mardi 15 janvier 2013

Solange (3,5/5) : Entre héritage et innovation



Après un début de carrière hésitant marqué par deux albums au succès curieux et quelques collaborations ancrées dans le cercle familial, la petite soeur de Beyoncé, Solange Knowles débarque en fin d'année dernière avec un son résolument différent. Désormais affranchie des contraintes liées à son nom, l'artiste propose un EP sous forme d'album ou de maxi qui se place à travers sept titres à la croisée des influences.
 
True s'inscrit comme un mélange ingénieux de volontés à la fois mainstream et indé. Accompagnée de Dev Hynes sur chaque piste (Lightspeed Champion), la belle-soeur de Jay-Z oscille sans cesse entre un kitsch assumé et inspiré et une pop certes édulcorée mais addictive voir intelligente - l'excellent tube Losing You symbolise à ce titre parfaitement cette alliance. Pour cela, elle ajoute à ses compositions plusieurs touches empruntées aux eighties : rythmiques froides, presque impersonnelles portées par une voix soul affolante et quelques synthés mélodieusement évaporés. L'enchaînement Looks Good With Trouble/Bad Girls est alors révélateur d'une réorientation positive dans la carrière de la chanteuse. Ainsi, l'album sonne sans cesse comme une renaissance artistique où Solange semble enfin avoir trouvé ce qui la caractérise réellement. En choisissant son camp et en faisant confiance à son imagination, elle choisit la difficulté, l'inattendu mais surtout la singularité. Il suffit d'écouter un titre aussi hallucinant que Some Things Never Seem to Fucking Work pour alors s'en convaincre. 

La (re)découverte de la compositrice demeure une véritable surprise qui allie la qualité et un lâcher-prise évident. Traîner avec Twin Shadow, Theophilus London ou Chairlift lui va plutôt bien. Sans tomber dans une posture caricaturale et en rupture, la petite Knowles accepte à la fois son héritage et ses aspirations. Pour notre plus grand plaisir.

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