mardi 30 octobre 2012

Jake Bugg (3,5/5) : Le retour du passé




Véritable phénomène au Royaume-Uni, le petit prodige, Jake Bugg (18 ou 19 ans selon les sources) écume les salles de plus en plus grandes et voit son public s'agrandir de jour en jour. Seulement actif depuis plus d'une année, le gamin de Notthingham a déjà assuré les premières parties du maître Noel Gallagher en attendant celles des Stone Roses l'année prochaine. Son premier album se classe dès sa sortie à la première place des charts comme l'avait fait les fantastiques Arctic Monkeys à leur époque et au même âge.

Aux premiers accords de guitare, le talent du jeune anglais saute aux yeux. Le brillant guitariste dispose d'un sens de la mélodie étonnant, d'un charme manifeste et propose quelques pistes rafraichissantes et sympathiques. Ainsi, on ne peut que succomber aux envolées pop-rock d'un Two Fingers marchant dans les pas d'un Miles Kane inspiré, à la classe "dohertienne" d'un renversant Simple As This ou aux harmonies émouvantes d'un Slide forcément touchant. Cependant, quand l'effet de surprise s'étiole d'écoute en écoute, le disque adopte une esthétique redondante, désagréable et même un peu monocorde. Les erreurs de structures apparaissent au grand jour et un sentiment de redite voir de copie se mélangent aux rythmiques mid-tempo souvent réutilisées dans le paysage musical ces derniers temps. Trop fournie, l'oeuvre se perd dans des expérimentations trop nombreuses et s'éclatent de façon évidente sur des références trop imposantes et peu maîtrisées. Le blues, le rock, la country, la pop, la folk s'entrechoquent dans un fracas un peu trop étudié et s'entremêlent dans une production gentillette où la voix nasillarde et puissante ne parvient pas à (re)prendre le dessus. 

Néanmoins, Jake Bugg reste une belle découverte et il devrait rencontrer un franc et mérité succès. Adoubé par ses pairs et par la critique, le britannique s'inscrit dans une tradition sixties fortement agréable mais un peu caverneuse. Des débuts vieillots mais prometteurs. 

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