vendredi 22 février 2013

Foxygen (3,5/5) : Sing this all together



Habituellement, on appelle "revival" la résurgence voir la résurrection d'une mode, d'un mouvement artistique ou d'une musique symbolique. Largement répandue à notre époque, cette idée se nourrit pourtant de contradictions et multiplie les contradicteurs : comment faire du neuf avec du vieux ? Comment éviter la pâle copie et les références immenses, illustres, incontournables ? Les White Stripes et dans une moindre mesure Oasis avaient réussi à faire taire les critiques. Mais la mouvance n'est plus au retour d'un rock pur. Au contraire, celle-ci penche vers le psychédélisme. L'année dernière, Tame Impala imposait son style rétro en y incorporant quelques éléments futuristes. A Foxygen de jouer maintenant. 

Deuxième album en deux ans pour ces californiens qui puisent clairement leurs inspirations chez les Rolling Stones période Satanic Majesties Request - le plus psyché disque des anglais -, surtout dans les voix semblables à un Mick Jagger des plus survoltés. Un peu rebutant aux premiers abords, We Are The 21st Century Ambassadors Of Peace & Magic délivre pourtant une dizaine de surprises savoureuses tout en possédant conjointement la folie d'un MGMT version Congratulations et la grâce enchanteresse des mélodies de la côte ouest américaine. On passe sans peine de l'électricité la plus possédante (l'excellent On Blue Mountain) à la comptine pop la plus exquise (la magnifique San Francisco et son refrain entêtant). Alors oui, les têtes pensantes Jonathan Rado et Sam France font les fonds de tiroirs (No Destruction, Oh No 2 aux relents Beatles) mais ils procurent à l'auditeur un plaisir mélancolique, joyeux et agréable. Aucune imagerie révolutionnaire, plutôt une grande capacité d'écriture et un savoir-faire totalement manifeste. En piochant dans l'univers sixties et british, tout en accordant une esthétique américaine à des pistes remarquablement produites entre classe et crasse, le duo Foxygen réussit un tour de force impressionnant. Le revival retrouve ses lettres de noblesse. N'en déplaise aux sceptiques. 

L'opus s'inscrit finalement comme l'un des moments les plus intéressants de ce début d'année. Joliment maîtrisé, We Are The 21st Century Ambassadors Of Peace & Magic livre de façon intelligente de nombreux titres fabuleux teintées d'étonnement. Entre passé et présent, il devient doublement efficace. Et forcément lumineux.

jeudi 21 février 2013

Darwin Deez (1/5) : Une oeuvre (encore) ratée



Apparu en 2010, avec un album éponyme - très - fortement inspiré par les Strokes et les escapades solos du talentueux guitariste Albert Hammond Jr, le compositeur Darwin Deez proposait alors une oeuvre sans originalité, seulement gentillette et ne faisant que reprendre gauchement les standards indie-rock du début des années 2000. Malgré une qualité somme toute relative, l'opus a connu un intéressant succès d'estime permettant à son auteur d'obtenir une certaine visibilité à travers le monde. 

Deuxième essai trois ans plus tard et nouvel échec avec un Songs For Imaginative People monstrueusement débectant et franchement sans intérêt. L'ensemble est d'une lourdeur assez impensable et se double d'une esthétique assommante aux structures éclatées. La production s'écoute comme un véritable supplice tant les chansons paraissent, au choix, mollassonnes ou véritablement dégoulinantes de sons électroniques mal maîtrisés et fortement désagréables. Le new-yorkais oublie complètement ses élans pop certes copiés mais au moins sautillants et effectue un affreux virage à 180°. Maintenant, les morceaux s'enchaînent de façon grasse et grossière, sans autre lien qu'une médiocrité manifeste. Même la voix nonchalante, presque "casablanquesque" de son précédant travail semble désormais éclipsée et paraît remplacée par des intonations futiles, hésitantes, caverneuses. Aucun moment ne relève le niveau. Pire, Darwin Deez creuse sa propre tombe en écrivant quelques horreurs comme Free (The Editorial Me), HUMAN, Good To Loose ou Moonlit. Les craintes sont désormais avérées : le chanteur n'est qu'un mirage dans un paysage musical foisonnant. 

L'auditeur peut bien faire tous les efforts d'imagination consentis, il se retrouve inévitablement devant un constat plus qu'implacable : le disque n'est qu'une succession de pistes indigestes, sans force, sans puissance et sans plaisir. Songs For Imaginative People est à ranger dès à présent aux oubliettes. Et s'inscrit déjà comme l'un des plus beaux ratés de l'année.

dimanche 17 février 2013

Numéro 1 ITunes Indochine (3,5/5) : Toujours au sommet



Amour de jeunesse, passion adolescente, Indochine dans l'inconscient populaire, c'est un peu ce groupe qu'on a aimé, qu'on a adoré détester et qu'on idolâtre désormais. La formation légendaire est revenue de nulle part avec un Paradize assez prodigieux pour retomber dans des travers miséreux avec un République des Meteors complètement désastreux. Concept raté autour de la guerre accompagné de paroles caricaturales, sans intérêt, frôlant le ridicule, l'album semblait annoncer une fin imminente. Et si Sirkis et sa bande avait déjà tout dit, tout fait, tout vu ? Alors, lors de la sortie de Black City Parade, l'excitation a laissé place à l'appréhension. Un douzième opus ayant pour thème la ville, les grands espaces, l'urbain qui s'écoute heureusement comme un redoutable retour en grâce.

Musicalement, le disque est simplement excellent, parfaitement agencé, savamment orchestré et apporte une fraîcheur non négligeable dans une carrière foisonnante. Le son demeure plus massif, étayé par une production impeccable mettant en relief chaque instrument et chaque nuance. Au cours de ces quatorze titres, on pense souvent à Un Jour Dans Notre Vie mais dans une version beaucoup plus moderne, actuelle et électronique. Adieu le piano clair issu de Dancetaria, ici les machines apportent des gimmicks envolées et des nappes synthétiques subtiles, intrigantes et justement adossées à l'esthétique proposée. Berlin et la post new-wave semblent omniprésentes tant au niveau d'une rythmique froide mais lourde qu'au niveau de guitares rondes, entraînantes et moins crasseuses qu'à l'époque Alice & June. Black City Parade sonne comme une formidable oeuvre possédant de nouveau une imagination débordante : enfin le duo Sirkis/Olivier Gérard redevient intéressant bercé par des élans pop et des aspérités indé. Des chansons comme College Boy, Wuppertal, Nous Demain, Belfast ou le sublime Traffic Girl (en collaboration avec Lescop) paraissent taillées pour la scène, domaine où Indochine a toujours excellé. Et elles se suivent comme une succession de moments rares que l'on pensait oublié.

En ce qui concerne les textes, même si une amélioration est manifestement notable, Nicola Sirkis peine néanmoins à retrouver ses talents de parolier. Mieux construits, ils n'évitent pas toujours l'écueil de la répétition et de la facilité. On retrouve péniblement l'accumulation de rimes en "a", la multiplication de références sexuelles un peu lourdingues vues et revues et une construction syntaxique des plus alambiquée. Seulement, la voix si charismatique du leader historique ne déçoit pas : plus grave qu'à l'accoutumée et moins perdue dans des aiguës compliquées, elle convainc pleinement et retrouve des couleurs.

Finalement, après quelques sueurs froides, le vaisseau indochinois (re)tient son rang avec brio et justifie pleinement son statut de fer de lance du rock français. Au point même d'espérer de nombreux concerts parisiens.

Film de la semaine : Lincoln (4/5) !



Steven Spielberg, accessoirement roi d'Hollywood, présente un nouveau film a priori éloigné de ce qu'il est habitué à faire. Après les plutôt décevants Tintin et War Horse, il s'attèle à un sujet historique, plus sérieux et plus ambitieux : un biopic sur Lincoln, qui se concentre sur le vote du treizième amendement aux Etas-Unis (l'abolition de l'esclavage) et la fin de la guerre de Secession. A croire que la politique à le vent en poupe ces derniers temps dans le cinéma américain (Django Unchained et Zero Dark Thirty).

On a beau l'attendre au tournant, Spielberg sait se montrer efficace et surtout il ne tombe pas dans certaines facilités (le discours de Gettysburg ou la mort de Lincoln assez justement éludée). Le film commence par un combat dans la boue : les soldats ont de l'eau jusqu'aux genoux, et cela annonce d'emblée le projet de faire un film qui ne s'inscrit pas dans un classicisme hollywoodien de l'éloge. La politique, tout comme ces combats, n'est pas léchée et toutes les combines semblent bonnes pour arriver à ses fins. Lincoln est assurément un des présidents américains les plus appréciés. Alors qu'il est habituellement représenté comme un homme à la stature imposante, baigné dans une aura puissante, Daniel Day Lewis (incontestablement un de ses grands rôles) lui donne une voix fluette, fragile et en fait un président acculé par le poids du temps qui n'hésite pourtant pas à se mettre à genoux pour remettre du bois dans la cheminée.

Un des grands points forts dans la représentation de la stature lincolnienne est le mélange de l'Histoire avec les petites histoires. Si Lincoln est l'acteur principal de la grande Histoire en train de se dérouler, il est aussi le conteur des petites histoires, ainsi que de blagues (qui l'eut cru ?) apparemment inoffensives, qui peuvent parfois valoir comme métaphores. Et c'est ici que le personnage acquiert une certaine dimension qui le descend de son piédestal, chute qui est également due au désenchantement politique. Lincoln, si grand soit-il, est obligé de passer par des moyens viles et condamnables pour parvenir à ses fins, dévoilant ainsi le mensonge politique. 

En collaboration avec son directeur de la photographie, Spielberg nous en met plein la vue en ce qui concerne le travail des images, que ce soit sur le cadre et les lumières. En effet, dans la chambre de Lincoln, le président est sans cesse baigné d'un halo lumineux dès qu'il s'approche de la fenêtre : une lumière forte et diffuse à la fois qui permet de repenser à cette scène au début du film, lorsque le président raconte son rêve à sa femme en lui annonçant qu'il a le sentiment d'être sur un bateau (les Etats-Unis ?) naviguant sur la mer (l'Histoire ?) et qu'il voit au loin une lumière (le treizième amendement ?) vers laquelle il ne peut s'empêcher de se diriger. La faiblesse du film réside dans sa grande américanité : difficile de bien comprendre les enjeux en étant européen. Ainsi l'opposition entre républicains et démocrates n'est pas immédiatement assimilable par la comparaison française de « droite/gauche », même si l'on retrouve certains poins communs. Certains personnages semblent caricaturaux et certains traits paraissent forcés (voire artificiels) ce qui n'empêche pas au film de se tenir. Seulement on constate une des limites d'un cinéma hollywoodien parfois incapable de complexifié de nombreux aspects. 

En définitive, il s'agit tout simplement d'un (très) bon Spielberg qui relance le réalisateur dans une veine où il a encore des choses à dire, à défaut d'avoir des choses à prouver. Le thème de la famille, si cher au réalisateur, passe au second plan, bien qu'il permette de mieux rendre l'émotion en évitant l'abondance de pathos.

samedi 16 février 2013

Notons la Télé (NTL) : The Voice (2/5)



C'est quasiment un phénomène de société. En seulement une saison, The Voice s'est imposé comme l'un des rendez-vous incontournables de l'année. Les deux premiers épisodes ont réunis 9,3 et 8,8 millions de téléspectateurs. Des chiffres exceptionnels, proches des 40% de part de marché qui offrent un souffle nouveau à TF1 en lui permettant, accessoirement, d'écraser la (faible) concurrence proposée par France Télévisions et M6. Pourtant le programme n'est qu'un simple télé-crochet dans lequel l'innovation et la créativité ne sautent pas directement aux yeux.

D'une part le choix du jury - et l'adhésion qu'il emporte - paraît curieux. Autour de Nikos Aliagas, excellent dans son rôle de maître de cérémonie, se trouve quatre chanteurs professionnels d'horizons et de styles différents : Jennifer, Florent Pagny, Garou et Louis Bertignac. Certes, ces vocalistes n'ont plus rien à prouver et il est toujours fort agréable de voir un concurrent être juger par un homme ou une femme connaissant les rouages du métier. Mais quelle mollesse dans les interventions ! Pas vraiment jury, pas vraiment coach, faussement amical, les conseils ou les - timides - attaques sentent littéralement le préparé, le mielleux et parfois même le condescendant. 

C'est d'ailleurs le reproche principal que l'on peut faire à l'émission : tout demeure calculé, orchestré. Rien n'est vraisemblable et toute la partie mettant en lumière le casting - ou le recrutement, c'est selon - ne se voit que comme un vaste écran de fumée. Le recours à l'enregistrement accentue ce point : la production sait qui elle souhaite recruter et chaque juré connait ses principales cibles. On perd logiquement ce sentiment tenace lors des directs où le choix du public reste souverain comme le prouve la victoire surprise de Stephan Rizon l'année dernière. 

Les candidats parlons-en tiens ! Le jury ne les voit peut-être pas mais nous on les entend. Et pas qu'un peu. C'est largement la fête à la puissance. Les gorges sont déployées et les décibels flottent dans un univers insupportable. On ne cherche décidément pas la plus belle voix mais la plus forte. Aucune nuance, aucune émotion, aucun charisme : ça crie, ça hurle et c'est généralement désagréable notamment lors des fameuses "Battle". A côté de La Nouvelle Star, le programme fait vraiment pâle figure. D'autant plus que les arrangements des morceaux frôlent très souvent le ridicule. 

Finalement, le succès de The Voice s'explique peut-être par les moyens impressionnants mis en œuvre par TF1. Les scénarios sont bien ficelés et il est difficile de se détacher d'un épisode. Pourtant, l'émission n'est pas la révolution annoncée. Trop de défauts gâchent le plaisir et les candidats ne sont véritablement pas à la hauteur de l'événement. Le présent le montre : les vainqueurs internationaux du télé-crochet peinent à se faire un nom. Le spectacle plutôt que le talent : The Voice et TF1 étaient fait pour se rencontrer.

Les dix meilleures chansons des Killers



Il y a presque un an, personne n'aurait misé un centime sur un retour en fanfare de ces américains venus de Las Vegas. Chaque membre voguait - plus ou moins bien - en solo et les rumeurs de séparation devenaient persistantes voir attendues. Même l'annonce déroutante d'un nouvel album intitulé Battle Born n'apportait pas un élan d'enthousiasme. En effet, plusieurs fans avaient été déçu par un Day & Age très en rupture et en expérimentations surprenantes. Et pourtant, ce quatrième disque studio s'impose comme une franche réussite. Un son massif, une voix gigantesque, une rythmique dévastatrice et une créativité manifeste permettent aux Killers de retrouver une place de choix dans le paysage musical mondial. Leur concert - presque complet - au Zénith de Paris, le 12 mars, sera la dernière étape de ce renouveau magnifique. On fait confiance à Brandon Flowers et à sa troupe pour proposer les meilleurs moments d'une carrière riche en tubes. Retour sur dix morceaux extrêmement marquants et fédérateurs :

10 - Flesh & Bones (Battle Born)
9 - Runaways (Battle Born)
8 - This River Is Wild (Sam's Town)
7 - Jenny Was A Friend Of Mine (Hot Fuss)
6 - When You Were Young (Sam's Town)
5 - Spacemen (Day & Age)
4 - Bling (Confessions Of A King) (Sam's Town)
3 - Mr Brightside (Hot Fuss)
2 - All These Things That I've Done (Hot Fuss)
1 - Read My Mind (Sam's Town)

Bonus : Tidal Wave (Day & Age Bonus Track)

Dernièrement, Flowers a annoncé la sortie prochaine d'un second album solo. Retour des tensions ? L'avenir nous le dira. Avant, le public profitera de ce concert du 12 mars qui devrait être impressionnant. THIS sera présent et vous fera part de ses impressions. A suivre donc !

vendredi 15 février 2013

Foals (3,5/5) : Le talent toujours présent



En seulement six ans, Foals s'est imposé comme une référence majeur dans le paysage musical. Avec tout d'abord un excellent premier album intitulé Antidotes qui faisait, à l'époque, figure de véritable ovni. Le style math-rock des compositions et la folie déployée en concert permettaient au groupe de se faire connaître et d'investir les plus grandes salles et les plus grands festivals européens. Avec leur second opus, Total Live Forever, la fibre créatrice gagnait en maturité et en profondeur tout en délivrant quelques moments de pure perfection. Entre accalmie et puissance, ce son venu d'Oxford détenait la force des formations les plus novatrices. 

Passé l'effet de surprise, les cinq membres sont désormais attendus au tournant. En France comme ailleurs. Généralement, le troisième album s'écoute comme une voie vers le futur et indique les prémices d'un changement. Dans cette optique, Holy Fire déçoit un peu. L'esthétique redondante, électronique et mécanique ne surprend plus vraiment. D'autant plus que pour masquer ces répétitions maladroites, les musiciens jouent sur des saturations assez malvenues. Le single Inhaler en est le parfait exemple : plus dur, plus massif, il perd en saveur et en impact. De pistes en pistes, Foals abuse de ce procédé (Everytime, Providence ...) si bien qu'aux première écoutes, la qualité des mélodies ne sautent pas directement aux yeux. Et pourtant, (presque) encore une fois, Yannis Philippakis et sa bande parviennent à nous convaincre. Notamment sur un enchaînement, beaucoup plus aérien, Out Of The Woods/Milk & Black Spiders où tout le talent manifeste du groupe explose littéralement. Grâce également à une rythmique toujours aussi décapante. Ce besoin d'attiser une attente décuplée face à plusieurs envolées hautement jouissives est décidément une marque de fabrique chez eux. Ils distillent ainsi, de manière sporadique, des petits instants à la fois subjuguants et profondément exceptionnels. 

Le désir de transformation est en gestation constante dans ce disque. En attendant une nouvelle révolution, Foals délivre aisément quelques titres côtoyant le génie mais aussi la facilité. A l'usure, Holy Fire se révèle être une oeuvre finalement intéressante et bien au-dessus de la moyenne. A la faveur d'une aura grandissante, les petits prodiges anglais bouclent un triptyque de grande qualité. Il ne faudrait pas néanmoins qu'ils se reposent sur des compétences évidentes mais désormais trop explorées.

mercredi 13 février 2013

Focus : L'avenir de La Femme



La France manque de talent ? Elle possède pourtant un groupe assez incroyable. La Femme, c'est un peu le nouveau phénomène de la scène musicale : contemplatif, foisonnant, immense et très visuel. Déjà sur leur précédant EP, les différents membres avaient explorés les alentours d'une pop survitaminée, piochant aussi bien dans la culture populaire que dans des références discrètes et parfaitement utilisées. Une chanson comme Télégraphe portée par l'histoire qu'elle raconte en est le parfait prototype : un rythme extrêmement new-wave, des voix presque incandescentes faussement en retrait et des mélodies empruntées aux eighties et arrangées à la sauce moderne. 

Difficile d'accès puis franchement exaltants, les titres du groupe possèdent cette profondeur propre aux plus grands stratèges. Et après des tonnes de concerts - dont un au Festival des Inrocks - et une virée prometteuse aux Etats-Unis, la formation revient en ce début d'année 2013, toujours sous le même format, mais en poussant encore un peu plus loin l'expérimentation. Si les morceaux paraissent mieux produits, mieux maîtrisés et encore plus intelligents, c'est dans leur esthétique que la transformation est la plus frappante. Pour promouvoir la sortie de ce mini-album, La Femme propose à son public un véritable court-métrage rappelant les heures les plus kitsch du cinéma d'horreur. Avec courage, folie et réussite. De plus, musicalement l'enchaînement La Femme/Hypsoline est intéressant, peut-être encore plus mélodieux que les précédentes compositions. Et annonce, un prochain opus des plus savoureux. 

Avec une telle imagination, nos petits français sont l'une des nombreuses surprises à suivre de très près. S'ils ne s'égarent pas et parviennent à obtenir une plus grande exposition - leur signature chez Barclay devrait les aider -, ils pourraient même devenir un des groupes majeurs dans les prochaines années. On retourne sur la planche (ou dans le sable) avec eux quand ils le désirent. Sans s'arrêter de danser ou de frétiller devant un travail si minutieux.

lundi 11 février 2013

My Bloody Valentine (2/5) : Un regrettable retour



1991. Le style shoegaze vient de trouver son pionnier et arbore ses plus belles lettres de noblesse. Avec Loveless, My Bloody Valentine vient de toucher au but. Unanimement salué, l'album s'impose un succès incroyable, l'une des pièces maîtresses de l'histoire musicale. Même sans en être fan, le travail du groupe est absolument dantesque, sidérant mais surtout novateur. Après un tel engouement, la formation semble partie vers les sommets. Une signature chez une major, une entrée en studio, une impatience perceptible et sans explication une complète disparition. Le leader Kevin Shields ne donne plus aucune nouvelle et les aficionados se préparent à une longue attente.

Pourtant, en ce début 2013, après de nombreuses rumeurs, une suite est (enfin) annoncée. Il aura fallu 10 ans à Shields pour se remettre au boulot. Disponible sur internet, le disque se nomme sobrement MBV. Et s'inscrit comme l'une des plus grosses déceptions de l'année. Au fil des écoutes, il faut reconnaître que les sentiments prédominants changent régulièrement : d'abord porté par l'excitation, les mélodies indé parviennent à convaincre un auditeur comblé notamment avec un New You appliqué et exaltant. Malheureusement, l'opus ne tient pas du tout la cadence. L'ensemble des morceaux s'imbrique dans un tourbillon assez brouillon de sons mollassons, un peu cliché et sans la touche d'inventivité propre à My Bloody Valentine. L'enchaînement Only Tomorrow/Who Sees You s'entend par exemple comme un épuisant voyage dans l'esthétique des années 90. Sans le charme, sans la fougue et sans le talent d'autrefois. Clairement, les titres de MBV sonnent plus comme des faces B de Loveless que comme de réelles compositions. 

En une décennie, le groupe est devenu absolument culte et l'aspect précurseur de leur oeuvre a forgé la culture musicale de bons nombres de musiciens. Au détour de ces neuf chansons, rien ne transparait à part un sentiment tenace et amer de profond désenchantement. On pensait (re)vivre une formidable révolution et on se retrouve face à une simple maquette rigoureusement bâclée et affreusement nébuleuse à la fois dans les voix mais aussi dans la production. 

Lorsqu'un mythe forge sa légende, un retour n'est jamais bon signe. Mais avec seulement deux albums publiés par le passé, l'imagination et la créativité pouvaient être au rendez-vous. Sans souffle et sans intérêt, MBV retourne alors d'où il vient. Dans un oubli plein d'amertumes et de regrets.

samedi 9 février 2013

Numéro 1 ITunes La Fouine (1,5/5) : Les abysses du succès




Ces derniers temps, l'actualité du rap français, c'est un clash un peu organisé entre trois des ténors des ventes de disques. La guerre semble déclarée entre Booba, Rohff et La Fouine. Un triptyque insultant fait de vidéos postées sur Youtube, de réponses, de contre-réponses, d'attaques en tous genres, de casiers judiciaires dévoilés et d'agressions à balles (vraiment ?) réelles qui déchaînent la toile et les fans de chaque artiste. Joli coup de pub - involontaire ou non - pour la sortie d'un album qui se classe directement à la première place du classement ITunes.

Décidément, La Fouine et le reste savent orchestrés les joutes les plus vendeuses mais aussi les plus ridicules. En jetant un coup d'oeil sur des chansons souvent écrites en cinq minutes, le niveau des uns et des autres est tellement bas que l'auditeur lambda en reste pantois, perdu devant ses querelles de cour de récréation visuellement dangereuses. 

A part ça, le rappeur revient après deux ans d'absence avec un nouvel opus intitulé Drôle de Parcours. En effet, le natif de Trappes met en scène sa vie, ses aléas, son passage de la délinquance à la musique. Premièrement, et c'est un fait, l'album en fond sonore demeure agréable. Au contraire d'autres oeuvres du même type, il paraît mieux orchestré, plus en nuances entre les morceaux calmes et les morceaux hardcore. Les parties de piano étonnent et La Fouine n'hésite pas à délaisser quelques fois le rap pour une voix claire (ou auto-tunée) pas si inintéressante (Fatima, Essaie Encore). Il n'est pas rare d'éprouver certains plaisirs devant une rythmique un peu plus étudiée et un sens de la mélodie plus poussé. Malheureusement, ces éléments ne dépassent pas le stade de la surprise. Dès que l'on tend l'oreille un peu plus sérieusement, l'ensemble s'étiole de manière évidente. A une vitesse hallucinante. La production manque véritablement de cohérence, certains titres sont sans profondeur (Redbull & Vodka, Donne-Moi, Ma Meilleure ...), et le tout est porté, encore une fois, par des textes affreusement paranoïaques et dénués d'intérêt. Très premier degré, sans l'humour de ses concurrents, le rappeur assène des lyrics sans construction, partant dans un sens ou d'un autre et proposant une esthétique un peu dérangeante. 

Mais le problème majeur réside dans la longueur du disque. Sans les bonus, Drôle de Parcours dure environ 1 heure 10. Et ceci n'est pas une caractéristique propre à La Fouine. Ce manque de concision tire irrémédiablement le rap français vers le bas. A toujours vouloir en faire plus, à montrer que l'on est meilleur que l'autre, le résultat est totalement inverse. Harassant, ennuyeux et épuisant, l'oeuvre n'accorde que de la souffrance à celui qui l'écoute.

Avec autant de défauts, l'album s'échoue dans sa volonté de convaincre. Ce qui ne l'empêchera pas de connaître un succès populaire. Encore une fois.

Les dix meilleures chansons de Depeche Mode !



Depeche Mode fait parti de ces groupes absolument mythiques réunissant aussi bien les spécialistes les plus pointus et le public le plus large. En plus de trente ans de métier, la formation a presque tout connu : les premiers succès pop-new wave, les expérimentations sombres, les querelles internes et même la mort clinique de son chanteur hautement charismatique Dave Gahan pendant quelques minutes. Heureusement, revenu de nulle part, le trio (Gahan mais aussi le célèbre compositeur Martin L. Gore et Andrew Fletcher) parvient à maintenir un niveau exceptionnel en studio et sur scène. Leur dernière tournée fut à ce titre assez fantastique, extrêmement visuelle et profondément puissante. La carrière des anglais est semée de tubes gigantesques comme le prouve ce classement réunissant leur dix meilleures chansons :

10 - Home (Ultra)
9 - Policy Of Truth (Violator)
8 - Wrong (Sounds Of The Universe)
7 - It's No Good (Ultra)
6 - Precious (Playing The Angel)
5 - Dream On (Exciter)
4 - World In My Eyes (Violator)
3 - A Question Of Time (Black Celebration)
2 - Enjoy The Silence (Violator)
1 - Walking In My Shoes (Songs Of Faith And Devotion)

En ce début d'année, un nouveau clip intitulé Heaven a fait son apparition. Calme, presque lunaire, le groupe joue sur les ambiances et met en avant la voix de son leader. On était objectivement plus emballé par le titre In The Studio publié fin 2012. La sortie de Delta Machine devrait être néanmoins un événement majeur dans les prochains mois. Sorti le 26 mars 2013 !

jeudi 7 février 2013

Local Natives (2,5/5) : La pop monotone



Gorilla Minor avait fait l'effet d'une bombe. Les membres de Local Natives parvenaient à réinventer une pop maintes fois explorées en l'imbriquant dans un lyrisme harmonieux et enrobé. Du moins, c'est ce que la presse internationale proclamait à longueur de pages. Dans les faits, la féérie est toute autre. Les ambiances demeuraient un peu mollassonnes et les voix étudiées ne provoquaient qu'à de très rares occasions une émotion pourtant nécessaire. Le groupe ne semblait marcher que dans les pas d'une autre formation idéalisée à savoir Grizzly Bear.

Avec Hummingbird, malgré une volonté réelle et manifeste de réorchestration, le constat reste affreusement le même. Tout est beau, angélique, propre, agréable. Mais quel manque de profondeur, d'audace, de véritable prises de risques ! L'album ne dure que 45 minutes, mais il en parait le double tant le rythme est linéaire, monotone, tellement centré sur l'esthétique qu'il en perd le fil de la cohérence. Musicalement, il n'y a pourtant pas grand chose à dire : les mélodies sont plutôt bien trouvées et les arrangements assez bons mais cela reste beaucoup trop en surface. L'exploration, la recherche, l'inventivité paraissent être absent du vocabulaire de nos quatre américains. Seul Three Months apporte un souffle nouveau, plus obscur à un travail qui traîne horriblement en longueur. A côté de cela, le disque n'offre qu'une grande et magnifique répétition d'envolées un peu maladive. A trop vouloir toucher les étoiles, Local Natives abandonne son auditeur dans des méandres un peu nauséeux et fortement ennuyeux. Qui plus est, quand les voix accentuent un scénario qui ne cesse de décevoir. 

L'effet de surprise est désormais passé. Hummingbird s'inscrit (déjà) comme un album du passé. Rien de nouveau, une recette édulcorée, des passages mignons - pour ne pas dire barbants - et le tour est joué. Taylor Rice et sa bande, sauveurs de la pop ? Par pitié, non merci !

mercredi 6 février 2013

Film de la semaine, Zero Dark Thirty !



Kathryn Bigelow revient sur le thème de la guerre des Etats-Unis menée au Moyen-Orient après l'avoir déjà en partie traité dans Démineurs en 2008. Cette fois-ci, l'histoire ne se situe pas en Irak mais en Afghanistan et le sujet n'est autre que la traque du célèbre terroriste Oussama Ben Laden. Sujet politique s'il en est.

Le parti pris est tout à fait affirmé en accordant son rôle principale à une femme, en l’occurrence l'excellente Jessica Chastain. Elle est l'instigatrice des missions et toute l'opération (ainsi que le film) repose sur ses épaules. C'est à se demander comment une femme de bureau plus que de terrain parvient à élaborer une stratégie efficace pour capturer l'homme le plus recherché du monde. Le film se développe en spirale à travers la répétition des mêmes manœuvres : il s'agit toujours d'une certaine traque malgré les quelques variations. La réalisatrice nous épargne tout de même un bon nombre de journées infructueuses (l'ellipse narrative saute allègrement plusieurs mois). Ce qui semble être grossièrement sous entendu ici, c'est la longueur de cette recherche ; pour ne pas sombrer dans un film d'action trop masculin, ou viril, Bigelow n'hésite pas à allonger son récit, peut-être dans une optique de réalisme et ainsi noyé l'action dans l'administration et la tactique. D'ailleurs cet aspect réaliste sombre rapidement dans l'indigeste. Que ce soit par l'effet caméra portée ou par les personnages somme toute assez caricaturaux (les militaires ne brillent jamais par leur intelligence ou leur ruse : ils ne sont jamais qu'armes et muscles) le réalisme ne convainc jamais : il pèche soit par abondance soit par défaut. Comparé au plutôt réussi Démineurs, l’esthétique est moins forte : dans son précédent film la caméra portée permettait d'être au plus près du danger et du suspens en accompagnent les démineurs. Ici aucune tension de ce genre, et même un arrière goût de reportage télévisuelle à certains moments.

La séquence la plus réussie parce que la plus inventive est l’introduction. Tout simplement une image noire et comme fond sonore des appels désespérés des victimes du 11 septembre : une charge émotionnelle forte et sans image. L'économie picturale permet au pathos d'accéder à une certaine ampleur. Un incipit intense que le reste du film ne parvient pas à prolonger. Le plus grand drame étant pour Dan (Jason Clarke), associé militaire de Maya, la libération des singes qu'il gardait en captivité et qu'il chérissait comme un refuge. Ici se décline un certain paradoxe que Bigelow prend soin de poser : les militaires américains n'éprouvent aucun scrupules lors de la torture d'arabes (violente et toujours ostensible) mais ils ne sont pourtant pas dénués de sentiments. Bigelow pense appuyer où ça fait mal en dénonçant un secret de Polichinelle : la guerre fait commettre des actes horribles et répréhensibles. La seule critique qu'elle semble avoir trouver à faire aux américains (gouvernement comme armée) porte sur leur méthode, ce qui est bien mince compte tenu des nombreux débats qui ont eu pour sujet ces attentats du 11 septembre et l'intervention violente des Etats-Unis au proche Orient. Autrement dit, le discours du film n'est pas si dérangeant qu'il semblait pouvoir l'être au premier abord puisque rien n'y est vraiment révélé. Présenté comme un film historique, politique voire parfois subversif l’œuvre déçoit forcément car elle ne respecte aucun de ces engagements. Il subsiste toutefois une formule hollywoodienne qui fonctionne et malgré les 2h30, l'ennui ne pointe que rarement le bout de son nez. 

Un film servit par une actrice qu'on a connu en meilleure forme mais qui parvient à tenir son rôle (pourtant fragile) sans faux pas. En revanche le sujet est loin d'être épuisé et une œuvre plus conséquente serait la bienvenue pour l'exploiter.

mardi 5 février 2013

Concert : Pete Doherty, le mythe effondré



Il y a toujours un doute. Avant de voir Pete Doherty en concert, c'est avant tout l'inquiétude qui prédomine. Est-ce qu'il viendra ? Si oui, dans quel état ? Sera-t-il dans un bon ou dans un mauvais jour ? Au regard de ses dernières performances, l'heure n'est plus à l'optimisme : cet été à la Fête de l'Huma, l'ancien prodige n'avait tenu que neuf petites chansons devant une audience assez médusée. Alors hier, avant de pénétrer dans la salle de la Maroquinerie à Paris pour le premier des deux concerts exceptionnels programmés sur la capitale, on préfère repenser à ses années fastes lorsqu'il tenait, déjà sur un fil, une foule en adoration fascinée par tant de talent et de charisme. Pour se rassurer tout d'abord. Pour ne pas trop le détester ensuite.

En guise de - très - longue introduction, Doherty a invité trois groupes aussi lamentables qu'inutiles. Que ce soit en set acoustique, perdues dans une folk poussiéreuse ou dans un glam-rock inaudible, toutes ces formations proposent le même ennui et englobent la scène d'un sentiment bizarre. Il règne en effet le parfum des soirées médiocres et ratées. Devant tant de médiocrité, l'attente est paradoxalement à son paroxysme. L'ex-Libertines joue sur nos nerfs et ne débarque que vers 22h20 dans un smoking noir affublé de son désormais célèbre chapeau. Un pas dans l'assistance et les craintes prennent malheureusement forme : le dandy est dans un jour sombre, largement alcoolisé, plus proche de tomber que de tenir debout. Les premiers accords joués sur une guitare de plus en plus désaccordée sont exécutés avec maladresse et hésitation. Le compositeur massacre ses mélodies dans une tristesse abyssale. Seul sur scène, Pete Doherty provoque un malaise phénoménale accompagnant ses gestes d'une mélancolie rare, déprimante, profondément dérangeante. Il n'est à ce stade qu'une bête de foire portée par un public un peu voyeur, révoltant et parfois aussi saoul que lui. Pourtant dans ce marasme, les fans restent jusqu'à la fin guettant une improbable éclaircie. Elle vient parfois dans un élan indescriptible : le début de Beg Steal and Borrow, les premières notes de Music When The Lights Go Out ou l'arrivée inattendue d'un Back From The Dead symbole d'un artiste en totale perdition. 1h10, puis le départ. Un simple salut, un moment de doute - encore - et les lumières se rallument. Il n'y aura pas de rappel. On en est presque rassuré. 

Finalement, au cours de sa carrière, le mythe a toujours plus ou moins vacillé. Mais il se rattrapait toujours en invoquant un génie manifeste et un magnétisme exaltant. Aujourd'hui il ne reste plus rien. Ou tout ce qu'on redoutait : un effondrement attendu d'une merveille de la pop anglaise. En attendant l'oubli définitif d'un magnifique affranchi.

samedi 2 février 2013

Les dix meilleures chansons des Strokes !

 
 
Tous les samedis, THIS vous proposera le classement des dix meilleures chansons d'un groupe ou d'un artiste faisant l'actualité. On commence avec les Strokes dont le dernier titre One Way Trigger a fortement divisé les internautes. Parodié, adulé ou rejeté, le morceau déchaîne les passions. Notamment dans la (nouvelle) voix haut-perchée de Julian Casablancas qui est semble-t-il revenu aux commandes de la formation. En effet, les synthés ressemblent étrangement aux expérimentations de sa fabuleuse escapade solitaire, Phrazes For The Young. Le nouvel album Comedown Machine sortira le 26 mars et vous pouvez découvrir la pochette - officielle ? - en illustration. De telles critiques rappellent la sortie du deuxième opus Room On Fire. Sont-elles justifiées ou non ? Seul l'avenir nous le dire mais il est actuellement de bon ton de taper sur les américains après la sortie chaotique mais talentueuse de Angles en 2011. Et pourtant la carrière des cinq new-yorkais est semée de tubes gigantesques et de chansons révolutionnaires. Découvrez alors la sélection des dix plus grands titres de leur carrière :

10 - I Can't Win (Room On Fire)
9 - Take It or Leave It (Is This It)
8 - Taken For A Fool (Angles)
7 - Reptilia (Room On Fire)
6 - Last Nite (Is This It)
5 - Red Light (First Impressions Of Earth)
4 - New-York City Cops (Is This It)
3 - You Only Live Once (First Impressions Of Earth)
2 - Automatic Stop (Room On Fire)
1 - Hard To Explain (Is This It)

Et pour conclure sur ce groupe mythique, une tournée internationale devrait être annoncé très prochainement. Casablancas & Co ont l'habitude de se produire au Zénith de Paris en France. Mais mon intuition me dit qu'une salle plus historique ne serait pas à exclure. A suivre !

Villagers (1,5/5) : La (nouvelle) tentative ratée de O'Brien



Sous ce nom d'emprunt se cache une véritable tête pensante dans la plus grande tradition des auteurs britanniques. L'irlandais Conor J. O'Brien s'inscrit comme valeur montante dans la sphère musicale anglo-saxonne. Magnifique prophète en son pays, le compositeur peine cependant à traverser les mers et à étendre sa folk-pop vers d'autres contrées. Entraperçu au Festival des Inrocks en 2010, le petit prodige n'avait pas franchement convaincu tant la monotonie gagnait chaque minute d'une prestation maîtrisée mais sans saveur. A l'image d'un premier album décevant, redondant, lisse intitulé Becoming A Jackal. 

Trois années se sont écoulées depuis. Mais malheureusement le style reste pompeusement le même. Avec Awayland, le chanteur tente un voyage initiatique fait de nouveaux sons et de nouvelles expérimentations. Pari raté tant l'esthétique demeure semblable. Le disque sombre une fois de plus dans une vague escapade barbante sans idée et sans véritable originalité. L'ensemble semble incontestablement cohérent, étudié, ciselé, subtilement produit mais aussi fatalement vain. Les rythmes mid-tempo n'aident pas à faire décoller une oeuvre caractérisée par de nombreux passages monocordes et vaporeux. Pire, le manque d'imagination transparaît sur quelques titres comme l'horrible boucle acoustique Earthly Pleasure ou l'affreux tournoiement offert par Passing A Message. Pourtant, dans tout ce marasme, l'auditeur distingue de temps à autre quelques agréables chansonnettes permettant de comprendre l'attrait pour un artiste au charisme assez mystérieux. On prête alors une oreille plus accueillante pour un Nothing Arrived plus envolé et profond ou un Grateful Song plus sombre et en rupture. 

Awayland ne répond visiblement pas à toutes nos interrogations. Souffreteux et un peu paresseux, il échoue aux portes de nos frontières. Et pose la question des soi-disant dons de son répétitif leader.