Opossom, ou plutôt le fantasque néo-zélandais
Kody Nielson, c'est une plongée en apnée dans un monde ultra-baroque où
les couleurs flashy mélangent les harmonies pop les plus débridées et
les plus folles. Retour simple à l'imagerie des sixties ou véritable
réorchestration d'une époque perdue dans l'esthétique revival ?
Peut-être un peu des deux.
D'aspect sympathique et rassembleur, Electric Hawaii - d'où Nielson est également originaire ce qui explique sûrement les nombreuses disparités entre chaque titre - s'inscrit comme un court concentré de mélodies légères et brèves. L'ensemble s'apprécie assez facilement notamment sur quelques morceaux inventifs comme le surprenant Getaway Tonight ou le langoureux Outer Space avec ses effets de voix ressemblant de loin aux expérimentations des Strokes époque Room on Fire, l'audace en moins. Mais après plusieurs écoutes, l'album reste un peu en surface, si bien qu'il est difficile d'adhérer à ce monde si changeant, bariolé et (trop) éclatant. L'auditeur reste hagard voir pantois devant ces trente minutes certes agréables mais sans magie particulière. Opossom se présente de façon presque définitive, comme l'archétype de l'artiste talentueux mais oublié qui se perd dans des écritures trop vastes et des intentions trop personnelles.
Rien de bien transcendant dans ce
disque jovial mais amnésique. Les chansons sont chaleureuses mais le
rythme plan-plan gâche de belles idées, parfois singulières, parfois mal
construites. On garde alors de l'estime pour Nielson sans lui accorder
le prestige des plus grands. Comme une simple révélation négligée.
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