samedi 27 octobre 2012

Notons la Télé : Le Grand Journal (3/5)



Symbole du nouvel esprit Canal depuis septembre 2004, l'émission Le Grand Journal s'impose comme le rendez-vous incontournable et quotidien de la chaîne cryptée. Avec habilité, le programme, présenté depuis ses débuts par le légendaire Michel Denisot, parvenait à apporter quelques touches de nouveautés chaque année pour offrir à ses téléspectateurs un format de plus en plus innovant et au plus près de l'actualité. Mais depuis la rentrée, et alors qu'on pensait la machine parfaitement rodée, tout a (presque) changé. Avec l'arrêt de la série "Bref" et la pause d'Omar et Fred, il a fallu réorganiser une véritable institution télévisuelle. Une prise de risque maximum a été opérée. Sans trouver un succès évident. 

Un retour catalyse toutes les critiques (justifiées) : la promotion de Daphné Burki et de sa troupe ressemble de plus en plus à une erreur de casting. La présentatrice en fait trop, exagère chaque prise de parole et ne paraît pas adapter son ton un peu loufoque sur une émission de divertissement. Ainsi, elle demeure toujours en retard sur un Denisot un peu agacé de devoir gérer les tergiversations de son acolyte notamment dans la deuxième partie du programme. Si l'on peut penser que le duo trouvera bien avant la fin de l'année une vitesse de croisière plus conforme à son standing, c'est surtout dans le choix des nouveaux comiques que le scepticisme demeure le plus grand : les formats courts Sophie & Sophie ou La Question de la Fin frôlent souvent l'incompétence et parfois le ridicule. Sans parler des interventions sans intérêt d'un Chris Esquerre pitoyable et toujours dans un même registre faussement décalé et horripilant.

La déception est également présente dans le nouveau traitement des invités : mélangés aux chroniqueurs (plus ou moins intéressants), ils se retrouvent noyés dans la masse au point d'être franchement isolés dans une succession d'interventions et de reportages. Mais il faut bien le reconnaître, Le Grand Journal reste une référence dans le paysage audiovisuel français. Qui peut se targuer aujourd'hui de pouvoir accueillir quotidiennement les plus grandes stars mondiales ? De proposer plusieurs lives éclectiques et de qualités par semaine ? Et de toucher au plus près de l'actualité avec l'aide toujours bienfaitrice d'un Petit Journal aussi impertinent qu'inventif ? 

Malgré de nombreuses erreurs liées à un changement soudain de cap, Michel Denisot propose encore une fois une émission agréable, divertissante, cohérente et bien menée. Avant peut-être de laisser la main à sa nouvelle collègue l'année prochaine ? Car, on ne peut s'empêcher de penser que la fin est proche. Et sans se forcer, on repense à un autre mythe de Canal + qu'on pensait insubmersible, Nulle Part Ailleurs. 

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