Adapté d'un roman de Victor Hugo, cette
histoire est celle de Gwynplaine (Marc-André Grondin), jeune homme au
sourire monstrueux, défiguré alors qu'il était enfant. Il sauve alors
une petite fille aveugle, Déa (Christa Theret), du froid, dont il tombe
amoureux, et se fait héberger par Ursus (Gérard Depardieu). Ce dernier
va finir par exploiter le côté disgracieux de Gwynplaine en écrivant un
spectacle de rue mettant en scène le jeune héros. Il sera remarqué par la Duchesse (Emanuelle Seigner) qui finira par le désirer.
Pour aller plus en détail, les acteurs ont beau se cacher derrière une mise en abyme, leur prestation reste très scolaire, voire artificielle. Des intonations toujours mal placées et un corps dont on ne sait pas quoi faire, tout est gênant dans ce spectacle. Seul Depardieu apporte un peu de vie, c'est-à-dire de Hugo, dans le morne panorama d'acteurs pourtant reconnus. Marc-André Grondin semble porter une charge trop lourde sur ses épaules et Christa Theret est souvent à côté.
Pourtant il y avait quelque chose d'intéressant à jouer avec le personnage de la fille aveugle, sous- exploité, non seulement dans la psychologie (un personnage qui ne voit ni le monstrueux, ni la magie) mais également dans les plans avec les jeux de regards. Gwynplaine porte un foulard autour de la bouche pour ne pas laisse apparaître ses cicatrices, du coup seul son regard est accessible. On note un effort cependant lors de quelques champ-contrechamps où les regards ne se répondent pas, dommage que ce soit si superficiel.
D'autant plus que les protagonistes (qui sont des figures chez Hugo) ne sont que des stéréotypes bien léchés, directement accessibles avant même qu'il aient ouvert la bouche, et la catégorisation manichéenne est sans invention (les gentils pauvres et les méchants riches). Toutefois, malgré la platitude des dialogues, on a de temps en temps des fulgurances, des petites maximes hugoliennes placées un peu au hasard qui visent à revivifier un discours tombant.
Qu'en est-il de la revendication burtonienne si ostensiblement exhiber sur l'affiche ? Une vague ressemblance avec Edward Scissorhands, et c'est tout. Même si la scène où Gwynplaine accède au château présente quelques traits humoristiques assez proches de l'univers de Burton, le soufflé retombe aussitôt dès que les dialogues commencent. Pas assez étrange et décalé pour être burtonien, et à la fois trop pour être tout à fait hugolien.
Le seul point gratifiant du film est sa qualité photographique, malheureusement contrariée par le jeu d'acteurs, les dialogues et le récit. L'esthétique est très réussie, avec de beaux contrastes et des jeux d'ombres précis, un petit côté hollywoodien qui manque bien souvent aux fictions françaises. Dommage de ne pas avoir réussi à marier cette exigence formelle avec un récit mieux construit.
Car au fond c'est aussi ça qui dérange, vouloir rendre hommage à Victor Hugo en une petite heure et demie, format de divertissement classique c'est aller au devant de grands soucis quant à la structure même de la narration, dépouillée de tout ce qui aurait pu rendre l'histoire originale. On attend la sortie des Misérables de Tom Hooper (A King's Speech) pour comparer avec ce que sont capables de faire les américains avec le même auteur - bien - français

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