Actif depuis 1984, le trio Yo La Tengo emmené
par Georgia Hubley, Ira Kaplan et James McNew revient en ce début
d'année 2013 avec un treizième album studio. Au cours de leur carrière,
les membres du groupe ont exploré de nombreux styles passant de
l'indie-rock le plus basique à la noise pop tout en expérimentant une
dream-pop plutôt inspirée.
Avec Fade, la formation américaine semble vouloir compiler toutes ces influences dans une même oeuvre. Brillantes, les mélodies oscillent entre une folk sommaire et un rock vertigineux tout en révélant une magnifique - seconde - jeunesse qui conjugue les aspérités nouvelles de la pop moderne avec le savoir-faire si particulier des musiciens. Dès les premières notes, l'auditeur se retrouve emporté dans un travail de qualité où les harmonies se répondent avec brio, où les accords possèdent une force sublime et fédératrice. Les rythmes répétés de Ohm, l'envolée de cordes sur Is That Enough, la touche eighties de Paddle Forward, le calme de I'll Be Around, la mélancolie de The Point Of It et la virtuosité des cuivres sur Before We Run sont autant de moments magiques, profondément réussis et subtilement orchestrés.
Sans cesse, Yo La Tengo frôle le génie sans jamais l'atteindre complètement. Fade est un disque qui se découvre : un peu obscur tout d'abord, il se dévoile petit à petit tout en conservant une part de mystère et de confidentialité. Dans les voix notamment, souvent graves, presque susurrées. Enfin, l'esthétique venue de la Cote-Est de l'Amérique offre un environnement rassurant mais parfois un peu commun qui peut jouer sur le degré d'écoute.
Mais globalement, la bande propose un opus charmant, bien mené et intelligent. On comprend même leur influence sur une scène new-yorkaise foisonnante et reconnue (Adam Green en tête). 2013 s'ouvre sur un souffle nouveau. Et sonne comme une promesse.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire