samedi 3 novembre 2012

Pitchfork Music Festival - Jour 2



Deuxième journée pour le Pitchfork Festival qui s'annonce au moins autant passionnante que la première. 

Les premiers à entrer en scène sont Outfit. Armés de leur pop reposante, les cinq musiciens effectuent quelques jolis moment devant une assistance encore clairsemée. Manquant peut-être d'intensité, les accords s'évaporent au fil des minutes, sans que le public ne parviennent à s'enthousiasmer pour un titre en particulier. 
A revoir dans d'autres conditions. Changement de décor avec le rap survitaminé de RATKING. Pas dans le rythme et franchement lassant, le groupe laisse une bonne partie de l'audience de côté. Impossible de savourer un show aussi peu entraînant, simplement raté. 


On se console avec l'anglaise Jessie Ware, fortement attendue par les festivaliers. La néo-diva, impressionnée puis de bonne humeur, délivre ses compositions avec le talent et la grâce qu'on lui connait. Sa voix est magnifique et l'orchestration assurée : le défi semble relevé. L'artiste est désormais lancée vers la voie du succès, en témoigne l'émotion dégagé par un Wildest Moments d'une subtilité fabuleuse. A peine le temps de se remettre que Wild Nothing entame les premières mesures de Shadow. Résultat, encore une prestation de grande qualité bien aidée par un sens mélodique poussé à son paroxysme. Paradoxalement puissant et doux, les chansons s'enchaînent avec un brio étonnant qui laisse admiratif. Le groupe conclue avec Paradise, sûrement l'un de leurs meilleurs morceaux. 



Difficile de passer après deux tels concerts et The Tallest Man On Earth en est témoin : sa folk amoureuse se perd dans l'immensité de la Grande Halle. Comme un acte manqué. Même constat pour la pop particulière et un peu poussiéreuse des The Walkmen. Du look à l'écriture, la formation ne paraît pas à sa place et peine à fédérer autour d'elle. Tant pis. 



Il est désormais 21h30 et les Chromatics apparaissent enfin à travers les lumières bleutées. En 50 minutes, le quatuor effectue une démonstration renversante entre électro bombardée et lyrisme mélodique. Comparé à leur récent concert à la Gaité Lyrique à Paris, Johnny Jewel et sa bande semblent beaucoup mieux rodés et maîtrisent davantage (si c'est possible) leur sujet. Sans aucune hésitation, le set s'impose comme LA référence de ces deux jours. En témoigne des titres aussi jubilatoires que I Want Your Love, Kill For Love, Back From The Grave ou These Streets. Voir même l'exquise petite nouvelle Looking For Love jouée pour la toute première fois. 



D'un extrême à un autre, Chromatics laisse la place à Robyn. La chanteuse propose la performance la plus rassembleuse du festival. Tout le monde tape des mains et saute dans tous les sens. Tout le monde ? Pas vraiment. Robyn exalte autant qu'elle laisse pantois. Sauf pour Dancing On My Own évidemment. On passe sur le bruit affreux de Fuck Buttons pour se concentrer sur l'OVNI et tête d'affiche Animal Collective. Les new-yorkais effectue comme à leur habitude une production opaque, unique, curieuse. Dans le public, c'est l'enchantement ou la surprise. Mais force est de constater que le groupe développe un univers et une esthétique hautement singulière, recherchée et intéressante et l'imbrique dans une imagerie forcément louable.



Encore une grande journée à la Porte de Pantin. Le dernier jour s'annonce également grandiose!

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire