sophie ou La Question de la Fin frôlent souvent l'incompétence et parfois le ridicule. Sans parler des interventions sans intérêt d'un Chris Esquerre pitoyable et toujours dans un même registre faussement décalé et horripilant.

La déception est également présente dans le nouveau traitement des invités : mélangés aux chroniqueurs (plus ou moins intéressants), ils se retrouvent noyés dans la masse au point d'être franchement isolés dans une succession d'interventions et de reportages. Mais il faut bien le reconnaître, Le Grand Journal reste une référence dans le paysage audiovisuel français. Qui peut se targuer aujourd'hui de pouvoir accueillir quotidiennement les plus grandes stars mondiales ? De proposer plusieurs lives éclectiques et de qualités par semaine ? Et de toucher au plus près de l'actualité avec l'aide toujours bienfaitrice d'un Petit Journal aussi impertinent qu'inventif ? 

Malgré de nombreuses erreurs liées à un changement soudain de cap, Michel Denisot propose encore une fois une émission agréable, divertissante, cohérente et bien menée. Avant peut-être de laisser la main à sa nouvelle collègue l'année prochaine ? Car, on ne peut s'empêcher de penser que la fin est proche. Et sans se forcer, on repense à un autre mythe de Canal + qu'on pensait insubmersible, Nulle Part Ailleurs. 

mercredi 24 octobre 2012

Notons la Télé : Touche Pas A Mon Poste (4/5)





Déjà présente depuis deux saisons sur France 4, l'émission de Cyril Hanouna, Touche Pas A Mon Poste, revient sur D8, la nouvelle chaîne du groupe Canal +. Auparavant hebdomadaire, elle devient quotidienne en conservant la case de deuxième partie de soirée le Jeudi. Si le concept n'a pas nécessairement évolué, la force humoristique et décalée du programme est toujours présente.

Ainsi, les idées novatrices sont toujours réutilisées tout en s'intégrant dans le même format : Hanouna et sa bande paraissent déjà parfaitement rodés mais ils parviennent avec justesse à réinventer leur propre style pour offrir à un nouveau public une émission plus maîtrisée et plus professionnelle en dépassant avec brio la contrainte du direct. Les habitués ne sont pas perdus puisque l'équipe de chroniqueurs autour du présentateur est sensiblement la même. On note juste les départs judicieux d'une Justine Fraioli qui n'a jamais su trouver sa place ou d'un Eric Dussart trop ambitieux. Le spectateur fidèle retrouve avec plus ou moins de plaisir des têtes connues comme Jean-Luc Lemoine, toujours aussi percutant, Enora Malagré ou le très subtil Jean-Michel Maire. Cependant, il faut avouer que les nouveaux intervenants déçoivent énormément pour le moment : si les chroniques de Bertrand Chameroy et Camille Combal s'affinent de jour en jour, les présences insupportables d'Alexia Laroche-Joubert et Gérard Louvin desservent littéralement  la touche de bonne humeur et le second degré du programme. Enfin, le recrutement de l'écrivain Nicolas Rey et de la (sublime) spécialiste du cinéma Elise Chassaing s'inscrivent comme des essais pas encore totalement transformés : espérons qu'au fur et à mesure ils parviennent à faire leurs trous entre les cris et les invectives de leurs compagnons. En effet, lors des débats, la parole est vive, forte mais souvent peu compréhensible. Certes, cela fait le charme de TPMP mais le côté systématique des prises de becs, parfois naturelles, parfois un peu forcées, épuisent un spectateur souvent dépassé. Si bien qu'il est compliqué de regarder tous les jours un programme forcément redondant et de temps en temps un peu lourd. Mais la large palette de sujet permet de passer outre. En effet, on passe généralement un bon moment quelque soit l'invité proposé. Et c'est peut-être là, le point noir du programme : selon les personnes choisies, Hanouna alterne entre le mielleux et un sentiment de désintérêt flagrant. Et souvent, il met en retrait l'invité mal à l'aise face à la complicité réelle des personnes qui l'entourent. 

Mais Touche Pas A Mon Poste est un des moments joyeux d'une télévision plus à même à se regarder le nombril plutôt qu'à se moquer d'elle-même. Sans prétention, l'émission offre et met en scène quotidiennement des moments souvent cultes et franchement hilarants. D8 ne s'est pas trompé en récupérant ce concept : ce dernier a toutes les qualités pour durer encore de nombreuses années. 

La télé s'allume aussi sur THIS

Après la musique, le cinéma et le sport, la TELEVISION fait également son apparition sur That's How It Starts (THIS). Dès maintenant, et uniquement sur le Blogspot, retrouvez l'actualité du petit écran à l'aide de deux rubriques : 
- une première essentiellement critique intitulée "Notons la Télé" 
- une seconde plus thématique qui reprendra les grandes lignes de l'actualité télévisuelle
On espère tous que vous apprécierez! Pour connaître le programme et l'annonce de tous ces articles, rendez-vous sur la page Facebook de THIS pour découvrir entre autre l'actualité sportive et retrouver les critiques musicales et cinématographiques. Sans oublier, le Twitter de THIS et ses nombreux live-tweet! 

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A tout à l'heure pour le premier article de "Notons la Télé". On parlera de l'émission de Cyril Hanouna sur D8, Touche Pas A Mon Poste (TPMP)


mardi 23 octobre 2012

Sky Ferreira (3/5) : Paradoxalement fascinant


Agée à peine de 20 ans, Sky Ferreira a déjà une carrière bien remplie : véritable touche-à-tout, la belle américaine a été tour à tour chanteuse, mannequin et actrice. Mais c'est bien dans la musique qu'elle trouve le plus d'écho et que son talent frappe le plus. Auteur-compositrice, l'artiste sort son premier album, I'm Not Alright dans les prochaines semaines. Avant ça, elle propose à son public un EP de 5 titres aussi foisonn
ant que déroutant. 

Ghost explore une multitude de voies contraires, passe d'un style à un autre, intéresse autant qu'il surprend. Au point de ne pas toujours savoir où Sky Ferreira désire réellement aller. Cette dernière alterne la folk (Sad Dream), l'électro besogneuse (Lost In My Bedroom), le blues attachant (Ghost), le pop-rock un peu propre (Red Lips) et retourne à une électro beaucoup plus esthétique et dans la tendance avec la superbe Everything Is Embarrassing. Mais toujours avec talent et une grâce qui semble être la caractéristique d'un univers exaltant et productif. Autant de courants, autant de polyvalence laissent admiratif. Pourtant, cela dénote aussi un manque de singularité évident. L'artiste peut tout interpréter, c'est évident. Cependant, l'ensemble manque d'émotion, de cohésion, de véritable prise de risques. Tout paraît trop simple, trop bien réalisé pour convaincre pleinement. Si chaque piste est une réussite, on peine néanmoins à les différencier une fois réunies. Ghost demeure alors une oeuvre extrêmement plaisante mais horriblement vaine et illusoire. 

Sky Ferreira enchante et laisse pantois. Et sous ce paradoxe se cache peut-être une artiste prometteuse, en gestation et prête à éclore. Dès son premier album ?






samedi 20 octobre 2012

Flying Lotus (3/5) : Débordé et débordant




Steven Ellison aime la multiplicité, les harmonies à la dérive, les rythmes qui s'embrasent, l'électronique soudaine et inattendue, les mélodies à plein régime mais surtout la rapidité plus que la qualité. En 2010, lors de la sortie de Cosmogramma, il se vautre lamentablement dans des expérimentations ridicules tournées à plein régime dans une esthétique proche des sons de jeux vidéos. Une horreur passée qui inquiète au moment d'écouter son quatrième album studio intitulé Until The Quiet Comes.

Mais, comble de la surprise, ici Flying Lotus se fait beaucoup plus relâché et inspiré. Les moteurs se relâchent, la folie frénétique a disparu dans des tentatives mystiques, proche de l'irréel. Le calme prend le pas et hausse le niveau : on se croirait presque dans une réorchestration contemporaine du tournant Kid A/Amnesiac de Radiohead avec des morceaux comme All In ou All The Secrets. Et cela tombe bien puisque Thom Yorke est présent sur l'hypnotique Electric Candyman. Cependant, l'opus forme un bloc difficile à dissocier : l'auditeur passe du plaisir des premières boucles à une indigestion passagère mais tenace. A trop resservir la même recette, les chansons lassent franchement et présentent une impression de répétition assez désagréable. Arrivé à la fin du disque, tout s'enchaîne et tout s'oublie, comme si le long rêve d'Ellison demeurait trop long et trop éprouvant. Constamment sur la même tonalité, le talent ne saute plus aux yeux et on voit (ré)apparaître quelques vieux démons pas encore totalement refoulés. 

Incontestablement, Until The Quiet Comes est une oeuvre de qualité, aux ambitions mesurées mais intelligente. A l'image de son créateur, son caractère imprévisible la dessert autant qu'elle l'avantage. Flying Lotus semble alors se chercher musicalement et explore à tout va. Et pose encore une fois la question de sa singularité. 

vendredi 19 octobre 2012

Miguel (2,5/5) : Mélodieux et mielleux

Véritable phénomène à la critique unanime, Miguel Jontel Pimentel aka Miguel émerge de façon remarquable et remarquée dans l'univers concurrentiel des nouvelles figures R&B. Pour apporter un peu de singularité à un style qui en manque tant, le chanteur développe l'idée de néo-soul. Plus électrique et électronique, elle apporte une esthétique nouvelle et véritablement tendance ces derniers temps (Frank Ocean etc ...)

Avec 
ce deuxième album, Miguel va encore un peu plus loin dans cette expérimentation. Sans que cette dernière soit phénoménale pour autant. Kaleiodoscope Dream est un album pas désagréable du tout, au rythme clair et bien cadencé, un peu pour midinette néanmoins et fatalement surproduit notamment dans les effets de voix. Pourtant l'artiste développe un vrai sens de l'efficacité : l'ensemble s'écoute d'une traite, sans véritable temps morts, agrémenté de titres réellement savoureux et entraînants comme un puissant Don't Look Back, l'hypnotique éponyme Kaleiodoscope Dream, ou un Arch & Point vraiment étonnant. Malheureusement, autour de ces quelques prouesses, le jeune producteur et instrumentiste s'embourbe et s'égare dans des chansonnettes faciles, sans intérêt, parfois à la limite du kitsch (voir du débile) comme avec un Adorn affreusement commun ou les affreux Do You ..., How Many Drinks et Pussy Is Mine. Ce basculement entre l'inspiré et le facile semble bien être la marque d'un compositeur encore en rodage et en gestation.


Entre deux univers, le disque peine à convaincre. Il déçoit autant qu'il agace. Sans certaines faiblesses indignes (surtout dans les textes), il aurait pu constitué une agréable et douce surprise. Et sonner ainsi comme la renaissance d'un style frôlant sans cesse le lamentable. 


jeudi 18 octobre 2012

Placebo (2/5) : Un EP sans effet



Trois ans après la sortie d'un Battle For The Sun revigorant mais pas franchement transcendant, Placebo revient non pas avec un album mais avec un EP de 5 titres construit autour du single intitulé B3 annonciateur d'un nouvel opus qui devrait voir le jour au printemps 2013. Cadeau aux fans ou simple cache-misère ? 

Du groupe, on n'attend vraisemblablement plus grand chose : après des débuts tonitruants, extrêmement électriques et incisif
s, la suite fut beaucoup moins glorieuse mais surtout inégale. A chaque sortie, c'est le même refrain et les mêmes bilans : non l'album n'est pas aussi médiocre que les médias veulent bien nous le faire croire, mais oui on reste constamment sur notre faim. Comme si Brian Molko et Stefan Olsdal ne parvenaient plus à offrir à un public pourtant grandissant une oeuvre parfaite de bout en bout. Alors, comment juger cet EP composé de quatre nouvelles chansons (dont trois ne seront pas présentes sur le nouvel album) et d'une reprise ? Facile, on ne le fait pas. Ou à l'instar de la formation, on le survole en prenant par-dessus la jambe des titres sans intérêt à l'inspiration douteuse. B3 ne semble qu'un "I Do" un peu plus rock, la reprise de Minxus s'oublie aussi vite qu'elle ne s'écoute et les trois autres morceaux ne sont là que pour le décor et le remplissage notamment un Time Is Money d'une longueur arasante et d'un vide inquiétant. Alors, oui la voix de Molko est toujours en place et provoque les mêmes émotions adolescentes. Certes, les mélodies demeurent bien trouvées et la rythmique assure toujours autant. Mais, finalement l'auditeur ne ressent qu'une lassitude infinie et une profonde tristesse. La renaissance de ces derniers années paraît déjà envolée. 


B3EP s'inscrit comme une parenthèse extrêmement monotone qui fruste et rend circonspect. Mais peut-on espérer autre chose d'un groupe qui commence sérieusement à tourner en rond ? 



Sexion d'assaut (0,5/5) : Parano à l'envers



Le collectif Sexion d'assaut est considéré depuis quelques années comme le renouveau du rap français. Un vent frais dit-on. Mais en terme de vente, de notoriété ou de talent ? Impossible cependant de ne pas passer à côté des tubes de leur dernier album. Tant de matraquage force bien sûr une admiration sans borne. Même une interview aux limites du supportable n'a pas entaché la belle ascension du groupe
 qui aboutie à des tournées complètes et une date au Palais Omnisports de Paris-Bercy.


Mais à peine se penche-t-on sur les premières notes et les premières paroles du disque L'Apogée que les masques tombent de manière évidente. Présenté comme une véritable machine à tube, Sexion d'assaut n'est qu'un moulin à vent. Entre quelques titres pour les radios (et le compte en banque) comme le ridicule et dégoulinant Avant Qu'elle Parte, le lamentable Wati House ou l'insupportable Ma Direction, la formation cultive son art du vide en proposant des pistes d'une rare débilité voir d'une rare ignorance. Balader, L'Africain, La Tâche, Mets Pas Celle-Là demeurent au même titre que le reste de l'opus musicalement creuses, sans âmes et sans talents mais développent également un univers incroyablement paranoïaque. A les entendre, tout le monde a intérêt à trainer plus bas que terre le groupe et l'ensemble de ses membres ainsi que toutes les communautés qu'ils représentent. Mais cela résonne tellement faussement que l'on ne peut y croire. Toutes les chaînes musicales et les médias relayent les clips du collectif et personne ne peut affirmer de manière censée que ces artistes sont boycottés. La vérité se trouve dans les postures carrément foireuses adoptées par Maître Gims et sa clique. Ainsi, l'écriture donne envie de vomir tant la position de victime revendiquée est dirigée en réalité vers une volonté de profit. En brossant dans le sens du poil un public plutôt jeune et perdu, Sexion d'assaut présente à son auditeur une esthétique hardcore terriblement factice, finalement ridicule et parfois dangereuse. Les courbes de vente semblent être le seul objectif d'une formation trop grande pour paraître marginale. 

L'apogée est alors le genre d'oeuvre qui pousse la culture dans des abysses d'une profondeur sans pareille. Et qui fait plus de mal que de bien à un style forcément en rupture. 

Vous n'avez encore rien vu (4/5) : Inaltérable Resnais!



A partir de deux pièces de Jean Anouilh (Eurydice et Cher Antoine ou l'amour raté) l'emblématique figure de la nouvelle vague Alain Resnais développe, à l'aide d'un casting surabondant et éclectique, une réflexion autour de l'intertextualité et du rapport entre la scène et l'image. Vous n'avez encore rien vu s'inscrit en effet comme une suite logique dans la carrière du cinéaste puisque l'on retrouve son art de la malice, de l'expérimentation mais aussi de la manipulation.

Adossé au style d'Anouilh, le réalisateur propose ainsi une oeuvre à l'originalité manifeste. Dans un scénario proche de la fantasmagorie et de l'illusoire, la caméra se confond sans arrêt entre la salle et le plateau. Le spectateur se retrouve transporté dans un monde aux genres multiples, sans repères et sans références. Les personnages, perdus dans la splendide et vaste demeure du célèbre dramaturge Antoine d'Anthac, visionnent une adaptation de leur pièce Eurydice par la troupe de la compagnie de la Colombe. A partir de là, les différents protagonistes revivent et revisitent le passé en rejouant la tragédie scène par scène en écho au film projeté. Et dans cet élément réside la prouesse de Resnais : en filmant le théâtre, il organise son histoire à l'aide d'un cinéma dans un autre cinéma, d'un théâtre dans un autre théâtre. Exceptionnellement élégant, il parvient à déstabiliser les habituels codes de la filmographie en usant de répétitions, de décalages flagrants et d'émotions intenses. Simplement en dressant une photographie instantanée de deux arts majeurs : ainsi le jeu, les sensations, les tourments ne sont jamais les mêmes puisque chaque artiste interprète différemment un même texte ou un même passage dans un tourbillon jubilatoire.


Pourtant, on ne peut que regretter quelques longueurs, un final un peu bancal, limite décevant et des erreurs discrètes mais bien présentes. Comme si l'expérience et la tentative prédominaient sur le conventionnel ou le plaisir. Mais surtout, le choix de Sabine Azéma dans le (presque) rôle-titre se place comme la faille indépassable d'un long-métrage doué de génie. Et même les excellentes performances de Mathieu Almaric, Michel Piccoli, Pierre Arditi voir Anne Consigny ne parviennent pas à redresser la barre étouffée par le caractère surjoué d'une actrice ne méritant pas sa place. En définitive, sous ce titre un peu pompeux, Alain Resnais offre un film à la création phénoménale, aux couches infinies et à l'interprétation exaltante. Intelligent et somptueux, Vous n'avez encore rien vu semble se poser comme un testament au cinéma et au théâtre. Où la vie et l'écriture s'appellent comme un éternel recommencement.

 

Four Tet (4/5) : Du rose au bleu


Four Tet, alias Kieran Hebden, peut être qualifié d'esthète de la musique électronique. Développant des ambiances soignées et ne recherchant pas à tout prix le beat commun aux clubs du monde entier, le DJ explore des contrées beaucoup plus vastes tout en apportant une vision progressiste et novatrice à son art. Son dernier album, There Is Love In You, était à ce titre assez bon, malgré quelques longueurs et s'inscrivait de façon remarquable dans un style électro ambiant aux constructions alambiquées, un peu mécaniques et inspirées. 


Avec Pink, l'artiste signe un album totalement renversant, tantôt hypnotique, tantôt raffiné. Les boucles sont extrêmement précises voir appliquées et l'ensemble des morceaux offre des passages à la fois minimalistes, profonds et parfaitement réalisées. Four Tet apporte un soin particulier à l'approfondissement de mélodies entêtantes, un peu pop qui offre une couleur différente à un style forcément automatique. Et il est bien question de teinture, de coloris, de nuances ici. Le titre du disque semble être un habile pied de nez : rien n'est rose au travers des rythmiques mais tout paraît d'un bleu qui hésite entre le glacial et l'infini. 128 Harps se raccroche de façon assez magnifique à une esthétique bleutée, presque transparente tant les effets sont rendus avec grâce et talent. Au contraire, avec Lion, l'auditeur se retrouve plongé dans un monde plus chaud, concentré, presque marginal. Et Hebden s'amuse à prendre de court, à user de ruptures pour créer un tourbillon d'idées opposées sans renier un style toujours aussi efficace et maîtrisé. 


Pink demeure un album aux mille émotions auquel il faut adhérer pour ressentir ses moindres dérives et ses multiples couches. Four Tet délivre alors quelques uns des titres les plus saisissants de l'année et se place, une nouvelle fois, comme l'un des DJ les plus doués de sa génération.

Radiohead, comme sur un nuage



On n'attendait plus grand chose de Radiohead. Le groupe a tellement tout connu : le succès soudain, les expérimentations réussies, les retours aux sources nécessaires, les concerts gigantesques. Puis, les débuts d'une pente légèrement descendante. Si In Rainbows symbolisait encore avec brio un son si singulier, le dernier opus des cinq anglais, The King Of Limbs décevait franchement. Certes, le niveau global des chansons n'était pas médiocre mais pour la première fois de leur carrière, Thom Yorke et sa bande délivraient un album extrêmement vain, sans temps forts, à l'oubli facile.

En entrant dans un Bercy complet depuis bien longtemps, un étrange sentiment d'appréhension prédomine. Et si la magie avait définitivement disparu ? Néanmoins, pas le temps de tergiverser puisque Caribou entre déjà en scène pour proposer une première partie courte, intense et de qualité. Les quelques morceaux joués, extrait de son excellent album Swim, balancent entre une pop un peu ambiante et une électro inspirée, répétitive et addictive. En trente minutes, le canadien retourne un Bercy conquis et agréablement surpris. 

Encore un peu de patience, puis les six musiciens de Radiohead pénètrent dans une acclamation générale. Ce soir-là, le public a assisté à une performance d'initiés et de profond connaisseurs. Si quelques tubes demeurent (Paranoid Android, Airbag, Pyramid Song, Street Spirit), le groupe va chercher dans son répertoire le plus obscur (Kid A), le plus caverneux pour offrir des moments gracieux, uniques, au comble de l'émotion et d'une classe affolante. Ainsi, on assiste à un basculement rigoureux mais intelligent entre les périodes électriques et électroniques. L'ensemble est délivré avec une maîtrise proche de la perfection et on ne peut être qu'obnubilé par la virtuosité et le charme de certaines compositions incroyablement puissantes et fabuleusement exécutées. Nude est alors d'une beauté extrême, The Gloaming frénétiquement minimaliste, The National Anthem vrombissante et Lucky développe un univers aussi émouvant qu'exaltant. L'alchimie entre les musiciens ressemble à une symphonie impeccable et géniale dont le merveilleux Thom Yorke serait le chef d'orchestre. D'un charisme surexcitant et passionnant, il dirige sa troupe d'une main aussi habile que déchaînée. En feu d'artifice final, la formation nous propose une dernière plongée électrisante dans le monde de Kid A avec un enchaînement divin, frénétique et furieux avec Everything in Its Right Place et la phénoménale Idioteque.

En près de deux heures et quart, Radiohead a démontré toutes ses qualités et son endurance sublimées par une mise en scène savante, étudiée et captivante. Enchanté et extraordinaire, le groupe remet les choses en place. En sortant de Bercy, l'appréhension a laissé la place à l'extase. Et on se prend à rêver en lumière extatique à un prochain album de nouveau au sommet.



SET-LIST : Lotus Flower / Airbag / Bloom / Kid A / Myxomatosis / Bodysnatchers / The Gloaming / Separator / Meeting in a Aisle / Nude / Pyramid Song / Reckoner / There There / The National Anthem / Feral / Paranoid Android / Give Up The Ghost / Supercollider / Lucky / Morning Mr Magpie / Staircase / Everything in its Right Place / Idioteque