Gorilla Minor avait fait l'effet d'une bombe.
Les membres de Local Natives parvenaient à réinventer une pop maintes
fois explorées en l'imbriquant dans un lyrisme harmonieux et enrobé. Du
moins, c'est ce que la presse internationale proclamait à longueur de
pages. Dans les faits, la féérie est toute autre. Les ambiances
demeuraient un peu mollassonnes et les voix étudiées ne provoquaient
qu'à de très rares occasions une émotion
pourtant nécessaire. Le groupe ne semblait marcher que dans les pas
d'une autre formation idéalisée à savoir Grizzly Bear.
Avec Hummingbird, malgré une volonté réelle et manifeste de réorchestration, le constat reste affreusement le même. Tout est beau, angélique, propre, agréable. Mais quel manque de profondeur, d'audace, de véritable prises de risques ! L'album ne dure que 45 minutes, mais il en parait le double tant le rythme est linéaire, monotone, tellement centré sur l'esthétique qu'il en perd le fil de la cohérence. Musicalement, il n'y a pourtant pas grand chose à dire : les mélodies sont plutôt bien trouvées et les arrangements assez bons mais cela reste beaucoup trop en surface. L'exploration, la recherche, l'inventivité paraissent être absent du vocabulaire de nos quatre américains. Seul Three Months apporte un souffle nouveau, plus obscur à un travail qui traîne horriblement en longueur. A côté de cela, le disque n'offre qu'une grande et magnifique répétition d'envolées un peu maladive. A trop vouloir toucher les étoiles, Local Natives abandonne son auditeur dans des méandres un peu nauséeux et fortement ennuyeux. Qui plus est, quand les voix accentuent un scénario qui ne cesse de décevoir.
L'effet de surprise est désormais passé. Hummingbird s'inscrit (déjà) comme un album du passé. Rien de nouveau, une recette édulcorée, des passages mignons - pour ne pas dire barbants - et le tour est joué. Taylor Rice et sa bande, sauveurs de la pop ? Par pitié, non merci !
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire