Outre-atlantique, il existait un groupe qui
savait faire rimer les accords écorchés des formations rock et les
harmonies subtiles du folk. En sortant des albums aussi réussis que
Infinity Arms ou Cease To Begin, la formation originaire de Seattle -
désormais basée à Mount Pleasant en Caroline du Sud - parvenait à
atteindre certains sommets vertigineux.
Malheureusement, rien de tout ça avec un Mirage Rock qui comme son nom l'indique ennuie plus qu'il ne transcende. L'ensemble demeure un peu pataud bien aidé par un style folk-rock qui cette fois-ci ne fonctionne qu'à de très rares occasions. L'auditeur navigue dans un univers un peu gnangnan où les rythmiques mid-tempo s'évaporent dans une esthétique extrêmement lente, relâchée, pas inintéressante mais franchement barbante. La production semble même un peu bâclée à tel point qu'il est difficile de pénétrer pleinement dans l'univers des cinq musiciens. Cependant, l'opus délivre de beaux moments (A Little Biblical), porté par un savoir-faire indiscutable (Shut-In Tourist) et quelques saturations bienvenues (Feud) mais il ne possède ni l'étincelle ni la magie des grands moments. Mélancolique, presque possédé, Mirage Rock paraît paradoxalement trop individuel pour transmettre sa richesse et son travail minutieux. Et les contours se fissurent de façon évidente sur des titres édulcorés et plats comme Slow Cruel Hands Of Time ou Long Vows.
Finalement, le groupe ne parvient pas à réaliser un nouvel
exploit et à délivrer une œuvre aussi bien électrique que délicate. A
vouloir marcher dans les pas d'un Neil Young sans en avoir le talent,
Bridwell et sa bande s'égarent un peu. Dommage pour nous.
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