L'aventure drolatique
Après la Thaïlande, le Panama, le Vanuatu ou encore la Nouvelle-Calédonie, place à la Malaisie pour cette douzième édition (hors Retour des héros) de l'un des programmes les plus appréciés sur la première chaîne, Koh Lanta. Et comme on ne change pas une recette qui marche et qui rapporte, on retrouve tous les ingrédients des précédentes versions. Le téléspectateur avait eu le droit à des noms d'équipes aussi ridicules et savoureux que les Korok, Guntao ou les Jacaré : cette fois-ci les candidats toujours jaunes et rouges, sont respectivement les Sungaï et les Mawar. Evidemment le fidèle Denis Brogniart est toujours aux commandes et le but est bien sûr d'être l'ultime survivant d'une compétition entre défis sportifs, survie sur une "plage de sable fin", stratégie machiavélique et trahison théâtrale. A partir de ce simple rappel des règles, il y a deux sortes de façon de regarder cette télé-réalité : être fasciner par l'aventure ou être avide de franches rigolades autour de candidats mythiques.
En effet, le succès de l'émission repose sur son casting souvent excellent. Au fur et à mesure des années, les participants ont connu une évolution. D'abord simple personne désirant participer à une aventure un peu extrême - n'oublions pas que Fear Factor connaissait à l'époque un certain succès - le profil a bifurqué vers trois axes majeurs : le dépassement de soi, la reconnaissance (ou la fierté) des proches, la vie d'aventurier (ou de "Robinson" comme dirait Denis). Ainsi, depuis la première saison en 2001, bon nombre de figures marquantes ont émaillé les différents épisodes. Qui ne se souvient pas de Nicolas dans Koh Lanta 2, le stratège infâme capable des coups les plus pernicieux ? De Moundir, de Momo, de Patrick et de son célèbre slip de bain ou de Véronique (Koh Lanta 7), la seule participante qui ne savait pas nager ? L'année dernière le félin Gégé avait connu un succès fulgurant. Et le moins que l'on puisse dire c'est que cette année TF1 a fait très fort : entre Philippe et son jardin réservé à ses trouvailles "koh-lantesque", Sara et ses pompes, ses muscles, son côté "Rambo", Anthony, le plombier marseillais et Marie, la belge dictatoriale, on peut affirmer que le public est gâté.
Après un Retour des Héros décevant, la production se devait de redresser la barre pour satisfaire ses deux types de téléspectateurs. Finalement, tout le monde est content, les amoureux de l'aventure comme les plus ironiques. Cependant, le programme est véritablement - et encore plus cette année - sauvé par ses concurrents. Pour les amateurs, le format souffre d'une redondance poussée à un paroxysme parfois fatiguant. Dans le montage, dans la musique d'ambiance, parfois même dans les résumés, tout semble annoncé et formaté à l'extrême. Et cela gâche sensiblement le plaisir. Le travail sur la production parait alors un peu feignant même si l'ensemble demeure farouchement efficace.
En définitive, Koh Lanta a encore de beaux jours devant lui. Furieusement comique pour ceux qui le désirent, émouvant pour les autres, le concept se porte très bien. Lors du dernier épisode, les bons sentiments ont (déjà) volé en éclats et cela promet quelques épisode des plus excitants. Dommage que les clichés, nécessaires, ternissent un tableau et une scène des plus drôles.

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