vendredi 15 février 2013

Foals (3,5/5) : Le talent toujours présent



En seulement six ans, Foals s'est imposé comme une référence majeur dans le paysage musical. Avec tout d'abord un excellent premier album intitulé Antidotes qui faisait, à l'époque, figure de véritable ovni. Le style math-rock des compositions et la folie déployée en concert permettaient au groupe de se faire connaître et d'investir les plus grandes salles et les plus grands festivals européens. Avec leur second opus, Total Live Forever, la fibre créatrice gagnait en maturité et en profondeur tout en délivrant quelques moments de pure perfection. Entre accalmie et puissance, ce son venu d'Oxford détenait la force des formations les plus novatrices. 

Passé l'effet de surprise, les cinq membres sont désormais attendus au tournant. En France comme ailleurs. Généralement, le troisième album s'écoute comme une voie vers le futur et indique les prémices d'un changement. Dans cette optique, Holy Fire déçoit un peu. L'esthétique redondante, électronique et mécanique ne surprend plus vraiment. D'autant plus que pour masquer ces répétitions maladroites, les musiciens jouent sur des saturations assez malvenues. Le single Inhaler en est le parfait exemple : plus dur, plus massif, il perd en saveur et en impact. De pistes en pistes, Foals abuse de ce procédé (Everytime, Providence ...) si bien qu'aux première écoutes, la qualité des mélodies ne sautent pas directement aux yeux. Et pourtant, (presque) encore une fois, Yannis Philippakis et sa bande parviennent à nous convaincre. Notamment sur un enchaînement, beaucoup plus aérien, Out Of The Woods/Milk & Black Spiders où tout le talent manifeste du groupe explose littéralement. Grâce également à une rythmique toujours aussi décapante. Ce besoin d'attiser une attente décuplée face à plusieurs envolées hautement jouissives est décidément une marque de fabrique chez eux. Ils distillent ainsi, de manière sporadique, des petits instants à la fois subjuguants et profondément exceptionnels. 

Le désir de transformation est en gestation constante dans ce disque. En attendant une nouvelle révolution, Foals délivre aisément quelques titres côtoyant le génie mais aussi la facilité. A l'usure, Holy Fire se révèle être une oeuvre finalement intéressante et bien au-dessus de la moyenne. A la faveur d'une aura grandissante, les petits prodiges anglais bouclent un triptyque de grande qualité. Il ne faudrait pas néanmoins qu'ils se reposent sur des compétences évidentes mais désormais trop explorées.

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