Ainsi, les idées novatrices sont toujours réutilisées tout en s'intégrant dans le même format : Hanouna et sa bande paraissent déjà parfaitement rodés mais ils parviennent avec justesse à réinventer leur propre style pour offrir à un nouveau public une émission plus maîtrisée et plus professionnelle en dépassant avec brio la contrainte du direct. Les habitués ne sont pas perdus puisque l'équipe de chroniqueurs autour du présentateur est sensiblement la même. On note juste les départs judicieux d'une Justine Fraioli qui n'a jamais su trouver sa place ou d'un Eric Dussart trop ambitieux. Le spectateur fidèle retrouve avec plus ou moins de plaisir des têtes connues comme Jean-Luc Lemoine, toujours aussi percutant, Enora Malagré ou le très subtil Jean-Michel Maire. Cependant, il faut avouer que les nouveaux intervenants déçoivent énormément pour le moment : si les chroniques de Bertrand Chameroy et Camille Combal s'affinent de jour en jour, les présences insupportables d'Alexia Laroche-Joubert et Gérard Louvin desservent littéralement la touche de bonne humeur et le second degré du programme. Enfin, le recrutement de l'écrivain Nicolas Rey et de la (sublime) spécialiste du cinéma Elise Chassaing s'inscrivent comme des essais pas encore totalement transformés : espérons qu'au fur et à mesure ils parviennent à faire leurs trous entre les cris et les invectives de leurs compagnons. En effet, lors des débats, la parole est vive, forte mais souvent peu compréhensible. Certes, cela fait le charme de TPMP mais le côté systématique des prises de becs, parfois naturelles, parfois un peu forcées, épuisent un spectateur souvent dépassé. Si bien qu'il est compliqué de regarder tous les jours un programme forcément redondant et de temps en temps un peu lourd. Mais la large palette de sujet permet de passer outre. En effet, on passe généralement un bon moment quelque soit l'invité proposé. Et c'est peut-être là, le point noir du programme : selon les personnes choisies, Hanouna alterne entre le mielleux et un sentiment de désintérêt flagrant. Et souvent, il met en retrait l'invité mal à l'aise face à la complicité réelle des personnes qui l'entourent.
Mais Touche Pas A Mon Poste est un des moments joyeux d'une télévision plus à même à se regarder le nombril plutôt qu'à se moquer d'elle-même. Sans prétention, l'émission offre et met en scène quotidiennement des moments souvent cultes et franchement hilarants. D8 ne s'est pas trompé en récupérant ce concept : ce dernier a toutes les qualités pour durer encore de nombreuses années.
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