Décidément les chaînes de la TNT sont de plus en plus ambitieuses. Et l'arrivée en octobre dernier du groupe Canal + dans ce nouveau paysage audiovisuel ne risque pas de changer la donne. Avec D8 et D17, la chaîne cryptée fait une entrée remarquée et réussie dans un environnement florissant. Mais son principal concurrent ne reste pas en retrait : NRJ 12 et ses Tellement Vrai ou Les Anges de la Réalité est encore leader chez les jeunes et les amateurs d'une télé un peu racoleuse et surtout enclin à satisfaire le voyeurisme - ou le second degré - des téléspectateurs.
Et cette "nouvelle guerre" s'exporte depuis quelques mois sur l'adaptation de deux célèbres émissions sévissant à l'époque sur TF1 et M6. Deux programmes musicaux qui ont déchaîné les passions à une certaine époque. Voir ainsi le retour de La Nouvelle Star sur D8 et de la Star Academy sur NRJ 12, c'est replonger le public dans une nostalgie pas si lointaine et le réhabituer à des formats qui ont connu un succès incroyablement populaire. La répartition est à ce titre plutôt logique : la Nouvelle Star a toujours eu une meilleure reconnaissance que sa concurrente et colle plus à l'image du groupe Canal. En effet, le caractère télé-crochet a toujours davantage plu aux spécialistes médias et culturels que la télé-réalité diffusée par TF1 et réarrangée par NRJ.
A ce titre, la désormais douzième chaîne a semble-t-il tenté une adaptation de la Star Academy en adéquation avec sa grille de programme. Il suffit alors de regarder le sommaire d'une quotidienne pour se rendre compte du décalage entre le concept de l'émission et la réalisation proposée. L'homme à tout faire Mathieu Delormeau n'annonce que des clashs, des amourettes et autres situations dénuées d'intérêt. La musique ? Quelle musique ? Il n'y en que très peu et cela même sur les primes. Les candidats chantent affreusement, les professeurs sont sans charisme et l'animation est plombée par la présence de Tonya Kinzinger, anciennement actrice dans Sous le Soleil. NRJ 12 se concentre uniquement sur la vie des élèves. Au point de devenir une simple télé-réalité dont le prétexte est la chanson. D'où sûrement son succès.
Chez D8, la Nouvelle Star a subi un très léger lifting. Du moins lors des premières émissions de casting. Dans le jury, on retrouve les habitués, André Manoukian et Sinclair, et deux nouveaux, Olivier Bas et Maurane. Et c'est là où le bas blesse. Lors des primes, les quatre membres sont incroyablement mous et d'une gentillesse parfois troublante. Rappelez-vous ce qui faisait le sel de cette émission : l'intransigeance de Manu Katché, le franc-parler de Marianne James ou le regard souvent juste de Dove Attia. Manifestement, la nouvelle formation n'est pas à la hauteur et distribue trop facilement les bons points. Pourtant, il faut le reconnaître que le niveau est très haut : ça chante plutôt juste et plutôt bien. Certains candidats possèdent même un peu de charisme. On avait plus vu autant de talent depuis la saison 5 et Julien Doré. Un mot enfin sur la présentation avec un Cyril Hanouna très sympathique mais visiblement pas à son aise. Si bien qu'on regrette la présence d'un atout charme aussi élégant qu'une Virginie Efira ou Virginie Guillhaume.
En définitive, les deux concours historiques de la télévision française ressemblent en réalité comme deux gouttes d'eau à leur diffuseur. Volontairement tendance et parisien pour D8, légèrement putassier et foncièrement jeune pour NRJ 12, avec une préférence majeure pour le premier. Mais une chose est quasiment sûre : aucun des candidats ne fera la carrière qui lui est promise. Demandez à Amandine Bourgeois ou autre Cyril Cinélu.

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