samedi 29 décembre 2012

Numéro 1 ITunes Bruno Mars (1,5/5) : Un album joyeusement inutile



Adepte des mélodies entêtantes et des refrains consommés, Bruno Mars revient en cette fin d'année avec un nouvel album qui devrait une nouvelle fois connaître le succès. L'américain s'est fait connaître à l'aide de titres hybrides qui vont sans hésitation de la pop grand public à un hip hop des plus alternatifs. Toutefois, à vouloir être partout sans être nulle part, l'artiste s'embourbe avec Unorthodox Jukebox dans des postures frôlant un convenu débectant et un commun évident. 

Aux premières écoutes, le disque semble se trouver en dehors de toute inspiration. Tout au long des dix titres qui la compose, l'oeuvre oscille gentiment dans l'indigent le plus total. En effet, l'auditeur consomme avec peine un mélange dégoulinant et sans saveur de plusieurs styles allant de la power pop la plus faiblarde (Young Girls) en passant par une disco éventrée (l'horrible Treasure) ou par un reggae difforme largement emprunté à The Police (l'insupportable Show Me ou Locked Out Of Heaven). Unorthodox Jukebox paraît n'être qu'un - très - simple patchwork d'influences vendeuses où l'unité demeure introuvable et la cohérence oubliée. L'album s'inscrit comme un affreux fourre-tout où rien ne ressort véritablement à part peut-être un grand manque d'imagination et de prises de risques. L'opus ne se démarque alors que par une facilité un peu horripilante et monstrueusement odieuse. Bruno Mars n'offre en réalité que de petites chansonnettes formatées pour les radios (If I Knew, When I Was Your Man, Natalie) où l'émotion factice interroge froidement sur le véritable talent de l'artiste. Si l'ensemble n'est pas franchement désagréable, il s'oublie aussi vite qu'il ne s'écoute. Musicalement, il n'y a rien à entendre à part le vide de quelques accords besogneux qui parviennent difficilement à masquer l'absence de réels dons de composition.

Unorthodox Jukebox sonne comme une oeuvre fatalement vaine. Courte, sans nuances exaltantes, elle ne digère trop peu une multitude de sons sans rapport. Désigné comme le disque de la liberté, il ne s'écoute que dans une forme d'enfermement atroce. En somme, un album joyeusement inutile.

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