2012 n'a pas encore livré toutes ses pépites. A
peine la nouvelle année arrivée que l'on se replonge déjà dans
l'ancienne. Avec un plaisir non dissimulé car le groupe retrouvé possède
le charme exquis des trésors rares, certes un peu confidentiel mais
surtout révélateur d'un talent subtil et rassurant. Hundred Waters à
l'aide d'un album éponyme déroutant propose une sorte de mélange
phénoménal entre un School Of Seven Bells
attachant et sorti des placards, un Four Tet tourné vers la pop et
principalement un Animal Collective qui aurait enfin mis une limite à
des expérimentations géniales.
En onze titres et presque trois quarts d'heure, la formation explore des contrées lointaines en les réarrangeant en plages lumineuses, inspirées et exaltantes. Hundred Waters détourne l'électro, la libère, la déstructure parfois, la manie avec un brio affolant, la rafistole à sa guise pour en produire une frénésie de sons assez singuliers sublimée par une voix incandescente et des choeurs harmonieux qui s'inscrivent parfaitement dans la démarche du groupe. Intelligente, la musique des cinq américains développe un univers un peu capiteux, déconcertant aux premiers abords mais qui dévoile sans arrêt aux fils des écoutes sa finesse, son raffinement et son adresse. Au rayon des moments marquants, plusieurs morceaux tirent avec grâce leur épingle du jeu notamment un Visitor très envolé, un Thistle frôlant des influences math-rock, un Caverns d'une émotion troublante de simplicité ou un Wonderboom tout en rythmique sauvage.
Néanmoins, la folle troupe exerce dans un style abstrait et en rupture pouvant à la longue être usant. A trop faire tenir des compositions recherchées sur un fil fragile et à deux doigts de se rompre, l'écriture des musiciens tombe occasionnellement dans un marasme sonore indigeste comme sur l'affreux et harassant And-Or.
Mais l'album des Hundred Waters est une franche et superbe réussite. Naviguant entre la pop la plus pure et l'électro la plus secrète, le groupe offre une oeuvre saisissante à l'intérêt manifeste. La prochaine fois, on essayera d'être à l'heure pour cette belle découverte.
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