Cela ressemblait presque à un rêve. Une multitude de star françaises, reconnues et talentueuses s'associait pour une soirée à travers un concept extrêmement ambitieux, volontairement inspiré des talks shows à l'américaine mais légitimement revendiqué comme une production française alliant humour fin et blagues plutôt potaches. Ainsi, Canal + laissait carte blanche à Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Laurent Laffite, Guillaume Canet, Nicolas Bedos et Alex Lutz pour une soirée en direct, unique, exceptionnelle, révolutionnaire selon les propres termes utilisés. Mais finalement, Le Débarquement se relève un peu décevant.
Le programme s'apparente à un mini-échec. D'abord, comment ne pas souligner le manque de communication flagrant de la chaîne cryptée pour un programme réunissant autant de talents et devant coûter une petite fortune. Aucune publicité, de faibles annonces et une visibilité forcément amoindrie. Les noms, même prestigieux, ne garantissent pas un succès populaire et historique. L'engouement n'a pas jamais été palpable, le désir jamais titillé et l'attente forcément minime. Dommage, car Canal aurait pu et dû faire beaucoup mieux qu'à peine 650 000 téléspectateurs.
Pourtant, la production avait mis les petits plats dans les grands. Des décors somptueux, une image nette et saisissante : les moyens étaient de sortie et utilisés de manière assez convaincante. Porté par cette brochette d'acteurs, le programme possède un charisme et une personnalité assez rare qui aurait mérité une meilleure reconnaissance. Surtout quand le grand public s'amuse quotidiennement à critiquer l'ensemble des productions bleu-blanc-rouge. Dujardin & co ont véritablement soigné la présentation et pour cela Le Débarquement demeure une réussite visuelle.
Malheureusement, en terme d'humour, ce n'est pas du tout le même niveau. Souvent sauvé grâce aux performances de Dujardin et Lellouche, les sketchs oscillent entre le convenable et le miséreux. Globalement bien joué, il manque une écriture plus profonde, plus concise, peut-être moins délirante. La complicité entre les différents acteurs peut ainsi à quelques occasions mettre le téléspectateur de côté. Mention plus que passable aux gags du restaurant, de la chirurgie esthétique et surtout à la performance délicieusement dérangeante de Nicolas Bedos. En revanche, la pastille sur la fin du monde ou la situation rocambolesque des légumes frôlent le ridicule.
En définitive, Le Débarquement reste quand même un bon moment et un joyeux et enthousiaste premier essai qui - on l'espère - sera amené à réapparaître épisodiquement sur la chaîne cryptée. L'émission possède un énorme potentiel et ses prises de risques seront à coup sûr récompensées avec peut-être plus de travail d'écriture. Un programme relativement charmant sublimé par des acteurs fédérateurs.

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