Steven Ellison aime la multiplicité, les harmonies à la dérive, les rythmes qui s'embrasent, l'électronique soudaine et inattendue, les mélodies à plein régime mais surtout la rapidité plus que la qualité. En 2010, lors de la sortie de Cosmogramma, il se vautre lamentablement dans des expérimentations ridicules tournées à plein régime dans une esthétique proche des sons de jeux vidéos. Une horreur passée qui inquiète au moment d'écouter son quatrième album studio intitulé Until The Quiet Comes.
Mais, comble de la surprise, ici Flying Lotus se fait beaucoup plus relâché et inspiré. Les moteurs se relâchent, la folie frénétique a disparu dans des tentatives mystiques, proche de l'irréel. Le calme prend le pas et hausse le niveau : on se croirait presque dans une réorchestration contemporaine du tournant Kid A/Amnesiac de Radiohead avec des morceaux comme All In ou All The Secrets. Et cela tombe bien puisque Thom Yorke est présent sur l'hypnotique Electric Candyman. Cependant, l'opus forme un bloc difficile à dissocier : l'auditeur passe du plaisir des premières boucles à une indigestion passagère mais tenace. A trop resservir la même recette, les chansons lassent franchement et présentent une impression de répétition assez désagréable. Arrivé à la fin du disque, tout s'enchaîne et tout s'oublie, comme si le long rêve d'Ellison demeurait trop long et trop éprouvant. Constamment sur la même tonalité, le talent ne saute plus aux yeux et on voit (ré)apparaître quelques vieux démons pas encore totalement refoulés.
Incontestablement, Until The Quiet Comes est une oeuvre de qualité, aux ambitions mesurées mais intelligente. A l'image de son créateur, son caractère imprévisible la dessert autant qu'elle l'avantage. Flying Lotus semble alors se chercher musicalement et explore à tout va. Et pose encore une fois la question de sa singularité.
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