La France manque de talent ? Elle possède
pourtant un groupe assez incroyable. La Femme, c'est un peu le nouveau
phénomène de la scène musicale : contemplatif, foisonnant, immense et
très visuel. Déjà sur leur précédant EP, les différents membres avaient
explorés les alentours d'une pop survitaminée, piochant aussi bien dans
la culture populaire que dans des références discrètes et parfaitement
utilisées. Une chanson comme Télégraphe portée
par l'histoire qu'elle raconte en est le parfait prototype : un rythme
extrêmement new-wave, des voix presque incandescentes faussement en
retrait et des mélodies empruntées aux eighties et arrangées à la sauce
moderne.
Difficile d'accès puis franchement exaltants, les titres du groupe possèdent cette profondeur propre aux plus grands stratèges. Et après des tonnes de concerts - dont un au Festival des Inrocks - et une virée prometteuse aux Etats-Unis, la formation revient en ce début d'année 2013, toujours sous le même format, mais en poussant encore un peu plus loin l'expérimentation. Si les morceaux paraissent mieux produits, mieux maîtrisés et encore plus intelligents, c'est dans leur esthétique que la transformation est la plus frappante. Pour promouvoir la sortie de ce mini-album, La Femme propose à son public un véritable court-métrage rappelant les heures les plus kitsch du cinéma d'horreur. Avec courage, folie et réussite. De plus, musicalement l'enchaînement La Femme/Hypsoline est intéressant, peut-être encore plus mélodieux que les précédentes compositions. Et annonce, un prochain opus des plus savoureux.
Avec une telle imagination, nos petits français sont l'une des nombreuses surprises à suivre de très près. S'ils ne s'égarent pas et parviennent à obtenir une plus grande exposition - leur signature chez Barclay devrait les aider -, ils pourraient même devenir un des groupes majeurs dans les prochaines années. On retourne sur la planche (ou dans le sable) avec eux quand ils le désirent. Sans s'arrêter de danser ou de frétiller devant un travail si minutieux.
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