Il fut un temps où l'émission de Laurent Ruquier arrivait à réunir les aficionados des débats télévisés, les adeptes du divertissement, les amoureux d'une formule maintes fois explorés par le présentateur et les spécialistes de l'actualité. Tout ce petit cercle de curieux s'agglutinait le samedi soir - jusqu'au dimanche matin - devant France 2 et son nouveau programme On n'est pas Couché, censé remplacer le non moins célèbre Tout le Monde en Parle du légendaire Thierry Ardisson. Le concept était clair, extrêmement bien rodé et diablement efficace : autour du sympathique et faussement candide maître de soirée, un duo de critiques voir de polémistes assénait sans gêne quelques saillies bien senties à quelques artistes ou politiques peu habitués à un tel traitement surtout sur une grande chaîne public.
Si la recette reste la même de nos jours, le programme a néanmoins perdu l'essentiel de son effervescence. Deux couples ont permis ce succès soudain et mérité : Eric Zemmour et Michel Polac dans un premier temps puis le même Zemmour et le petit nouveau Eric Naulleau par la suite. Avec de tels intellectuels l'émission était à son sommet et régalait ses téléspectateurs de formules dévastatrices, envolées, souvent pertinentes, parfois de mauvaise foi mais toujours comprises entre une forme d'intelligence et de spectacle. Avec Natacha Poloni et Aymeric Caron, le verbe demeure moins haut, la culture moins imposante, le parler plus balbutiant. Les clashs se font plus rare, les invités moins courroucés. On n'est pas Couché a perdu ce qui faisait sa marque de fabrique tout simplement.
Le seul moment fort de cette saison reste l'affrontement symbolique entre un Caron remonté et un Eric Naulleau venu ce jour-là présenter son livre. En quelques minutes, le constat est sans appel : le désormais présentateur de Ca Balance à Paris offre une leçon télévisuel à son remplaçant. Pourtant, ce dernier commence à trouver ses marques et semble plus apprécié qu'une Audrey Pulvar embourbée dans une vie sentimentale trop souvent exacerbée et reprochée. Toutefois, Poloni parait plus à l'aise et pose la plupart du temps les meilleures questions.
Mais le véritable problème réside dans la longueur de l'émission. Entre les blagues de Ruquier, les dessins, les tweets, les présentations pas franchement passionnantes des uns et des autres, le programme offre un rythme lourd et fatigant. D'autant plus que les invités ont perdu de leur valeur : le public voit alors défiler des comédiens secondaires ou des auteurs dont le désir d'excellence semble être la dernière des priorités.
En définitive, les nombreux changements dans le duo de polémistes et le manque latent d'innovations font qu'On n'est pas Couché est devenu un banal divertissement de deuxième partie de soirée. Édulcoré, il ne possède ni la force, ni l'enthousiasme des années fastes. Jusqu'à être appelé à disparaître dans un relatif anonymat.
En définitive, les nombreux changements dans le duo de polémistes et le manque latent d'innovations font qu'On n'est pas Couché est devenu un banal divertissement de deuxième partie de soirée. Édulcoré, il ne possède ni la force, ni l'enthousiasme des années fastes. Jusqu'à être appelé à disparaître dans un relatif anonymat.

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