On n'attendait plus grand chose de Radiohead. Le groupe a tellement tout connu : le succès soudain, les expérimentations réussies, les retours aux sources nécessaires, les concerts gigantesques. Puis, les débuts d'une pente légèrement descendante. Si In Rainbows symbolisait encore avec brio un son si singulier, le dernier opus des cinq anglais, The King Of Limbs décevait franchement. Certes, le niveau global des chansons n'était pas médiocre mais pour la première fois de leur carrière, Thom Yorke et sa bande délivraient un album extrêmement vain, sans temps forts, à l'oubli facile.
En entrant dans un Bercy complet depuis bien longtemps, un étrange sentiment d'appréhension prédomine. Et si la magie avait définitivement disparu ? Néanmoins, pas le temps de tergiverser puisque Caribou entre déjà en scène pour proposer une première partie courte, intense et de qualité. Les quelques morceaux joués, extrait de son excellent album Swim, balancent entre une pop un peu ambiante et une électro inspirée, répétitive et addictive. En trente minutes, le canadien retourne un Bercy conquis et agréablement surpris.
En entrant dans un Bercy complet depuis bien longtemps, un étrange sentiment d'appréhension prédomine. Et si la magie avait définitivement disparu ? Néanmoins, pas le temps de tergiverser puisque Caribou entre déjà en scène pour proposer une première partie courte, intense et de qualité. Les quelques morceaux joués, extrait de son excellent album Swim, balancent entre une pop un peu ambiante et une électro inspirée, répétitive et addictive. En trente minutes, le canadien retourne un Bercy conquis et agréablement surpris.
Encore un peu de patience, puis les six musiciens de Radiohead pénètrent dans une acclamation générale. Ce soir-là, le public a assisté à une performance d'initiés et de profond connaisseurs. Si quelques tubes demeurent (Paranoid Android, Airbag, Pyramid Song, Street Spirit), le groupe va chercher dans son répertoire le plus obscur (Kid A), le plus caverneux pour offrir des moments gracieux, uniques, au comble de l'émotion et d'une classe affolante. Ainsi, on assiste à un basculement rigoureux mais intelligent entre les périodes électriques et électroniques. L'ensemble est délivré avec une maîtrise proche de la perfection et on ne peut être qu'obnubilé par la virtuosité et le charme de certaines compositions incroyablement puissantes et fabuleusement exécutées. Nude est alors d'une beauté extrême, The Gloaming frénétiquement minimaliste, The National Anthem vrombissante et Lucky développe un univers aussi émouvant qu'exaltant. L'alchimie entre les musiciens ressemble à une symphonie impeccable et géniale dont le merveilleux Thom Yorke serait le chef d'orchestre. D'un charisme surexcitant et passionnant, il dirige sa troupe d'une main aussi habile que déchaînée. En feu d'artifice final, la formation nous propose une dernière plongée électrisante dans le monde de Kid A avec un enchaînement divin, frénétique et furieux avec Everything in Its Right Place et la phénoménale Idioteque.
En près de deux heures et quart, Radiohead a démontré toutes ses qualités et son endurance sublimées par une mise en scène savante, étudiée et captivante. Enchanté et extraordinaire, le groupe remet les choses en place. En sortant de Bercy, l'appréhension a laissé la place à l'extase. Et on se prend à rêver en lumière extatique à un prochain album de nouveau au sommet.
SET-LIST : Lotus Flower / Airbag / Bloom / Kid A / Myxomatosis / Bodysnatchers / The Gloaming / Separator / Meeting in a Aisle / Nude / Pyramid Song / Reckoner / There There / The National Anthem / Feral / Paranoid Android / Give Up The Ghost / Supercollider / Lucky / Morning Mr Magpie / Staircase / Everything in its Right Place / Idioteque
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire