dimanche 2 décembre 2012

Une Nouvelle Chance (2/5) : Une première tentative stéréotypée



First Strike ... Pour son premier film en tant que réalisateur Robert Lorenz s'avoue plutôt décevant, malgré un bon passé derrière lui puisqu'il était producteur des films de Clint Eastwood depuis Mystic River (2003). Cette fois-ci les rôles sont inversés. Une nouvelle chance, c'est avant tout une histoire de famille suivie de près par un enjeu sportif (ici le baseball). Gus (C. Eastwood), un recruteur de jeunes talents, est sur le déclin parce que sa vue baisse. Il se fait aider par sa fille Mickey (Amy Adams) venu le rejoindre. Mais tout n'est pas rose entre eux et cette collaboration forcée ne se fait de gaieté de cœur. Un pitch assez sobre, qui a priori n'est pas très accrocheur.

Cependant on retrouve tout ce qu'on aime : un Clint Eastwood qui revient en tant qu'acteur, qui plus est dans un de ses rôles de prédilection : le vieil homme acariâtre (comme dans Million Dollar Baby ou Gran Torino). Il s'en donne à cœur joie et ça fait d'autant plus plaisir qu'il se faisait rare dernièrement. Le film fournit un petit bonus bien agréable : une courte scène avec un Clint rajeuni de 30 ans (autant dire L'Inspecteur Harry)! L'histoire en revanche a tendance a parcourir des sentiers battus, et c'est un euphémisme. C'est à la limite du sentimentalisme sur certains points, et c'est dommage parce qu'il y avait du potentiel. Tout est convenu et pour peu que l'on ait déjà regardé des films similaires, les procédés semblent cousus de fils blancs. Les méchants sont bien punis, la famille est réconciliée, les amours sont aboutis. Rien ne dépasse, rien ne surprend.

Malgré ce scénario banal, Justin Timberlake s'affirme dorénavant comme un acteur sur lequel il faut compter, ce dont on ne doutait déjà plus. Cela ne suffit pas à sauver le personnage d'une certaine caricature, mais il semblerait que ce soit le fardeau de tous ceux du film. Les français ne bénéficient pas non plus d'une grande compréhension puisque le sport appréhendé n'est pas populaire ici-bas : difficile de suivre les matchs et surtout les tableaux de scores si on ne sait pas les lire. Un film calibré pour certains pays. 

Finalement, loin d'être déplaisante, cette fiction pâtit de ses trop nombreux stéréotypes, au point de se croire parfois dans un téléfilm . Mais les acteurs parviennent à garder la tête hors de l'eau, c'est déjà ça.

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